~XVI~

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Point de vue Tenten :

— Onēsan, réveille‑toi ! On doit aller chez Neji‑nii‑san !
— Hmmm... non, va‑t'en...
— Non, non et non ! Tu m'as promis qu'on irait le voir aujourd'hui — et c'est aujourd'hui. Une promesse, c'est une promesse !

Je rêvassais encore paisiblement un lundi matin — pas de cours aujourd'hui — quand qui ose me tirer du lit ? Konohamaru, évidemment. Le petit bout d'énergie qui n'a qu'une hâte : aller traîner chez ce Neji Hyūga !

J'ai grogné, bien décidé à le remettre au pas, mais face à sa mine suppli­ante et ses yeux d'ourson, je n'avais tout simplement pas le cœur de le renvoyer. Il est impossible de résister à ce gamin ; il transforme toujours ma bonne volonté en réveil forcé.

Je me suis donc traînée hors du lit en râlant, encore à moitié endormie. Sérieusement, pourquoi faut‑il que ce soit un lundi matin ? Je vais finir par le tuer... de fatigue, bien sûr. Bref.

Point de vue Neji :

Je n'ai pas fermé l'œil de la nuit. J'ai passé des heures à réfléchir à la façon d'attirer Tenten vers moi, et la solution était pourtant là, juste sous mon nez — comme toujours, quand il s'agit d'elle, je suis étrangement peu efficace. L'amour, quelle histoire...

Mes parents et ceux de Konohamaru sont de vieux amis. Amaru venait souvent, gamin, jouer chez nous avec son frère ; on était proches. Puis tout a basculé : la mort de Denki, la disparition de sa mère — son père s'est refermé, nous avons perdu le contact. Konohamaru n'est plus venu, et nos chemins se sont séparés, même si les parents, eux, se voyaient encore pour des raisons professionnelles.

Plus tard, j'ai appris que son père s'était remarié, et que la nouvelle femme avait une fille du même âge que moi. Qui aurait cru que cette fille serait Tenten — ma Tenten ?

Ils arrivent bientôt. J'ai hâte.

Neji fut tiré de ses pensées par la voix d'Hinata.
— Neji‑nii‑san, nos invités sont arrivés.

Il se redressa d'un bond, jeta un dernier coup d'œil à son reflet puis alla à leur rencontre.

Tenten resta bouche bée devant la demeure des Hyûga. Maison traditionnelle aux lignes nettes, elle dégageait pourtant une prestance et une modernité qui la rendaient singulière : boiseries ciselées, jardins soignés, et partout ce souci du détail qui imposait le respect.

Ils furent accueillis par Hinata, la jeune fille aux yeux nacrés. C'était la première fois que Tenten la voyait de si près ; elle la trouva immédiatement très belle. Si timide, si douce, si inoffensive en apparence que Tenten peina à la reconnaître comme la même Hinata qu'elle croisait au lycée. Hinata, pour sa part, retrouva Konohamaru avec un sourire sincère ; il était clair qu'ils se connaissaient. Elle les invita à patienter dans le séjour pendant qu'elle allait chercher quelque chose à boire.

Peu après, Neji les rejoignit. Konohamaru se jeta dans ses bras comme à son habitude, et le garçon se mit à discuter avec l'enfant de choses légères — jeux, compétitions, souvenirs — une facette détendue et presque familière qui étonna Tenten. Cet homme si hautain, si froid au lycée, semblait ici plus léger, presque... humain. Un bref instant, Tenten se laissa surprendre à imaginer que ce pouvait être le « vrai » Neji. Puis elle chassa cette pensée : Neji restait Neji — le tyran aux yeux pâles, le responsable de tellement de ses malaises.

