CAMILA
J'avais passé des heures à réfléchir avant de me décider à venir. Chaque mot que je voulais dire, chaque geste que je pouvais faire, je les avais pesés et repesés. Mon cœur battait plus vite à mesure que je me rapprochais de sa maison, et une vague de nervosité me traversa alors que je coupais le moteur de ma voiture.
Je pris une grande inspiration avant de sortir, mes doigts serrant légèrement le volant. La maison de Vadim se dressait devant moi comme un havre de chaleur et de calme, un véritable bijou de rusticité : ses volets en bois peint en bleu semblaient sourire à l'extérieur, et les murs en rondins dégageaient une impression de solidité et de confort.
Vadim ouvrit la porte presque aussitôt, un sourire large et enjoué illuminant son visage, fidèle à son caractère chaleureux et un brin théâtral.
— Camila ! Quelle belle surprise ! Entre, entre ! s'exclama-t-il d'une voix pleine de vie, comme si la journée venait soudain de s'éclairer.
Je pénétrai dans le salon. L'odeur du pain frais et du café flottait dans l'air, réconfortante et familière. Le crépitement d'un feu dans la cheminée ajoutait une touche de chaleur à l'atmosphère déjà accueillante, mais malgré cela, un nœud d'angoisse serrait mon estomac.
— Que puis-je faire pour toi ? demanda-t-il, sa voix amicale et vivante, ses yeux pétillant derrière des rides d'expérience.
Je m'installai sur le canapé, croisant puis décroisant les jambes, mes doigts jouant nerveusement avec un fil tiré sur ma manche. Chaque geste trahissait la tension qui ne me quittait pas. L'ambiance chaleureuse aurait dû m'apaiser, mais mon esprit était ailleurs, embrouillé par l'incertitude et la peur.
— J'ai besoin de tes services, dis-je enfin, ma voix tremblante malgré moi.
Je lui exposai toute ma situation, détaillant mes craintes concernant David et la mafia, la pression qui pesait sur moi et l'urgence de trouver une solution. Chaque mot semblait un cri de désespoir, et je ne laissai rien filtrer, pas même les pensées les plus sombres qui tournaient dans ma tête.
— Je sais que ce n'est pas simple... ni bien de le demander... mais tu me comprends, n'est-ce pas ?
Le visage de Vadim se durcit légèrement, ses traits passant de l'empathie à la préoccupation.
— Tu aurais dû m'en parler plus tôt, souffla-t-il, le ton sérieux mais calme.
Je le regardai, un mélange de colère et de désespoir dans les yeux.
— Peut-être... Mais tu comprends que c'est le seul moyen d'en finir, une bonne fois pour toutes ?
Vadim marqua un temps d'arrêt, ses yeux scrutant les miens, comme pour peser chaque mot avant de répondre.
— Alors... est-ce que j'ai l'honneur de parler à Camila, la fille de James, ou à la Camila que je connaissais petite ?
Je pris une inspiration, mes doigts serrant un instant le tissu de ma manche.
— Disons... la Camila que tu connaissais petite... mais qui a appris à ne plus rien laisser passer.
Un sourire bref et entendu traversa son visage.
— Très bien. Je vais m'occuper de ça.
Mon cœur se serra à ses mots, un mélange étrange de soulagement et d'anxiété m'envahissant. Je sentais chaque battement résonner dans ma poitrine, comme un avertissement silencieux.
— Est-ce qu'on est d'accord sur la même définition du mot s'occuper ? demandai-je, ma voix trahissant à peine ma nervosité.
Il se redressa légèrement sur le canapé, son sourire enjoué s'effaçant peu à peu, remplacé par un sérieux marqué.
VOUS LISEZ
Secrets That Bind Us
Roman d'amourCamila Harley pensait pouvoir tout laisser derrière elle. Après avoir commis l'irréparable, elle a disparu sans un mot, espérant échapper à un passé trop lourd à porter. Pendant six mois, elle a vécu dans l'ombre, reconstruisant une vie loin de son...
