Ellipse — une semaine plus tard
Tenten s'était remise — enfin, presque. Elle évitait désormais de se promener seule et ne mettait plus les pieds à la cantine. Pas parce qu'elle avait peur, pense-t-elle, mais parce qu'elle refusait de recroiser Neji et sa clique et de perdre encore des jours de cours à cause de leurs absurdités.
Neji, de son côté, n'était pas satisfait. Quelque chose en lui le poussait à vouloir la contrarier davantage, une pulsion qu'il ne parvenait ni à refouler ni vraiment à comprendre. Pour la première fois, ou peut‑être la première qu'il l'admettait, il n'avait pas envie de la contrôler — il voulait la provoquer. Il cherchait des moyens indirects pour l'atteindre, mais elle évitait désormais tous les lieux de rencontre où ils risquaient de se croiser.
Un après‑midi, après les épreuves sportives, Tenten alla aux vestiaires récupérer sa tenue. Sa surprise fut totale : le sac contenant ses affaires était éventré, le tissu déchiré comme si on l'avait passé au couteau. Elle laissa échapper un juron et se précipita au bureau du proviseur, rouge de colère.
— Monsieur, siffla‑t‑elle en posant la tenue sur le bureau, regardez ça ! On m'a détruit ma tenue de sport !
Le proviseur leva à peine les yeux de sa paperasse, d'un ton las :
— Malheureusement, mademoiselle, il n'y a rien à faire. Nous sommes presque à la fin du deuxième trimestre et les stocks sont épuisés.
— Quoi ?! s'exclama Tenten. Vous vous rendez compte ?! Ce sont des actes de intimidation ! Ne faites‑vous rien ? Vous devriez être le premier à veiller sur vos élèves ! Vous... vous vous en moquez complètement !
Le visage du proviseur se durcit. Sa voix prit un ton sec, autoritaire.
— Osez lever la voix contre moi, et vous verrez les conséquences. Tu es en retenue, mademoiselle. Nettoyage de l'établissement pendant un mois. Et maintenant, sortez de mon bureau. Faites en sorte d'être présentable demain.
Tenten recula, crispée, l'indignation brûlant à la gorge. Punie, malgré la preuve évidente qu'on l'avait attaquée. Elle sentit l'injustice lui serrer la poitrine : le lycée semblait prêt à tourner la page — mais pas pour elle.
Dehors, dans le couloir, elle serra les poings. Impossible de laisser passer ça. Mais pour l'instant, elle hocha la tête, ravala sa colère et quitta le bureau, la tenue déchiquetée serrée contre elle comme un rappel muet de la bataille à venir.
Jamais Tenten ne s'était sentie aussi en colère qu'en cet instant. C'était de l'injustice pure. Elle en avait assez. Assez de cette situation, assez de ce garçon. Les regards que lui lançaient les élèves lorsqu'elle sortit du bureau du proviseur ajoutaient encore à son irritation. Bien sûr qu'ils savaient. Bien sûr qu'ils étaient tous complices ou spectateurs, et elle était certaine que ce monstre aux yeux blancs était quelque part, en train de rire d'elle. Elle serrait les dents, se forçant à ne pas laisser couler ses larmes.
Elle accéléra le pas jusqu'à son casier, la tête basse, la tenue déchirée serrée contre elle comme un fardeau. Elle comptait la ranger et trouver une excuse quelconque pour le professeur plus tard. Mais lorsqu'elle ouvrit son casier, son cœur se serra : sa paire de tennis préférée avait disparu.
— Ouuuh... C'est ça que tu cherches ?
Une fille agitait la paire de chaussures devant elle comme un trophée, un sourire narquois aux lèvres, avant de la lancer à un autre garçon.
— Hé, poupée ! Viens chercher ! hurla ce dernier en éclatant de rire, puis il passa la chaussure à un troisième, et ainsi de suite.
Une course s'engagea dans les couloirs. Tenten courait derrière eux, la gorge serrée, le souffle court, mais ils étaient trop rapides. Ils la faisaient tourner en bourrique, comme un jeu cruel. Elle qui avait déjà du mal à contenir ses larmes sentit cette fois ses yeux se brouiller complètement.
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~JAMAIS, JAMAIS~
FanfictionOn aime souvent parler de mauvais garçon riche, arrogant et prétentieux harcelant une jeune fille douce et innocente et qui par la suite, tombe amoureux d'elle, ils filent l'amour parfait entouré d'agitation, de suspens et d'action pour finir à l'au...
