~XXXV~

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Point de vue Tenten :

« J'ai mal à la tête... Qu'est-ce qui s'est passé ? Où est-ce que je suis ? »

Je me réveille avec une migraine atroce, comme si j'avais bu toute la nuit. Pourtant, je sais très bien que je n'ai pas touché une seule goutte d'alcool. Alors pourquoi ? Pourquoi j'ai l'impression que mon corps m'abandonne ?

Très vite, je comprends que quelque chose cloche. Je ne suis pas chez moi. Je suis dans un lit inconnu, dans une chambre qui m'est étrangère. Tout est flou, tout est trop silencieux. J'essaie de me redresser, mais une douleur fulgurante me traverse le bas-ventre. Mon souffle se bloque.

Attends...

Je baisse les yeux et mon cœur manque un battement : je n'ai plus mes vêtements. Ils sont éparpillés sur le sol, comme des preuves muettes de quelque chose que je ne veux pas nommer.

Qu'est-ce qui s'est passé ?

Je tourne lentement la tête vers la place à côté de moi. Les draps y sont froissés, encore tièdes. Quelqu'un vient de quitter ce lit. Mon cœur se serre. Qu'est-ce que j'ai fait ? Avec qui ?

Prise de panique, je me lève brusquement. Mes jambes tremblent, je me sens nauséeuse. Tout en espérant que tout ceci ne soit qu'un mauvais rêve, je remarque la tache rouge sur le drap blanc immaculé. Mon sang se glace. La preuve est là. Incontestable.

Je plaque une main contre ma bouche, les larmes montant à mes yeux. Pourquoi ? Pourquoi moi ?

J'essaie désespérément de rassembler mes souvenirs de la soirée, mais tout est vide. Noir. Rien ne remonte. Je ne sais pas quoi penser, ni quoi faire. J'ai l'impression que le sol se dérobe sous mes pieds.

Je suis anéantie.

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Tenten s'effondra sur le sol en sanglots. Elle aurait dû écouter son instinct et quitter cette fichue fête. Au lieu de ça, elle avait affronté Neji, lui avait exposé ses sentiments — et maintenant tout avait basculé. La culpabilité la rongeait. Pourquoi n'avait‑elle pas fui quand elle en avait eu l'occasion ?

« Neji... » songea‑t‑elle en écarquillant de nouveau les yeux. Où était‑il ? Était‑il responsable de ce qui lui arrivait ? Non, impossible... et pourtant, pourquoi ne l'avait‑il pas protégée ? Et si c'était là sa vengeance pour l'avoir rejeté ? Elle secoua la tête pour chasser ces images, mais l'idée la faisait vaciller.

Elle se redressa péniblement pour s'essuyer les joues. C'est alors qu'une lettre, posée sur la table de chevet, attira son regard. Ses mains tremblantes la saisirent. Le papier contenait à peine un mot.

« Désolé ! »

Signé : N.J.

Son sang se glaça. Elle connaissait cet acronyme — elle l'avait déjà vu sur plusieurs de ses notes. C'était lui. C'était donc bien lui. Il l'avait réellement fait. Il l'avait abusée. Un cri muet se fraya un chemin dans sa poitrine ; les larmes lui revinrent, plus violentes encore. Elle n'avait plus de force que pour pleurer.

La trahison la brûlait de l'intérieur. Tout ce qu'elle avait cru — que Neji avait changé, qu'il avait un bon fond, que ses attentions étaient sincères — s'effondrait en ruines. Elle se sentait stupide, dupée. « Désolé »... quelle blague. Il s'était joué d'elle. Et ses amis ? Étaient‑ils complices, témoins muets, ou complètement ignorants ? Peu importait : elle se sentait abandonnée par tous. Ils l'avaient laissée tomber, et elle ne leur pardonnerait jamais.

Elle se redressa enfin, les yeux en feu. La haine et le désespoir se mêlaient en un même élan.

— Neji Hyūga ! cracha‑t‑elle, la voix d'abord basse et glacée, puis montant jusqu'à un hurlement : plus jamais. Tu m'entends ? Plus jamais je ne te pardonnerai !

