Flashback – Maison familiale, Isaac 11 ans
Je me tenais dans l'ombre du couloir, le corps tremblant, les genoux serrés. Mon père avançait dans le salon, ses bottes résonnant sur le parquet comme des coups de marteau. Les hommes dans la pièce, pourtant grands et baraqués, restaient figés, les yeux baissés. Personne ne respirait, sauf moi, trop jeune pour comprendre ce qui allait arriver.
— Isaac... murmura-t-il, sa voix basse et glaciale. Approche.
Je tremblais en avançant, chaque pas résonnant comme un coup dans mon ventre. J'avais appris à lire ses humeurs : un geste, un mot de travers, et la mort n'était jamais loin. Je n'avais que onze ans, mais déjà je savais que l'erreur pouvait coûter cher.
Il se tourna vers l'homme en face de nous. L'homme était à genoux, les mains liées, visiblement terrifié. Je ne connaissais pas son nom. Tout ce que je voyais, c'était la peur qui déformait son visage.
— Tu crois que tu peux me trahir ? demanda mon père, presque doucement, mais il y avait une telle intensité dans sa voix que j'en avais le souffle coupé.
L'homme balbutia quelque chose, mais ses mots se perdaient dans le silence.
— Regarde-moi bien, Isaac, murmura-t-il. Tu dois apprendre. Dans ce monde, la faiblesse se paye cash. Toujours.
Et puis ce fut rapide. Trop rapide. L'homme tomba au sol, et je compris que mon père venait de lui enlever la vie. Pas un mot, pas de cri, juste le corps inerte à ses pieds. J'étais figé, incapable de respirer, et en même temps incapable de détourner les yeux. La peur, la terreur pure, m'avait complètement paralysé.
Mon père se tourna vers moi, ses yeux perçant l'ombre de mes larmes.
— Tu as vu ce que coûte la trahison, Isaac ? dit-il simplement. Et tu as vu ce que j'exige de ceux qui sont sous mon toit. Ne l'oublie jamais.
Je hochai la tête, incapable de parler. J'avais appris ma leçon. Et quelque part, dans mon esprit d'enfant, j'avais compris que cet homme était un monstre... et qu'il fallait m'y préparer, ou je ne survivrais pas.
Fin Flashback.
Je me réveillai, le cœur battant, la pièce était silencieuse, à part la respiration régulière de Camila à mes côtés. Je me tournai légèrement vers elle, observant son visage détendu, ses cheveux éparpillés sur l'oreiller, et un sentiment étrange me traversa : cette présence, douce était le contraire absolu de la peur qui m'avait hanté toute la nuit.
Pourtant, le souvenir restait. Mon père... son regard glacial, l'homme à genoux... tout était encore là, vif, brûlant dans mon esprit. Je sentais mes muscles crispés, mes mains serrant le drap sans m'en rendre compte.
Camila bougea légèrement, comme pour m'inviter à la calmer, et je laissai échapper un soupir. Je posai ma main sur la sienne, ressentant la chaleur rassurante de sa peau, et je me concentrai sur sa présence plutôt que sur le cauchemar. Même après toutes ces années, cette peur de mon père restait ancrée en moi, mais là, dans ce lit, à ses côtés, elle semblait un peu moins écrasante.
Je passai une main sur mon visage, fermant les yeux un instant, essayant de relâcher la tension. Je restai un moment immobile, la regardant dormir, puis, doucement, je laissai mes yeux se fermer à nouveau, laissant le sommeil me gagner à son tour, cette fois un peu plus léger, avec Camila à mes côtés.
Le matin arriva doucement, je restai un instant allongé, sentant la chaleur de Camila contre moi et je pris le temps de savourer ces quelques secondes avant que la réalité nous rattrape.
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Secrets That Bind Us
Roman d'amourCamila Harley pensait pouvoir tout laisser derrière elle. Après avoir commis l'irréparable, elle a disparu sans un mot, espérant échapper à un passé trop lourd à porter. Pendant six mois, elle a vécu dans l'ombre, reconstruisant une vie loin de son...
