Chapitre 27

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Je pensais partir l'esprit tranquille, mais c'est pas du tout le cas. J'ai passé le voyage à m'imaginer mille et un scénarios. Mon stresse s'exprimait psychiquement, mais également physiquement. Lorsque j'étais enfant, dès que quelque chose me gênait, j'avais pour habitude de me griffer la peau, parfois jusqu'au sang. Et pendant tout le vol, je faisais exactement la même chose qu'il a plus de vingt ans. J'étais paniquée à l'idée de laisser Brad là bas, et paniquée de ne plus jamais pouvoir le revoir.

Mon père était venu me chercher à la sortie de l'aéroport. Une fois dans sa voiture, il avait remarqué mes égratignures aux mains et m'avait interrogé sur leur provenances. A cela, j'avais seulement répondu que c'était de simple piqûres de moustiques qui me démangeaient fortement. Il ne me croyait pas du tout, mais il n'avait pas plus insisté.

Pendant les quatres jours qui ont suivi, je suis restée seule dans mon appartement, spéculant de plus en plus. Devant de plus en plus folle, de jour en jour. Au troisième jours, mon père s'était inquiété et avait donc décidé de venir me voir. Il découvrait alors une jeune femme, mal vêtue, avec un appartement sale et dérangé, et eut alors du mal à reconnaître sa fille. Et j'en avais clairement honte.

-Sash...

J'avais baissé la tête honteuse à l'entente de mon prénom, prononcé avec une once de pitié dans sa voix.

Après cela, on ne s'était pas adressé un mot de plus. Il avait simplement commencé à ramasser mes affaires qui jonchaient au sol. Je devenais de plus en plus honteuse, jusqu'à que mon corps décide de craquer, et que des larmes commençaient à perler sur mes joues. Mon père arrêta son activité, pour venir me conforter. Je m'étais laissée aller sur son épaule, alors que ce dernier n'arrêtait pas de me chuchoter à l'oreille des mots qui se valaient réconfortant.

-Tout va bien se passer Sash. Il va revenir. Ils vont tous revenir.

Ses mots avaient beaux résonner dans ma tête, ils sonnaient toujours aussi faux. Comme un mensonge. Mais pendant juste un instant, je m'étais arrêtée de penser, profitant juste des bras consolateurs de mon père.

Ce matin, comme depuis cinq jours, je me réveille seule. Par réflexe, ma main vient immédiatement toucher la partie droite du lit, mais je ne touche que mon drap, car la place est vide. Je chasse vite mes idées noires, et me lève pour aller prendre mon déjeuner. Je réchauffe des pancakes de la veille, et me prépare un café. Bien corsé, parce que je suis clairement pas réveillé. Sauf qu'il faut que je le sois, parce qu'aujourd'hui, c'est le jour-j de la mission. Dans quelques heures, j'entendrai à nouveau la voix apaisante de Bradley, celle euphorique de Phoenix, et celle calme et posée de Bob. J'ai hâte de pouvoir à nouveau leur parler, mais j'ai également peur que ce soit la dernière fois.

Je prend une douche froide, afin de me remettre les idées en placent. J'enfile un pantalon, ainsi qu'un t-shirt que je couvre avec un sweat large inscrit Top Gun. Je coiffe mes cheveux en une natte bien serrée, puis me dirige hors de la salle de bain. Je lace mes chaussures, et sors de l'appartement.

Hondo a installé la radio reliée à celles des pilotes, dans une salle au calme. Je me dirige alors vers cette dernière. Un mélange d'excitation et d'anxiété se forme dans mon esprit. Sans que je m'en rende compte, je commence à tripoter mes doigts. Et la panique m'envahit. Je me précipite vers ladite salle, et referme de suite la porte une fois arrivée. Je cours presque vers la radio, et m'installe à côté.

A Bagdad, il est actuellement 19 heures 56, mais ici dans le Névada, il n'est que 10 heures 56. Brad m'a dit de me brancher sur son canal lorsqu'il sera 20 heures pour lui. J'attend donc encore quatre minutes avant d'allumer la radio.

Top Gun : RafalOù les histoires vivent. Découvrez maintenant