William-Léandre ignorait combien de temps avait passé depuis qu'il avait été capturé. Tout ce qu'il savait était que jamais il n'avait connu telle souffrance de toute son existence. Une souffrance qui atteignait son âme et sa magie, le glaçant de peur et d'effroi. Malgré tout, il s'accrochait en bon entêté optimiste qu'il était même s'il ignorait totalement comment sortir de là. Il n'avait plus de magie, plus de force, plus de concentration et ne pouvait même pas remuer un doigt. Sa protectrice ne pouvait rien faire pour lui et ses amis n'avaient aucune chance face aux Trésors de la Vie et leur magie. Sous lui, il sentait une puissante magie de la Vie, une magie pervertie, déviante, qui neutralisait son être, l'empoisonnait, de scellait d'une certaine manière. Il ne pouvait rien faire malgré tout son pouvoir. Il était tombé au seul endroit où il était impuissant. Pourtant, il se refusait à perdre espoir comme toujours malgré la souffrance abominable qui continuait à s'abattre sur lui.
Puis, soudainement, il avait senti une énergie titanesque ce manifester autour de lui, une certaine chaleur pleine de soutient et de réconfort l'atteignant péniblement. Il avait compris sur le champs, un peu surpris, avant qu'une voix ne s'élève dans ses pensées :
- Je suis désolé. Je suis désolé Elfiamine, pleura-t-elle. Tout est de ma faute.
La Vie. La Vie était là. Normalement, les autres entités ne pouvaient lui apparaître sans l'autorisation de sa Mère sauf sur leurs propres mondes s'il venait lui même. Il savait qu'elle ne pouvait rien pour lui. Elle ne pouvait pas agir directement dans l'existence ainsi. Même pour ses Trésors. Ce n'était pas si simple. Des entités comme elles et la Mort n'avaient que très peu de marge de manœuvre d'intervention directe l'existence des choses. Cela concernait toujours leurs Reflets et dans des conditions très particulières uniquement. Elles pouvaient influencer un peu les choses comme lorsque sa Protectrice l'avait mis sur le chemin de la Porte discrètement, sur celui d'Alewe en lui insufflant l'envie d'y aller... Mais elle ne pouvait le faire très ouvertement et encore moins le forcer. Il avait son libre arbitre, son propre chemin à faire, à trouver et ces entités respectaient cela. C'était aussi pour ça que les Déviants existaient et qu'elles n'y pouvaient rien. De toute évidence, la Vie était affligée par ce qu'il se passait. Il le sentait dans le peu d'énergie d'elle qui lui parvenait. Il ne put lui répondre, n'ayant même plus la force de formuler une pensée, restant inerte. Cela ne l'empêcha pas de continuer à lui parler :
- Je suis désolé. J'ai échoué à éduquer mon Reflet correctement et tu en subies les conséquences.
Alors tout cela était la faute d'un Reflet ? Du Reflet de la Vie ? C'était encore pire que ce qu'il avait imaginé. Mais comment cela était-il arrivé ?
- Je vais t'expliquer, répondit-elle en percevant certainement ce qu'il ressentait. Tu es sur Astalaya, le monde de l'un de mes peuples Trésors comme tu l'as deviné. Il existe depuis longtemps et à l'origine, ils me faisaient honneur. Mon Reflet aussi me faisait honneur. Elle était douce et bienveillante. Comme toi, elle avait un peuple sur sa planète et comme toi, elle l'aimait. Mais une catastrophe les a tous emporté. Ta Mère, ma sœur, les a accueilli à elle, dit-elle en lui faisant comprendre qu'ils étaient tous morts. Mon Reflet n'a pas supporté et a dévié. J'ai échoué à lui faire comprendre ce qu'était la réelle relation entre la Vie et la Mort et elle n'a pas accepté que ta Mère fasse son devoir. Elle s'est détournée de moi et s'est dressé contre ma sœur. Lorsqu'elle est venue ici, elle a entraîné mes Trésors dans sa déviance. Je n'ai rien pu faire.
William-Léandre savait qu'elle disait vrai. La Vie, comme la Mort ne pouvaient pas les forcer à quoi que ce soit et lorsqu'ils déviaient, leur lien avec elles s'amenuisaient, rendant la communication entre la Mère et ses protégés encore plus difficile. Si un Reflet déviait et faisait n'importe quoi, il ne pouvait être arrêté par sa protectrice ou son protecteur. Seul un autre Reflet pouvait l'arrêter.
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Humanité
Fiksi PenggemarLa mort était douloureuse. Et lorsqu'on était Maître de la Mort, elle était aussi pleine de révélations. Mais lorsqu'on l'était, ce passage n'était que le début, le début vers une nouvelle existence dans laquelle la Mort elle même devenait une prote...