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Point de vue Neji :

Bon sang... qu'est‑ce que j'ai fait ? Je n'ai jamais été tendre, mais ce soir, je me sens pire qu'un monstre. Quand elle m'a dit « non » encore une fois, j'ai senti mon orgueil exploser. On ne dit jamais non à un Hyūga, et elle venait de me défier pour la cinquième fois cette année. Mon égo a crié vengeance.

Je l'ai vue plus tard, en conversation avec Matsuri et cet imbécile de Yukata. Je les ai rejoints, feint la douceur, le regret ; m'excuser n'est pas dans mes habitudes, encore moins devant témoins, mais elle m'observait, méfiante et presque attendrie. Son sourire naïf m'a donné une idée. Je lui ai proposé de boire, « juste entre amis », et elle a accepté, confiante. Idiote, ai‑je pensé.

Je l'ai regardée trinquer, j'ai altéré son verre — et j'ai savouré la puissance du geste. Rapidement, elle a commencé à vaciller, à perdre pied. Elle était vulnérable, adorable dans sa faiblesse. Cette image m'a traversé l'âme comme un coup de froid et pourtant, à ce moment, je n'ai ressenti que satisfaction.

Et maintenant ? Maintenant que la réalité retombe, la culpabilité me ronge par endroits où je n'imaginais même pas qu'elle existe. Qu'ai‑je fait, vraiment ? Je me répète son nom comme une accusation. Je sais que rien ne pourra effacer ce que j'ai déclenché.

« Neji... j'ai tellement chaud... il n'y a vraiment pas de ventilation ici ? »

Sa voix, douce et tremblante, résonnait encore dans mes oreilles tandis que je l'entraînais vers la chambre. Elle s'agrippait à ma veste, riant par moments, puis murmurant des notes de chant qui me transperçaient. Ses joues brûlantes et ses lèvres entrouvertes faisaient battre mon cœur plus vite, amplifiant une tension presque insoutenable. Je la voulais. Et quand elle se jeta sur moi, je ne fis aucune hésitation. À peine l'avais-je poussée sur le matelas que tout commença.

Elle était maladroite, hésitante, fragile, et je me disais que c'était normal, qu'elle n'était plus vraiment consciente. Mais une pensée me frappa comme un coup de poing : elle était encore... Aaargh ! Je pestai contre moi-même, le souffle coupé. Elle était pucelle. À son âge, à cette époque où tout semble s'effondrer... quelle fille resterait encore vierge ? Et pourtant, là, sous mes yeux, elle l'était. Cette réalité me brûlait, me paralysait presque, et pourtant, je ne pouvais détourner le regard.

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Bien qu'il ait savouré chaque instant de cette nuit — bien trop, peut-être — une culpabilité corrosive le dévorait de l'intérieur. Il l'avait littéralement violée. Et ce mot résonnait dans sa tête comme un marteau : Neji... le violeur... Comment avait-il pu descendre si bas, à cause d'elle, à cause de ce désir incontrôlable qu'il avait laissé le dominer ? Et le plus insupportable... il avait aimé ça.

La colère contre lui-même bouillonnait. Il ne pouvait s'empêcher d'imaginer sa réaction lorsqu'elle se réveillerait. Ses yeux fixeraient le vide, emplis de fureur et de trahison. Cette image le paralysait un instant, avant de se dissoudre dans un vide encore plus terrifiant. Puis, sans qu'il ne s'en rende compte, un rire noir sortit de sa gorge. Sadique, froid, dépourvu de toute émotion réelle. Ce n'était pas sa faute, se persuadait-il. C'était la sienne. Si elle avait été plus prudente, si elle ne l'avait pas provoqué... rien de tout cela ne serait arrivé. Oui, c'était elle la fautive. Elle avait joué avec le feu, et s'était brûlée.

Sasuke avait raison. Il ne l'aimait pas. Plus maintenant. Elle avait fait de lui un criminel, un monstre à ses propres yeux. Elle n'était qu'un caprice, un désir futile, et ce caprice s'était achevé dans la culpabilité qu'il avait soigneusement enfouie au fond de lui. Ce n'était pas sa faute. C'était la sienne. Et étrangement, cette pensée lui apportait un certain soulagement. Il ne la reverrait plus. Plus jamais. Li Tiantian !

~JAMAIS, JAMAIS~Où les histoires vivent. Découvrez maintenant