Chapter 11 - Hope

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Mardi 26 septembre, 9 :30, Paris 1er

La sonnerie retentit, les messes basses des élèves reprirent et je pus me focaliser sur ma musique. Ce matin je m'étais laissée allée dans ses bras. Je ne le voulais pas, mais j'étais incapable de lui dire non. Comme je l'ai toujours été.

Je n'y arrive pas, comme si le simple toucher d'un homme me rendait faible. J'avais l'impression d'être un objet. Manipulateurs et imprévisibles, voilà ce qu'étaient les hommes de notre génération minable.

Je voudrais juste montrer qui je suis vraiment, la vraie Hope, celle qui n'est pas détruite par les hommes de son passé. J'aimerai le faire, montrer que tout est possible, mais j'en suis incapable.

Dans mes oreilles résonnait du Luidji, sa musique « Le Monde » m'apaisait toujours lorsque rien n'allait. Cette chanson m'a vu dans tous mes états, j'y ai lâché l'entièreté de mes larmes.

« Parmi les grands de ce monde. »

Y arriverai-je moi, un jour ? Faire partie de ce genre de personne qu'on idole, qu'on adore. Un rêve d'adolescente, très certainement, mais ça reste mon rêve. Je ne veux pas être connu mondialement, seulement être appréciée à ma juste valeur, pour celle que je suis réellement, pas pour celle qu'on croit que je suis.

Beaucoup pensent savoir qui je suis vraiment, parce qu'ils se font cette image. Mais s'ils en savaient encore plus, ils seraient effrayés. Plus que ce qu'ils ne sont déjà.

Effrayante, repoussante, horrible, détestable. J'ai fini par m'y faire. Pourquoi même lorsque les gens m'apprécient, j'ai cette impression, qu'au fond, ils me trouvent immonde ?

J'ai peur de ne jamais être aimée. Il n'y avait qu'avec lui que je me sentais bien : il me traitait comme une princesse malgré nos âges. On était jeune, il était jeune. Il est parti beaucoup trop tôt.

« Les plus belles fleurs sont les premières à être cueillies. »

Plus tu es bon, moins tu connaîtras la vie. La vie n'a pas voulu de moi, mais j'ai l'impression d'être tant détestable que même la mort ne me veut pas.

S'ils savaient combien de larmes je pleure ; combien de cicatrices j'ai laissé sur mon corps ; combien de fois j'ai tenté des choses impardonnables, peut-être m'aimeraient-ils plus ?

Je perds la seule notion que j'ai suivie depuis ma naissance : l'espoir. Merde, je m'appelle Hope mais je ne fais que d'être pessimiste.

L'espoir se cueille. Je dois cueillir l'espoir, l'espoir de vivre. Je devais rester en vie, pour lui qui n'a pas pu le faire, pour tous ceux qui n'ont pas pu. On a tous une motivation pour avancer, la mienne se trouve chez les morts.

« On cueille l'espoir là où l'on pense ne jamais le trouver, car c'est justement là qu'il est. »

Cueillir l'espoir, comme on cueille les fleurs.

Je cueille mon espoir dans ma fleur, mon premier amour, car je ne penserai jamais le trouver à côté de moi puisqu'il n'est plus là. Mais au contraire, il sera toujours à mes côtés, à tout jamais.

Pourquoi je n'ai pas mal ? Pourquoi la douleur est maintenant comme un pansement ? Je m'en voulais, mais en même temps, j'étais fière. Car j'avais réussi à transformer ma peine en cicatrice. Tous mes vices sont à présent renfermés dedans, ils sont prisonniers de mon corps, et ne peuvent plus ressortir.

Les larmes me montaient aux yeux, mais j'avais déjà trop pleuré. Machinalement et sans m'en rendre compte, je m'étais installée en classe, à côté d'Eden.

HOPEOù les histoires vivent. Découvrez maintenant