Alev
Je n’avais jamais connu cette sensation. Celle que l’on ressent avant de faire quelque chose qu’on sait nécessaire, mais qui nous changera toute notre vie. Ce sentiment de devenir une autre personne, de sortir de sa propre enveloppe corporelle et de regarder ses actions de l’extérieur.
Il m’aura fallut toute ma vie pour l’expérimenté.
Il me faudra tout le reste de mon temps pour accepter que, malgré tout, ce soir la, j’ai tué une partie de mon âme en même temps que LUI.
Je suis coincée à la boutique pour encore trois bonnes heures. Je dois appeler Neven pour le prévenir, je ne voudrais pas qu’il revienne encore faire un scandale à la boutique comme la semaine dernière.
Depuis que les gars de New York sont répartit, mon père supposant que Maden était sûrement mort à l’heure qu’il est, Neven est devenu très paranoïaque. Il pense que Maden va en profiter pour sortir de son trou. Encore faudrait il qu’il ai de l’aide. La ville est grande et Maden n’est jamais venu jusqu’à la boutique et encore moins jusque chez moi. Je ne pense pas que Pète lui ai donné l’info avant de cracher son bulletin de naissance.
Je regarde Lenon, assis à une table du café à lire. Il s’est pris de passion pour les roman policier et aimerai en savoir plus sur le droit en général. Ce garçon est tellement curieux.
_ Lenny, je vais appeler Neven je reviens. Je lui lance avant d’aller dans l’arrière boutique.
Mon téléphone en main, je m’attend à recevoir une remontrance digne de ce nom.
_ Aleva, tu vas me dire que tu sera encore en retard ? Me dit-il en décrochant au bout de deux sonneries.
_ Oui, j’ai reçu une grosse arrivée de livres et tu sais bien, dans ces cas là, je dois les répertorier rapidement.
_ tu as besoin d’aide ?
_ Non Lenny est la et je crois que Frank voulait passer avec mon père. Reste tranquille.
J’entend du bruit dans le téléphone. Je reconnais alors le doux timbre d’Alec qui me somme de raccrocher et de « laissé Neven tranquille ».
_ Bon, je vous laisse entre hommes. Dis-je en riant.
_ Rentre vite. J’aimerais profiter de toi un peu.
_ Demandé comme ça… je vais faire vite.
Lorsque je raccroche, Lenny me rejoint, il se tient dans l’encadrement de la porte, un carton à la main.
_ J’ai fermé, il était largement l’heure. On s’y met ?
Et nous nous mettons au travail. Frank et mon père nous ont rejoins et heureusement. La tâche qui devait me prendre trois heure en a finalement pris seulement une. Je suis contente de quitter la boutique, raccompagnée par Lenny.
Arrivé devant la maison, la moto d’Alec n’est pas la, Lenny reprend la sienne et rentre au club lorsque je suis enfin dans la maison.
Je retrouve Neven, allongé dans le canapé, endormit. Il avait certainement voulut m’attendre, mais les antibiotiques qu’il prend toujours ont tendance à le faire dormir. Je pose une couverture sur ses jambes avant d’aller à la salle de bain.
Lorsque je ressors, Neven dort toujours. Je souris en l’observant, un verre d’eau à la main. J’aperçois une ombre dans la rue par la fenêtre de la cuisine. Je dépose mon verre sur le plan de travail en continuant d’observer la rue.
Lorsque l’ombre repasse, je souffle de surprise. Je prends alors le pistolet dans le tiroir de la cuisine, belle trouvaille de Neven de l’avoir caché la.
Lorsque je passe devant lui, l’envie de le réveiller est forte mais, au fond, je préfère le laisser dormir plutôt que de le réveiller pour rien.
J’arrive sur le perron, le pistolet caché dans mon dos. Je n’entend aucun bruit, ne vois rien. Au moment où je me tourne pour rentrer dans la maison, une voix sort des ténèbres. Une voix que je ne voulais plus jamais entendre de ma vie.
_ Bonsoir ma fille…
Je me retourne lentement en entendant le cliquetis d’un pistolet dans mon dos. Évidemment, Maden n’aurai pas pu me retrouver sans aide. Thomas se tient à ses côtés.
Les deux hommes que je rêverais de voir mort se tiennent là, devant mes yeux.
