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CAMILA

Je marchais à côté de lui, mon esprit encore encombré par tout ce qui venait de se passer ce soir. La nuit était calme, le vent léger me caressait le visage, mais ça ne suffisait pas à me détendre complètement. Bientôt, nous arrivâmes devant un camion de nourriture thaïlandaise. L'odeur des épices me fit tourner la tête et, malgré tout, me procura un léger apaisement.

Isaac me regarda, attentif, comme s'il voulait deviner ce que j'allais dire.

— Tu veux quelque chose ? demanda-t-il, le ton plus léger que tout à l'heure.

— Non... j'ai pas faim, répondis-je, la voix un peu rauque.

— Manger, c'est pas optionnel, répliqua-t-il en haussant un sourcil. C'est essentiel. Alors choisis quelque chose, et arrête de faire l'enfant.

Je levai les yeux vers lui, surprise par la fermeté mêlée d'humour dans sa voix. Je haussai les épaules, encore perdue dans mes pensées.

— Bon... un Pad Thaï, je suppose, murmurai-je en roulant des yeux.

Il sourit, puis se dirigea vers le camion pour commander. Le cuisinier nous servit rapidement, et je pris mon plat sans vraiment y prêter attention. Nous continuâmes à marcher, le silence entre nous était confortable.

Je jetai un coup d'œil vers lui. Il semblait incroyablement calme, presque détendu. Sa manière de manger contrastait avec tout ce qui venait de se passer. Il dévora son sandwich d'un geste brut et direct, sans se soucier du reste.

Il leva les yeux vers moi, un petit sourire au coin des lèvres, comme s'il savait exactement ce que je pensais.

— Tu regardes quoi ? lança-t-il.

— Rien... enfin, si, toi, murmurai-je en détournant les yeux.

Il secoua la tête, puis se pencha légèrement vers moi.

— Je devrais peut-être t'apprendre à arrêter de me fixer comme ça.

— Et je devrais peut-être t'apprendre a fermer ta bouche quand tu manges, répliquai-je avec un demi-sourire.

— Ça, c'est moins drôle, admit-il.

Je levai les yeux vers lui, incapable de retenir un sourire plus franc cette fois.

— Alors, t'as fini de manger comme un ogre ? demandai-je, toujours moqueuse.

— Jamais, répondit-il avec un clin d'œil. Et toi, t'as fini de pleurer ?

Je rougis légèrement, consciente qu'il faisait référence à ce que je venais de vivre.

— Alors là... c'est vraiment petit, même venant de toi, soufflai-je en lui donnant un coup de coude.

Il rit doucement, secouant la tête, mais ne répondit pas. Le silence s'installa à nouveau entre nous, seulement rythmé par le bruit de nos pas sur le trottoir. Je pris une inspiration, sentant mon cœur battre plus fort. Ce n'était pas le moment de rester dans ce jeu de piques. Pas avec tout ce qui pesait encore entre nous.

— Tu disais bien... que si une relation devait durer, les partenaires devaient être honnêtes, non ? lançai-je d'une voix plus posée, presque sérieuse.

Il tourna la tête vers moi, son sourire s'effaçant légèrement. Son regard s'assombrit, attentif, comme s'il comprenait immédiatement où je voulais en venir.

— Oui, dit-il lentement. J'ai dit ça.

Je serrai mes bras autour de moi, comme pour me donner du courage.

Secrets That Bind UsOù les histoires vivent. Découvrez maintenant