CAMILA
Je poussai la porte de mon appartement et la claquai derrière moi avec une force qui fit vibrer les murs. Le bruit résonna comme un écho de ma propre frustration. Abattue, je m'accrochai à la poignée un instant, respirant profondément, essayant d'évacuer l'orage qui tournait dans ma tête.
Stupide. Stupide. Stupide. Je me répétais ces mots comme un mantra douloureux. Pourquoi... pourquoi je m'étais laissée faire ? Pourquoi j'avais cédé à ce baiser ? Tout en moi criait que c'était une erreur monumentale. Et pourtant, une partie de moi brûlait encore de ce contact, de ce goût, de ce souffle contre mes lèvres. Je me frappai mentalement pour me rappeler que je ne devais plus jamais céder.
Mes mains tremblaient alors que j'enlevais mes chaussures et que je traînai mes pieds jusqu'à la salle de bains. Je tirai le rideau de douche et laissai l'eau chaude tomber sur mes épaules comme un soulagement salvateur. La vapeur enveloppait rapidement la pièce, un nuage chaud et réconfortant qui contrastait avec le froid sec de mes émotions.
Je laissai l'eau ruisseler sur mon visage, fermant les yeux. La sensation de chaleur me détendit un peu, mais mes pensées étaient en ébullition. Chaque goutte me semblait emporter un morceau de ma volonté. Mes mains serrèrent le savon, le faisant mousser entre mes doigts, sentant le parfum vif et léger envahir la pièce. Je passai les mains sur mes bras, sur mes jambes, essayant de nettoyer non seulement mon corps mais aussi mon esprit de cette humiliation et de ce désir incontrôlé.
Je frottai mes cheveux, laissant l'eau les dégager, mais je savais qu'aucun jet de douche ne pourrait laver l'image de ses yeux sombres et de son sourire cruel. Je me surpris à frissonner, non à cause du froid, mais à cause de ce souvenir qui brûlait encore dans mes veines.
Enfin, je coupai l'eau et me séchai lentement. La serviette éponge enveloppait mes épaules comme un petit cocon fragile. Je me glissai dans mon pyjama, les mouvements mécaniques, le corps toujours tendu, le cœur lourd. Une fois habillée, je me laissai tomber sur le lit, la tête enfouie dans l'oreiller, les bras écartés, complètement vidée.
— Stupide... murmurai-je encore, le mot roulant sur ma langue avec un goût amer. Vraiment stupide.
Je restai ainsi un long moment, les yeux fixés au plafond, les pensées encore embrumées de ce baiser, de son regard, de sa proximité. Chaque souffle semblait me rappeler l'impossibilité de ce que je venais de vivre, et pourtant, une part de moi en voulait encore.
Le lendemain matin, je me réveillai en sursaut. Un bruit sourd, presque un craquement venant du salon, me fit immédiatement passer en alerte. Mon cœur s'accéléra, mes sens s'aiguisèrent. Je savais que j'attendais personne... alors qui pouvait bien être là ?
Je me levai lentement, silencieuse. Mes mains cherchèrent instinctivement mon pistolet, caché sous le matelas. Le froid du métal contre ma paume me rassura presque autant qu'il me fit frissonner. Je respirai lentement, essayant de calmer les battements effrénés de mon cœur.
Le bruit se fit plus net : un léger pas vers la cuisine. Je m'approchai de la porte du salon, le pistolet levé, la main ferme mais prête à réagir à la moindre menace.
— Qui est là ? murmurai-je, la voix basse, mais tendue.
Aucun mouvement. Mon souffle était rapide, presque incontrôlable. Je fis un pas dans le salon, pivotai lentement vers la cuisine... et je la vis.
Klara.
Je relâchai immédiatement la tension dans mes bras, abaissant le pistolet. La surprise me laissa muette quelques secondes.
— Klara ? soufflai-je, incrédule.
Elle se retourna, et la première chose que je vis fut sa réaction en voyant l'arme encore pointée vers elle. Ses yeux s'écarquillèrent, et elle fit un pas en arrière. Je baissai complètement le pistolet, sentant le rouge me monter aux joues.
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Secrets That Bind Us
Roman d'amourCamila Harley pensait pouvoir tout laisser derrière elle. Après avoir commis l'irréparable, elle a disparu sans un mot, espérant échapper à un passé trop lourd à porter. Pendant six mois, elle a vécu dans l'ombre, reconstruisant une vie loin de son...
