Après sa chute, Tenten se retrouva projetée dans un wagon. La roue se mit à tourner, et bientôt elle dévalait à toute vitesse un labyrinthe sans fin. Autour d'elle, une mélodie sinistre résonnait, ponctuée de faibles lueurs vacillantes par-ci par-là. Partout surgissaient des visions cauchemardesques : des cadavres squelettiques, des bêtes surgies de nulle part, des faucheurs et toutes sortes de monstres imaginables dans une maison hantée.
L'odeur âcre et insidieuse la suivait, indéfinissable, brouillant ses sens. Les virages brusques du wagon ne faisaient qu'accentuer son vertige et sa douleur. Sa vision se brouillait, les décors se fondaient dans un tourbillon de formes indistinctes. Elle n'en pouvait plus. Tout ce qu'elle désirait, c'était que cela s'arrête. Elle voulait crier, hurler sa détresse, mais aucun son ne franchissait ses lèvres. Repliée sur elle-même, elle luttait pour rester consciente, ses forces l'abandonnant peu à peu. Finalement, épuisée et submergée, elle s'assoupit, sombrant dans l'inconscience.
Point de vue du Neji :
La phase 2 de la « torture » avait commencé, mais quelque chose me semblait anormal. Au début, Tenten s'agitait dans tous les sens, comme si elle cherchait à reprendre pied. Puis, peu à peu, elle se replia sur elle-même. Aurait-elle le vertige ? Et enfin, plus rien ne bouge. Pourtant, elle était presque arrivée à la fin du parcours.
Intrigué et inquiet, je demandai à Shikamaru d'arrêter le mécanisme et d'allumer la lumière. Ce que nous vîmes confirma mes craintes : elle s'était évanouie.
— Aiii... je crois qu'on est allés un peu trop loin.
— Hn.
Malgré moi, l'inquiétude me serrait la poitrine.
— Je vais la chercher. Prévenez l'infirmerie.
— Tu veux vraiment y aller ?
— Et débarrassez-vous des gamins curieux.
— Bien.
Je me dépêchai de descendre à la cave. Même habitué, traverser cette pièce m'était toujours éprouvant. Je la vis enfin, toute pâle et inerte. Je la pris délicatement dans mes bras, dégageant les mèches rebelles qui cachaient son visage. Ses traits étaient encore plus frappants à la lumière, et ses cheveux, qui ont déjà largement poussés, toujours fidèles à leurs macarons, encadraient son visage avec grâce.
Un instant, je restai figé, perdu à observer sa beauté. Je sentis un élan impulsif me pousser à me pencher vers ses lèvres... mais la réalité me rattrapa aussitôt. Non, ce n'était pas le moment. Je chassai immédiatement cette pensée et la portai en position de princesse, mes pas rapides mais prudents me guidant vers l'infirmerie.
Point de vue de Tenten :
Je me sens engourdie, comme si mon corps entier était en coton. J'ouvre lentement les yeux et un plafond blanc m'apparaît. J'essaie de me redresser, mais une douleur fulgurante me traverse l'estomac.
— Reposez-vous, mademoiselle. Vous êtes encore sous sédatif, dit une voix douce.
Je retombe alors sur ma couche, incapable de bouger davantage. Peu à peu, les souvenirs remontent. La cage. Neji. Cette sensation d'enfermement. Je le hais, je le hais vraiment. S'il croit avoir gagné, il se trompe lourdement. Mais une question me hante soudain : qui m'a amenée ici ?
Je ferme les yeux un instant. J'ai toujours détesté les manèges et les virages. Je l'ai souvent dit : c'est ma faiblesse. Mais je préfère ne pas y penser pour l'instant. Je tourne légèrement la tête vers l'horloge.
Il est 19 h 30. Mon cœur rate un battement. Les cours ! Maman ! J'ai raté les cours et ma mère doit être morte d'inquiétude. Mais tout me revient brutalement : je ne vis plus avec elle. Tout est arrivé si vite... je ne m'y habituerai peut-être jamais. Tant pis. Même si je dors ici, personne ne m'attend chez moi.
Je commence à refermer les yeux lorsque soudain une masse se jette sur moi.
