CAMILA
Je trébuchai sur le seuil métallique de la porte en me précipitant à l'intérieur de la station-service. Je baissai les yeux, m'assurant que je n'avais pas renversé quelque chose, puis les relevai rapidement, gênée. Isaac était déjà là, à l'intérieur, son regard sombre braqué sur moi. Avant que je ne puisse réagir, il détourna les yeux après m'avoir jeté un de ses regards les plus glacials. Un soupir d'exaspération m'échappa.
Je me dirigeai vers la machine à cappuccino. Je remplis ma tasse de mousse, cherchai un couvercle, pris un sachet de sucre et un bâtonnet pour mélanger, puis marchai vers le comptoir. Isaac, toujours à l'affût, se tenait en troisième position dans la file, silencieux.
— Personne ne bouge ! cria une voix rauque, me faisant sursauter.
Je me retournai brusquement. Deux hommes, portant des masques de ski, se tenaient près de la porte, leur présence imposante. L'un d'eux, un revolver en main, leva son bras tendu, visant la tête du caissier alors qu'il s'approchait de lui.
— Eh, chacun son tour, bordel... je commençai à protester, mais un coup dans mon bras m'interrompit brutalement.
— Non mais quoi ? Dis-moi que ...
Je le regardai, choquée. Il m'avait fait taire d'un simple geste, son regard insistant sur le fait que je devais rester calme. Je soufflai, frustrée, mais me tus. L'employé, un petit homme d'âge moyen vêtu d'une blouse rouge maculée de taches, lança un regard noir au tireur, la bouche entrouverte. Il semblait étonnamment calme pour quelqu'un qui était en train de vivre un hold-up. Vu l'emplacement reculé de la station, j'aurais cru que ce genre de scène se produisait plus souvent ici. Il s'était approché si près que le canon de son arme effleurait le nez du caissier, et les deux hommes se regardaient presque droit dans les yeux. L'employé tremblait, les larmes commençant à couler sur ses joues pâles.
— Donne tout l'argent ! ordonna le tireur, d'un ton encore plus pressant.
L'employé ouvrit la caisse, les mains tremblantes, et tendit l'argent. Le tireur, dégoûté, balaya du regard les billets.
— Que ça ? Trois cents malheureux dollars ? Puis il tourna la tête vers la file d'attente. Sortez tous vos portefeuilles !
La jeune femme devant nous obéit sans hésiter. Puis il se tourna vers nous, je me redressai, le défi dans le regard.
— Donne-moi ton portefeuille, dit-il en s'approchant de moi, son arme pointée droit sur ma poitrine.
Je ne cillai pas.
— Non.
Il écarquilla les yeux, incrédule.
— Quoi ?
— Écoute, j'ai rien contre toi, mais il est hors de question que je file mon portefeuille à un petit délinquant comme toi. Ma voix était ferme, délibérément provocante.
Isaac se pencha vers moi, murmurant d'un ton blasé.
— Cam, fais ce qu'il te dit.
Je me tournai vers lui, l'agacement montant. Il avait oublié que c'était lui qui avait toute mes affaires ?
— Non, répondis-je, sans détourner le regard.
— T'oublies qu'il a son arme pointée sur toi ?, rétorqua Isaac d'une voix plus dure.
Je déglutis, hésitante, avant de souffler, plus calme cette fois.
— Je l'ai pas c'est toi je te rappelle...Écoutez, avec tout le respect que je ne vous dois pas...
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Secrets That Bind Us
Roman d'amourCamila Harley pensait pouvoir tout laisser derrière elle. Après avoir commis l'irréparable, elle a disparu sans un mot, espérant échapper à un passé trop lourd à porter. Pendant six mois, elle a vécu dans l'ombre, reconstruisant une vie loin de son...
