⚔️Chapitre 19

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Pdv : Elyana

J'ouvre difficilement les yeux, éblouie par la lumière du soleil qui brille haut dans le ciel. Je cligne plusieurs fois les paupières pour m'habituer à la luminosité. Je prends plusieurs secondes à me rendre compte que je ne suis plus dans une chambre du palais. Au-dessus de moi, les feuilles vertes des arbres se balancent au rythme du vent frais qui me caresse les joues. Je suis allongée sur
un matelas pas plus épais qu'un bout de tissus. Des pierres s'enfoncent dans mon dos, m'arrachant une grimace de douleur quand je me redresse sur mes coudes. Je remarque d'abord Opaline, attachée à un arbre par son licol puis Calann.
Il a allumé un feu qui brûle lentement faisant craquer le bois. Calan est allongé à côté des flammes, la tête renversée vers le soleil, ses paupières sont closes et je ne peux m'empêcher d'être étonnée de le voir si détendu. Cette image de lui colle mal avec l'idée que je m'en suis faite.
Bon sang, cet homme a failli tuer quelqu'un !
Je passe la main sur mon visage, renvoyant mes mèches brunes en arrière. Calann n'a même pas
remarqué que j'étais éveillée et l'idée furtive de m'enfuir avec Opaline me frôle l'esprit. Je pousse un soupir bruyant et me redresse sur mes jambes douloureuses. Mes muscles sont endoloris de notre virée a cheval de la veille et je maudis ce sport d'être aussi douloureux. J'abandonne ma fine couverture sur le sol et je remarque que mes bottes et mes lames ont disparus. Un rapide coup d'œil autour de moi me confirme qu'aucune de mes affaires ne se trouve près de mon lit. Je lève les yeux au ciel, irritée.

- Tu doutes de tes capacités aux points de me voler mes armes ?

Les yeux du prince s'ouvrent et il se redresse lentement, faisant jouer les rayons de soleil sur sesmèches foncées. Il me détaille, ses lèvres étirées en un petit sourire qui laisse apparaitre ses fossettes.

- Je doute surtout de tes capacités à dormir avec une arme sans te blesser. Ne t'arrive-t-il donc jamais de remercier les gens pour leurs services ?

Ses yeux sont toujours fixés sur moi, brillants d'un amusement qu'il ne tente même pas de masquer.
Malheureusement pour lui, je n'ai aucune envie de rigoler.

- Rend moi mes armes, je lui ordonne froidement.

S'il est blessé par le ton que j'ai employé, il n'en montre rien et m'indique du menton, un arbre derrière lui. Nos deux sacs, la selle d'Opaline et mes affaires sont posées à ses pieds. Sans adresser un remerciement ou même un regard à Calann, j'avance vers mes bottes, prenant soit d'éviter de marcher sur des cailloux. Habilement, j'attrape le manche en argent de ma première arme et, une à une, je les range dans mes vêtements, prenant soin d'en garder deux sur le côté pour les glisser, plus tard, dans mes bottes. Je me laisse ensuite glisser dans les feuilles mortes, autant pour reposer mes muscles douloureux que pour enfiler mes chaussures. Je me redresse en rangeant mes dernières armes, sentant la morsure du métal froid contre ma peau.

- Où as-tu appris à te battre ?

Je hausse un sourcil, étonnée en tournant mon regard vers Calann. Ses yeux sont déjà posés sur moi, analysant chacun de mes gestes. Je hausse les épaules négligemment.

- Je n'ai pas appris.

Mon ventre gargouille violement et je me penche vers les sacs à la recherche de quelque chose à grignoter. J'entrouvre le premier, sentant le contact rugueux du tissu sur ma paume. Il est rempli de
vêtements et de quelques casseroles. Je lâche un petit grognement mécontent sentant mon ventre émettre un nouveau gargouillis. J'entrouvre l'autre sac et un sourire se dessine sur mes lèvres à la
vue de toute la nourriture qu'il renferme. Plusieurs miches de pain, des pommes, des légumes de tous genres... Je jette mon dévolu sur une pomme bien rouge. Je croque dedans en me redressant pour m'appuyer sur l'arbre. Calann m'observe toujours avec ce qui ressemble à de la curiosité dans le
regard.

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