Chapter 8 - Eden

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Mercredi 20 septembre, 15 : 45, Paris 1er

J'étais resté planté là, comme un con. Je ne comprendrai donc jamais cette fille. Elle allait mal, c'était évident, alors pourquoi cherchait-elle toujours un mensonge pour le cacher ?

Lors de notre première rencontre, il y a une semaine, j'avais ressenti une impression si étrange, qu'elle m'avait picoté la gorge. Mon corps la voulait près de lui, comme si elle allait réparer toutes mes blessures. Blessures que je n'ai pas.

Elle en créait des imaginaires pour les combler après. C'était insatiable, j'avais soif de son regard. Elle avait cette douceur dans les yeux qui me rendait avide de sens. Mais elle a tout gâché.

Cette fille est un chat noir, elle attire le négatif comme le plus attire le moins. J'avais eu pitié pour elle, mais maintenant je n'avais plus aucune compassion à son égard. Elle n'avait pas envie d'amitié, elle ne voulait pas de relation. Cette fille ne voulait tisser aucun lien.

Elle se retrouvera seule, comme elle veut l'être. Elle a besoin d'aide mais n'en demande pas et rejette toute personne qui lui tend la main. Qu'elle reste dans sa merde, je ne vais pas la ramasser à la petite cuillère. Ce qui lui est arrivé est, certes, très triste et horrible mais que suis-je censé faire ? Rien, elle ne voulait même pas me le dire.

Alors je l'ai ignoré, depuis une semaine je l'ignore, en physique-chimie, matière où l'on était à côté, je n'ai pas pris la parole et elle non plus. Elle n'osait pas, moi je me refusais de lui jeter un regard.

Et puis, il y avait aussi cette histoire de pari débile qu'elle avait commencé. Je ne savais même pas si elle était allée voir Abby Cooper pour annuler comme je lui avais demandé.

Quoi qu'au final, je m'en fous éperdument. Qu'elle fasse sa vie, je fais la mienne de mon côté. Elle est égoïste et ce n'est pas en restant dans son petit coin de terreur qu'elle allait s'épanouir. C'est dommage, nous nous entendions bien, mais maintenant si c'est pour qu'elle me rende dépressif, ça ne vaut pas la peine.

C'est ce qu'elle est après tout, une dépressive qui ne se soigne pas, ne va pas voir de psychologue, qui se laisse abattre par la vie.

Une cause perdue.

— Eden, il y a Elisabeth qui veut te voir pour te parler.

Elisabeth ? Qu'est-ce qu'Elisabeth voudrait bien me dire ? Cette fille tourne partout dans le lycée. C'est une sensu, mais qu'est-ce qu'elle est bien foutue.

— Je dois aller en cours, Sam, arguai-je en me dirigeant vers le gymnase du lycée.

— Ouais, mais j'ai cru comprendre que si tu vas la rejoindre, tu ne vas pas retourner en cours célibataire.

Une lueur s'enflamma dans mes yeux. Je réfléchis un instant. Il est vrai que j'avais toujours trouvé cette fille belle, attirante, mais je ne m'étais pas posé plus de question que ça.

— Elle est où ?

Vingt minutes plus tard

En disposant les tables de ping-pong dans le gymnase je ne pouvais m'empêcher de penser à ce qu'il s'était passé quelques minutes plus tôt. Elle m'avait embrassé, ses mains froides caressant ma nuque et me provoquant des frissons par centaines.

HOPEOù les histoires vivent. Découvrez maintenant