~XIV~

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Lorsque Neji jugea le combat satisfaisant, il s'arrêta enfin et, pour la première fois, esquissa un vrai sourire.

— Dis donc... tu es coriace. Chapeau, dit-il en s'inclinant légèrement devant elle, un geste de respect qui surprit tous les spectateurs.

— Félicitations, tu as gagné mon respect, ajouta-t-il avant de repartir avec sa bande.

Tenten resta figée, incapable de comprendre. Était-ce réel ? Était-ce un piège ? Ses pensées tourbillonnaient.

Une fois à une certaine distance, Neji hurla à l'adresse de tous :
— Quiconque osera s'en prendre de nouveau à cette demoiselle ou à ses amis proches aura à faire au Yankii !

Puis ils s'éloignèrent définitivement.

Matsuri s'approcha pour féliciter Tenten, mais la jeune fille ne se sentit guère soulagée. Ce n'était pas un triomphe dont elle se réjouissait, mais plutôt un mélange de soulagement et de frustration. Tout cela ressemblait plus à une humiliation qu'à une victoire, et s'il pensait qu'elle allait lui pardonner si facilement... qu'il se fasse à l'idée.

Les élèves commencèrent à se disperser, et Tenten, reprenant contenance, décida enfin de quitter les lieux, le cœur lourd mais déterminé.

Point de vue Neji :

Quel combat... quelle fille.

Je n'arrive toujours pas à l'oublier. Chaque mouvement, chaque geste, chaque regard qu'elle m'a lancé me revient en tête comme un écho que je ne peux chasser. Tenten... un prénom simple et pourtant si magnifique. Et ce corps-à-corps... je ne devrais pas ressentir ça, et pourtant... je perds la tête.

Je me gifle mentalement, essayant de réprimer ces pensées qui me font bouillir de l'intérieur. Comment ai-je pu laisser mon esprit dériver vers... ça ? Moi, Neji Hyûga, maître de mon corps et de mon esprit... et je me retrouve incapable de la chasser de mes pensées.

Soudain, quelqu'un me tapota lourdement les épaules, me faisant sursauter.

— Alors, mon p'tit Neji, on est bien perdu à ce que je vois, lança Ino.

— N'importe quoi ! répondis-je, irrité.

— Ton expression te trahit, mon cher, lança-t-elle avec un sourire moqueur.

Une autre masse blonde sauta à côté de moi et s'assit, me scrutant longuement avant d'exploser :

— Neji s'est fait battre par une fille !

Je la fusille du regard. Impossible qu'ils comprennent... ils ne voient pas, ils ne ressentent pas ce que j'ai ressenti.

— Je dirais plutôt qu'il s'est fait charmer par une fille, me taquina Sakura.
— Tant qu'on y est, tu ne m'interdiras plus de traîner avec Tenten, n'est-ce pas ? ajouta Temari, les mains sur les hanches, l'air supérieur.

Je me lève, las, incapable de parler.
— Faites ce que vous voulez. Moi, je m'en vais.

— Tu peux fuir, mais tu ne pourras jamais fuir tes sentiments, lança Sakura avec un sourire malicieux.

Je ne réponds pas. Parce que j'ai peur... peur de ce que je ressens. Hinata me propose de m'accompagner pour soigner mes blessures, et je laisse faire. Je n'ai pas le cœur à résister.

Cette nuit, je ne dors pas. Impossible. Son visage est gravé dans mon esprit, ses yeux bruns pétillants me hantent. Je me demande comment elle aurait l'air si je ne l'avais pas forcée à couper ses longs cheveux... et je me surprends à imaginer...

Elle est différente. À première vue, rien d'exceptionnel. Mais sa force, sa détermination, ce mélange de défi et d'indépendance... et ce regard qui brûle d'une vie intense... chaque détail me fait perdre pied. Cette fille me rend fou. Et je ne sais plus si je veux la repousser ou m'y abandonner. Suis-je... amoureux ? Moi, Neji Hyûga ?

C'est ridicule. Et pourtant, ce feu brûle en moi. Demain, je parlerai à mes amis... je dois comprendre ce qui m'arrive.

Point de vue de Tenten :

Cette journée m'a épuisée, mais pas seulement physiquement. Pour la première fois depuis longtemps, j'ai ressenti cette poussée d'adrénaline, cette certitude que je pouvais me défendre, contre quiconque. Que je n'étais pas simplement « la fille silencieuse du lycée ». Même face à lui, même face à Neji, j'ai tenu bon. J'ai tenu tête.

Gagner son respect... c'est étrange à dire. Je ne sais pas si je devrais en faire une fierté ou une humiliation, mais ça me touche plus que je ne l'aurais cru. Au moins, il a réveillé en moi cette flamme que j'avais cru éteinte depuis la mort de mon père : la preuve que je peux compter sur moi-même, que je suis capable de faire face à ce qui me semblait insurmontable. Peut-être que je le savais déjà, quelque part au fond de moi, mais aujourd'hui, je l'ai senti. Pour de vrai.

Je sais que ça ne signifie pas la fin des épreuves. Les regards, les murmures, les jalousies... tout ça continuera. Mais je me sens plus forte maintenant. Plus sûre de moi. Je n'ai plus peur de me battre, de défendre ceux qui me sont chers, et surtout, de ne plus me laisser écraser.

Tant qu'il me laisse enfin tranquille et qu'il cesse de me suivre du regard à chaque coin de couloir... ça me suffira. Et même si ce n'est pas le cas, je saurai que je peux me relever, encore et encore.

Bon débarras !

~JAMAIS, JAMAIS~Où les histoires vivent. Découvrez maintenant