_ Qu’est ce que vous voulez ? Eructé-je
_ du calme Alev. Dit Thomas. On vient juste discuter.
_ Devant chez moi en pleine nuit ?! Et armés en plus.
_ Tu as bien une arme… dit Maden un sourire crispé aux lèvres.
_ Au vu de ce que vous m’avez déjà fait, l’un comme l’autre, j’ai plutôt de bonnes raisons de me protéger.
Nous nous toisons pendant plusieurs minutes. Ma respiration est calme, posé. Je remarque que Thomas est tétanisé. Il ne respire pas normalement, il transpire alors que lui nuit est plutôt fraîche.
Maden, quant à lui, dans son costume délavé, se tient droit, les mains sur les hanches. Prêt à rire à la moindre occasion.
_ Comme toujours il t’a fallu un larbin pour faire le sale boulot.
_ Tu as bien mon caractère je dois le reconnaître. Rit il.
_ je n’ai rien de toi. Ma mère à réussi à trouver un vrai Père pour moi. Et clairement, tu n’as rien à voir avec lui.
Maden change de couleur. Je sens la colère monter en lui a l’évocation de ma mère. Mais cet homme qui se tient devant moi est un étranger. Un bourreau, à peine méritant de respirer le même air que moi.
Lorsque j’entend du bruit dans la maison, je pris pour que Neven n’en sorte pas. Mais mes prières ne sont certainement pas arrivées à destination car j’entend la poignée tourner, et lorsqu’il sort, je ne le vois pas, mais au vu de la mine apeurée de Thomas, Neven est sûrement armé.
_ Princesa… me chuchote t’il alors que je suis toujours dos à lui.
_ Tu aurais du resté couché, lui dis-je dans un souffle.
Neven resta derrière moi, le pistolet braqué sur Thomas. Maden se mit à rire, il riait si fort que mes pensées en était perturbées. Je le toise, durement, et il se calme.
_ Neven, le brave Neven… toujours en vie à ce que ne vois.
_ On ne se débarrasse pas de moi comme ça. Tu aurais dû t’en douter.
_ La cavalerie va arriver ? Demande Thomas a l’intention de Maden.
_ Peu importe. On a bien assez de temps. Tue les.
Lorsque Thomas se retourna vers Neven et moi, son pistolet nous tenant en joue, je me suis demandé ce que ça ferai. Le tir d’une arme à feu. Est-ce que ça brûle ? Est-ce que ça pique ? En vérité, je pense que ça dépend surtout de l’endroit qui a été touché.
J’ai entendu le bruit d’un coup de feu. J’ai même eu un mouvement de recul à ce moment là. Comme si c’était sur moi qu’on avait tiré. Mais, à par le bras de Neven se refermant sur mon ventre, je n’ai ressenti aucune douleur.
Mes oreilles sifflent en revanche. J’ai l’impression que je suis devenue sourde. D’ailleurs, c’est au moment où j’ouvre les yeux que je me rends compte que je les avais fermés.
A mon grand étonnement, mon pistolet toujours en main, je suis contre Neven. Il me tient, me berce, me frotte le dos avec douceur. Et mon ouïe réapparaît. J’entend les moteurs des harleys qui dévalent la rue et se gare devant notre perron. Je ne suis pas vraiment la. J’imagine que c’est le choc.
_ Qui as tiré Neven ? Lui demandé je encore sonné.
_ Aleva, tu… tu as tiré sur Maden. Lorsque Thomas a pointé son arme sur toi je l’ai abattue.
Et là, je comprend que je n’ai pas été tiré en arrière, Neven a retenu mon mouvement de recul.
C’est à cet instant que je compris que ma vie allait reprendre un court normal. Mais mon esprit, embrumé, est aussi en train de me dire que, malgré tout. Je viens de tuer mon père. Mais la vie continuera, je vais reprendre mon chemin, avec Neven, Folk, Frank, Lennon, Alec et tout le club. Rien ne pourra plus nous séparer. Jamais.
Tant que je respire.
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Pandora
RomanceJe suis revenue, 10 ans après avoir été exilée par mon père. Je ne suis plus en sécurité à New York, Charleston était ma seule option pour éviter une guerre. Mais j'avais oublié que le club est une famille, je l'ai rejoint malgré moi et je ne suis p...