— Non mais...
— Tenten ! Tu es vivante ! J'ai eu tellement peur pour toi, tu sais ! Ne refais jamais ça, tu m'entends ?
Je ne peux m'empêcher de rire doucement devant l'expression paniquée de mon amie.
— Je l'ai fait pour toi, tu sais. Et puis ce n'est pas une si petite épreuve qui va me réduire en miettes.
— Non. Ne le refais jamais. C'est un ordre. Même pour moi. Tu t'es évanouie, Tenten. Tu te rends compte ? Tu étais inconsciente pendant trois heures !
En y repensant, c'est vrai : ça aurait pu très mal tourner. C'est la première fois que je perds connaissance de cette façon. J'aurais pu faire une crise gastrique — littéralement mortelle. Et puis, un détail me frappe. Qu'est-ce que Matsuri fait encore ici à une heure pareille ?
La jeune fille, comprenant la question muette de son amie, répondit avec détermination :
— Tu ne crois quand même pas que je vais laisser ma meilleure amie toute seule ici après qu'elle m'ait protégée ?
— Et tes parents alors ?
— Je les ai appelés pour leur dire que je dormirai chez toi aujourd'hui.
Tenten laissa simplement échapper un petit « O » de surprise. Juste à ce moment, l'infirmière fit son entrée. Elle prescrivit les médicaments, ordonna un repos total de quarante-huit heures et, enfin, les laissa partir.
La brune était au bord de l'exaspération. Manquer les cours pendant deux jours à cause de la stupide fierté d'un certain gars aux yeux nacrés, c'était tout simplement... ahurissant.
— Calme-toi, Tenten. Tu sais bien que l'infirmière t'a demandé de ne pas stresser pour ta santé. Ne t'inquiète pas, je t'apporterai les cours et je demanderai à mes parents de rester avec toi pendant ces deux jours, d'accord ?
Elle n'avait pas vraiment le choix. Tenten hocha la tête. Après tout, un peu de compagnie ne pouvait pas lui faire de mal.
— Et TOI, le Hyûga ! éclata Temari, la voix serrée.
— Hmmm ? répondit Neji, froidement.
— Pourquoi tu as fait ça ?
— Quoi ?
— Tu sais très bien de quoi je parle, Monsieur je-sais-tout. Et regarde‑moi quand je te parle.
Neji se retourna en silence, conscient qu'une bombe était sur le point d'exploser en face de lui.
— Je t'ai déjà dit de ne pas mêler Tenten à tes bêtises, lança Temari, le souffle court.
— Ce n'est pas ma faute si elle se mêle trop des histoires des autres, répliqua-t‑il, imperturbable.
Temari planta ses yeux dans les siens, la colère brûlante :
— Tu crois que je ne vois pas clair dans ton jeu, Hyûga ? Si elle avait été blessée... je t'aurais tué de mes mains. Parole de No Sabaku.
Temari avait appris ce qui s'était passé. Sa fureur était sincère : Neji pouvait bien lui voler son calme au lycée, mais toucher à son amie dépassait les limites. Leur amitié — déjà fragile sous le poids de tout ça — n'acceptait pas une telle outrance.
Neji laissa échapper un léger rire, plus moqueur qu'amusé.
— Ça faisait longtemps que tu ne t'étais pas emportée comme ça, Temari. Je ne remettrai pas ta loyauté en question. Mais n'oublie pas notre code : ceci n'est la maison, ni les vacances. Modère donc tes excès.
Elle avait entendu ce ton mille fois ; il l'irritait plus que tout. Temari le fusilla du regard, puis s'éloigna en marmonnant des jurons à mi‑voix.
Elle savait qu'on ne pouvait pas laisser passer cela. Ça ne pourrait pas continuer comme ça. Mais elle attendrait le bon moment pour frapper.
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~JAMAIS, JAMAIS~
FanfictionOn aime souvent parler de mauvais garçon riche, arrogant et prétentieux harcelant une jeune fille douce et innocente et qui par la suite, tombe amoureux d'elle, ils filent l'amour parfait entouré d'agitation, de suspens et d'action pour finir à l'au...