Après les salutations, Neji signala à Konohamaru d'aller jouer et Hinata invita Tenten à la suivre. Hésitante, elle accepta. La pièce dans laquelle elles entrèrent était vaste : chaque détail respirait pouvoir, richesse et discipline — tapis épais, paravents laqués, objets choisis avec goût. Un silence, un peu lourd, s'installa. Hinata s'éclaircit la gorge et tenta d'engager la conversation, gauche mais sincère :

— Alors... tu es Tenten, n'est‑ce pas ? Enchantée. C'est... un plaisir de pouvoir enfin te parler... normalement.

Tenten haussa un sourcil.
— « Normalement » ? répondit‑elle, interloquée.

Hinata rougit et bafouilla :
— Hn... eh bien... puisque tu es ici chez nous, il n'y a plus besoin de formalités. Enfin... je veux dire...

Tenten la coupa, acerbe :
— Je‑quoi ? Sérieusement, comment pouvez‑vous être si hypocrites ? « Plus de formalités », hein ? Tsss. Si tu crois que j'ai oublié qui tu es au lycée, ma chère, tu te trompes lourdement.

Hinata se figea, blessée par l'accusation, mais Tenten n'avait pas l'air prête à apaiser les choses. Du canapé, la maison semblait retenir son souffle, comme si les murs eux‑mêmes observaient l'échange.

Voici une version améliorée et plus fluide de ton passage, tout en conservant les émotions et le contexte :

Tenten était sur le point de craquer. Elle ne supportait pas de voir cette fille, si douce et sincère en apparence, cautionner malgré tout les agissements de ce « charmant » cousin.

Hinata pouvait comprendre son ressentiment. La vérité, c'est qu'elle était souvent contrainte d'adopter certaines attitudes à l'école, et elle était désolée que Tenten la prenne pour une hypocrite. Pourtant, elle n'avait rien à perdre à essayer de se faire comprendre. Alors elle parla, avec douceur et sincérité. Au début, Tenten n'y crut pas, méfiante, mais peu à peu elle saisit la vérité derrière les mots d'Hinata. Elle désapprouvait toujours les comportements de Neji, mais elle commença à voir en Hinata une personne bien différente de l'image qu'elle renvoyait au lycée.

Au fil des heures, Tenten se surprit même à apprécier la compagnie de la jeune Hyûga. Oui, Hinata n'était en rien la jeune fille hautaine qu'elle avait imaginée. Elle n'assistait que rarement aux actes cruels de Neji, et lorsqu'elle devait y être, elle se faisait toute petite, discrète, presque invisible. Seul son regard trahissait son malaise et sa conscience.

Le temps filait sans qu'elles ne s'en rendent compte. À l'heure du déjeuner, Tenten dut partir pour s'acquitter de quelques obligations. Elle laissa son petit frère entre les mains des Hyûga et lui promit de revenir dès qu'elle le pourrait.

— C'est dommage, tu ne pourras pas rester l'après-midi. Les copains vont arriver, pourtant ! dit Hinata.

— C'est très gentil, mais j'ai encore quelques affaires à régler. La prochaine fois peut-être ! Je reviendrai chercher Konohamaru ce soir. Merci de l'accueillir ici, répondit Tenten.

— À ce soir, alors !

— Au revoir, nee-chan ! lança Konohamaru depuis la porte.

Mais alors qu'elle s'éloignait, un frisson parcourut Tenten. Malgré la complicité naissante avec Hinata, l'ombre du reste de la bande planait au-dessus d'elle. Que se passerait-il lorsque tous seraient réunis ? Temari pouvait être une exception, mais le reste... Neji, surtout, avait ce regard capable de glacer le sang. Chaque souvenir de ses affrontements avec lui revenait en boucle dans son esprit. Son cœur battait plus vite à l'idée de les voir tous ensemble.

Elle pressa le pas, espérant que la soirée se déroulerait sans incident. Il valait mieux qu'elle reste à l'écart, surtout de lui. Elle espérait secrètement ne croiser personne ce soir et que cette visite chez les Hyûga reste la première... et la dernière. Mais même cette idée la rendait nerveuse.

~JAMAIS, JAMAIS~Où les histoires vivent. Découvrez maintenant