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ISAAC

Le week-end était enfin derrière nous. La voiture roulait doucement, les phares éclairant faiblement la route vide. Camila conduisait, concentrée mais détendue, tandis que je me laissais aller contre le siège, mes doigts jouant distraitement avec ma ceinture de sécurité. Le silence était confortable, mais chargé de tous les éclats de rires et de cris que la limousine et l'hôtel avaient connus.

— Je n'arrive pas à croire que c'est fini... murmura Camila, la voix douce, presque fragile.

Je tournais la tête vers elle, observant la lumière des lampadaires se refléter sur ses cheveux. Ses yeux avaient encore ce brillant fatigué, mélange d'excitation et de soulagement.

— Je n'attendais que ça crois moi... soufflai-je. Je ne sais pas comment tu fais. Je ne me suis jamais sentis aussi épuisé de toute ma vie... mais je crois que je me suis amusé aussi. Même si c'était complètement fou.

— Tu viens de vivre le week-end le plus fou de ta vie... et tu n'en mourras pas. Enfin... j'espère.

Je posai ma main sur mon visage, tentant de chasser les images de la nuit précédente.

— Je... je crois... murmurai-je, la voix rauque. Jamais je n'ai autant bu de toute ma vie. Et jamais autant mangé. Et... je suis à bout. Complètement à bout.

Elle détourna légèrement le regard, et je vis ses lèvres se plisser, comme pour retenir un sourire.

Le silence s'installa, doux et réconfortant. La ville se rapprochait à mesure que nous approchions de son appartement. Je jetai un coup d'œil à Camila, et pour la première fois depuis le début du week-end, je vis la fatigue disparaître un peu derrière ce calme retrouvé.

— On y est presque, murmura-t-elle, et ses mains se détendirent légèrement sur le volant.

CAMILA

Le week-end était censé être derrière nous, mais quelque chose dans l'air, dans le silence pesant, me disait que ce n'était pas encore fini.

— Isaac... murmurai-je, la voix basse. Je crois qu'il y a quelqu'un...

Il posa sa main sur la mienne, me forçant à calmer la panique qui montait.

Il ouvris la porte, et le hall de son appartement me parut immédiatement froid. Immobile, un type massif nous attendait, large, carré, musclé... un garde du corps. Mes yeux s'arrondirent. Et puis nous entrâmes. Meva était là. Assise sur le canapé, presque détendue, comme si elle attendait exactement ce moment. Mes doigts se crispèrent autour de mon téléphone.

— Qu'est-ce que tu fais là  ? Murmura-t-il.

Elle leva les yeux vers nous, un sourire presque fataliste aux lèvres.

— Isaac... il faut qu'on parle, lança-t-elle d'une voix pressante. Tu as disparu la dernière fois qu'on s'est vus.

La dernière fois qu'on s'est vus ? Isaac la regarda, silencieux. Son visage était fermé, impassible, mais je pouvais sentir son irritation monter.

— Meva... tu vas devoir partir. Maintenant, ordonna-t-il sèchement.

— Non, Isaac ! insista-t-elle, avançant d'un pas. Tu n'as pas le choix, tu dois vraiment y aller. Sinon il va envoyer des gens pour... et je ne plaisante pas !

Son insistance était presque fébrile, comme si elle essayait de le forcer à agir. Mais Isaac resta impassible, la fixant droit dans les yeux.

— Je t'ai dit de partir. Je ne veux rien entendre.

— Mais... tu ne comprends pas ! Tu dois y aller cette fois, reprit-elle, pressante.

Il pinça les lèvres, et je vis qu'il comprenait. Il comprenait qu'elle avait raison sur le fond, mais il ne voulait pas céder maintenant. Tout ce qu'il voulait, c'était qu'elle sorte de chez lui.

Secrets That Bind UsOù les histoires vivent. Découvrez maintenant