Chapter 4 - Hope

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Samedi 9 septembre, 19:30, Paris 16ème

Je venais d'arriver chez Liam, on n'avait pas vraiment reparlé depuis la fin d'année dernière, le lycée nous gardait occupé. Mais étonnamment, nous n'avions pas perdu notre petite complicité. Il me fit visiter sa maison car je venais pour la première fois et je dois avouer que ces parents avaient du goût.

J'adorai chaque endroit, chaque pièce. Il me semblait qu'en plus, sa mère avait une passion folle pour la décoration. Ça changeait de la mienne qui adorait les tableaux hideux de chez mes grands-parents.

Quoiqu'il en soit, Rhéane et sa famille n'allait pas tarder. Plus que quelques minutes avant la confrontation, et comme d'habitude je ne pouvais m'empêcher de vouloir tout prévoir à l'avance.

- Ah, Rhéane est arrivée, me prévint Liam.

Que le spectacle commence.

Je fis la bise à ses parents et à sa sœur et quand vint son tour, mon sourire se dissipa. La peine et la déception se lisaient sur mon visage et tous moments passés avec elle, gravés dans mon cœur, se dissipèrent.

Nos souvenirs ensembles me rendaient profondément nostalgiques, j'étais sincèrement attristée d'avoir achevé notre amitié de cette façon, mais je pense que c'était la meilleure chose à faire. Je devais prendre soin de moi, et ce genre d'amitié est néfaste. Rester avec elle me faisait plus de mal qu'autre chose.

Il faut savoir s'éloigner pour mieux revenir.

On se reverra peut-être, on se retrouvera très certainement. L'avenir est écrit, j'aurais juste à dire ce que je veux dire, car peu importe ce qu'il se passe ce soir, je me dirai : « c'était écrit ».

- On va faire un tour à vélo ? demanda Rhéane en croquant dans sa dernière chips.

On a tous acquiescé et nous voilà tous les cinq (Liam et son frère, Rhéane et sa sœur et moi) sur nos vélos et trottinettes à visiter les rues de Paris en pleine nuit. La vue était superbe, il y avait une ambiance calme et paisible, de quoi changer mon quotidien rempli de problèmes.

La douce brise de fin d'été me caressait les narines et faisait virevolter mes cheveux blonds. Mes yeux noisette, gorgés de rouge à cause de mes pleurs, reflétaient la lumière des réverbères. J'avais la beauté que la vie offrait juste devant moi, mais comme d'habitude, elle ne voulait pas de moi.

La vie n'a jamais voulu de moi. Rien qu'à ma naissance, et même avant celle-ci, elle ne voulait pas de moi. Je lui avais été forcée, et maintenant, je me battais avec elle pour lui prouver que j'ai le droit d'être en vie.

Elle a dû remarquer que je commençais à être heureuse car je venais de m'érafler le doigt. Dans les petites ruelles, il y avait souvent une barrière pour interdire les voitures de passer. Je me suis prise cette barrière.

Je saignais beaucoup et pourtant je n'avais pas mal. Était-ce l'habitude ou simplement l'état de choc qui m'anesthésiait la douleur ? C'était sûrement les deux.

- On s'arrête ici ? Il y a un lac avec une mini cascade, informa Rhéane.

Par chance pour nous, il n'y avait pas l'ombre d'un humain à l'horizon, car je dois avouer qu'on est tous des peureux ici. Sauf peut-être Liam, si on l'encourage.

HOPEOù les histoires vivent. Découvrez maintenant