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CAMILA

Mes paupières étaient lourdes, ma tête battait comme un tambour, et chaque muscle de mon corps hurlait de douleur. J'ouvris lentement les yeux, m'attendant à voir un endroit sombre et lugubre. Pourtant, la lumière tamisée d'une lampe de chevet éclairait une pièce qui, à première vue, semblait étonnamment normale.

Je me redressai doucement, ma main glissant sur le drap qui recouvrait le lit où j'étais allongée. Mon souffle s'accéléra en remarquant mes affaires posées soigneusement sur une chaise près de moi : ma veste, mon couteau pliant, et même mon téléphone. Tout était là, comme si je n'avais jamais été attaquée.

La pièce était spartiate mais propre. Les murs étaient d'un blanc cassé, décorés de cadres simples représentant des paysages marins. L'air était frais, chargé d'un parfum salé qui me rappela immédiatement la mer. Le bruit régulier des vagues confirma mon intuition.

Où étais-je ?

Je me levai doucement, mes jambes encore tremblantes, et m'approchai de la fenêtre. Le rideau léger qui la couvrait flottait légèrement sous la brise. Je l'écartai prudemment et retins un souffle de surprise.

Un vaste domaine s'étendait devant moi. Des hommes en uniforme sombre allaient et venaient, certains transportant des caisses, d'autres échangeant des mots que je ne pouvais entendre. Une jetée s'étendait jusqu'à l'eau, où un yacht imposant était amarré. C'était une véritable forteresse au bord de la mer.

Puis je la vis.

La femme de la clairière.

Elle se tenait non loin de la jetée, entourée de deux hommes qui semblaient attendre ses ordres. Elle portait le même manteau noir que la veille, et même à cette distance, je pouvais sentir son aura froide.

Un frisson me parcourut. Comment avais-je atterri ici ? Pourquoi étais-je encore en vie, et surtout, pourquoi m'avoir laissé mes affaires ? Tout cela n'avait aucun sens.

Je m'éloignai rapidement de la fenêtre, mon cœur battant à tout rompre. Attrapant mon téléphone, je composai nerveusement le numéro de Kai. Les secondes s'étirèrent, chaque tonalité me semblant durer une éternité.

— Allez, décroche, murmurai-je, mes mains tremblantes.

La ligne sonna encore et encore, mais aucune réponse. Je raccrochai et réessayai, cette fois en mordant ma lèvre pour empêcher la panique de prendre le dessus.

— Kai, où es-tu ? chuchotai-je pour moi-même, en serrant le téléphone contre ma poitrine.

Je jetai un coup d'œil vers la porte de la chambre. Elle était fermée, mais pas verrouillée. L'idée de m'enfuir me traversa l'esprit, mais je savais que sortir de cet endroit ne serait pas une mince affaire, surtout avec tous ces hommes armés à l'extérieur.

Je pris une grande inspiration, essayant de calmer le tumulte dans ma tête. Il fallait que je sache ce qu'il se passait, pourquoi j'étais ici, et surtout, qui était cette femme.

La porte s'ouvrit brusquement, me tirant de ma réflexion. Je me redressai instinctivement, le couteau toujours en main, prête à me défendre.

— Alors, c'est toi Camila Harley.

Mon cœur manqua un battement. Comment connaissait-elle mon nom ? Et surtout, pourquoi ce ton presque familier ?

— Qui êtes-vous ? lâchai-je, serrant plus fort mon couteau.

Elle haussa un sourcil, un sourire glacial se dessinant sur ses lèvres.

— Pas besoin de ça, dit-elle en désignant mon arme d'un mouvement de tête. Si je voulais te tuer, crois-moi, tu ne serais pas en train de me poser la question.

Secrets That Bind UsOù les histoires vivent. Découvrez maintenant