⚔️Chapitre 28

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Pdv : Calann

Les arbres s'agitent sous la brise du vent alors que mon ventre est noué. J'ai déjà quelques branches dans les bras pour allumer un feu mais avec l'averse d'hier, la plupart sont détrempées.
J'ai quitté le campement il y a maintenant plusieurs heures et mon esprit est tiraillé entre l'envie de rentrer ou de rester ici pour ne pas voir Elyana broyer du noir comme elle le fait depuis presqu'une semaine.
Si seulement je savais comment l'aider.
A la place je suis forcé de voir chaque jour ses cheveux habituellement d'un brun brillant perdre leur éclat, ses taches de rousseur qui formaient avant une magnifique constellation s'effacer dans la pâleur de sa peau et ses yeux pleins de vie privés de leur lumière.
Si je ne la forçais pas elle aurait à peine touché à sa nourriture ces derniers jours.
J'ai tellement peur de l'avoir perdue pour toujours.
Je voulais juste la sauver et j'ai l'impression de l'avoir détruite.
Chaque jour j'essaie de me convaincre que j'ai fait le bon choix en l'empêchant d'y retourner, et chaque jour j'en suis un peu moins sûr.
Je l'ai sauvée de la mort, mais qui la sauvera d'elle-même maintenant ?
Dans ces moments de solitude, tout ce qu'elle m'a dit me revient comme un coup de poing et je me mets à douter. A-t-elle raison ? Suis-je meilleur que mon père en ayant fait le choix d'abandonner ce village à son sort pour la sauver ?
Je pousse un profond soupir et ramasse deux dernières branches, enfin décidé à retourner au campement. Une partie de moi espère la retrouver et la voir en train de s'entrainer ou de décorer le campement comme avant mais j'ai appris ces dernières semaines à ne pas garder trop d'espoir.
Je traverse le bois, écrasant les brindilles et les feuilles morte sous mes pas rapides. Je ressens le besoin étrange de rejoindre Elyana le plus vite possible. Là, quelques branches s'agitent au rythme de mes foulées et un vent frais caresse mes joues. Mes mouvements se figent quand un cri perçant trouble le calme de la forêt. Mon sang se glace dans Les veines.
Elyana.
Les branches s'écrasent à mes pieds. Je ne réfléchis plus et m'élance entre les arbres, mon épée dans le creux de ma paume. Mes pieds semblent voler au-dessus du sol alors que le paysage défile autour de moi. Je sais que j'arrive au campement quand je remarque des dizaines de silhouette armées.
Mon regard rencontre celui d'Elyana, attiré vers elle comme un aimant. Ses épaules se détendent de façon presque imperceptible lorsqu'elle me remarque. Du sang coule de son nez et de sa bouche, barbouillant son menton et malgré moi, je sens tous mes muscles se relâcher. Dans son regard, brûle la flamme du défi qu'elle avait perdu ces dernières semaines.
Ma vision se trouble quand je remarque la lame négligemment posée contre sa clavicule. J'oublie de réfléchir et j'avance d'un pas. Avant même que l'on ne remarque ma présence, j'envoie le pommeau de mon arme contre la trempe du premier garde face à moi. Sans même comprendre ce qui se passe, il s'écroule au sol dans un fracas d'armure.
D'un même mouvement toutes les têtes se tournent vers moi. Je pourrais être impressionné par la rapidité avec laquelle les garde on dégainés leurs armes, si je n'étais pas aussi concentré sur l'homme qui maintient sa dague contre le cou d'Elyana.
Une longue cicatrice lui barre la joue, souvenir d'un combat contre des nains il y a de nombreuses années. Ses cheveux poivre-sel sont coupés à raz sur son crâne et sa carrure endurcie par les années d'entrainement en aurait effrayé plus d'un. Je n'ai aucune difficulté à reconnaître la Capitaine de la garde rapprochée de mon père.

- Lâche la Seb.

Ma voix est dure, tranchante ne laissant place à aucune discussion. N'importe qui aurait juste baissé le regard et aurait obéit. Pas lui. Évidement. A la place, ses lèvres s'étirent en un sourire cruel laissant apercevoir ses dents blanches, parfaitement alignées.

- Calann, m'appelle-t-il étirant la fin de mon prénom. Si tu savais comme je suis heureux de te voir.

Je resserre la prise sur mon arme bien trop conscient que les hommes qui m'entourent n'attendent qu'un seul ordre pour foncer sur moi.

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