La porte de l'appartement venait à peine de se refermer derrière eux que, déjà, Tini retirait son manteau et déboutonnait son chemisier. Plus tôt, dans le parking, elle avait pu se détendre et se laisser aller, certainement parce qu'elle savait que Jorge était trop galant pour la prendre dans sa voiture. Mais à présent qu'ils étaient chez lui, sur le point de coucher ensemble, ses vieilles craintes refaisaient surface. Soudain, elle avait de nouveau seize ans et était enfermée dans une étreinte étouffante empestant le parfum bon marché.
Jorge posa ses mains sur les siennes.
- Eh, doucement, on ne fait pas la course ! Et puis j'avais hâte de te déshabiller moi-même.
- Désolée. Je voulais seulement entrer dans le vif du sujet.
Elle inspira profondément et regarda derrière lui, en direction de la cuisine.
- Nous devrions peut-être boire un coup.
Elle était incapable de se rappeler s'il restait de la vodka. Il la dévisagea.
- Tu veux un cocktail maintenant ? Il est presque 2 heures du matin.
Elle laissa échapper un rire discordant.
- Je suis sûre qu'il est l'heure de l'apéro quelque part.
Si elle n'avait pas d'alcool dans le sang pour se détendre, elle devrait se dépêcher comme elle l'avait fait jusque-là, sinon l'angoisse la paralyserait. Elle se jeta sur lui, déboutonnant sa chemise de ses doigts froids et maladroits.
Il l'attrapa par les poignets et la força à baisser les bras tout en cherchant à croiser son regard.
- Qui t'a fait du mal, Tina ? Il est évident que tu es nerveuse à l'idée qu'un homme te touche.
Elle secoua la tête, furieuse d'être aussi brisée et que cela soit si évident, tant d'années après.
- C'est ridicule. Avant de venir ici, j'avais un petit ami à New York. Un vrai petit ami.
Bon Dieu, elle parlait comme une fille de seize ans ! Sans parler du fait qu'elle mentait, encore une fois. C'était agréable de passer du temps avec Zach quand il était de bonne humeur, mais, en toute honnêteté, c'était surtout pratique. Elle n'avait pas décroché le gros lot avec lui. Pourtant, elle avait tenu la distance, non pas parce qu'elle était masochiste, mais parce qu'elle n'avait jamais eu de véritable relation, et lui non plus.
- Tu as aussi ce problème avec lui ?
Elle détestait se sentir vulnérable.
- Je n'ai aucun problème avec le cul, cow-boy, et je sais faire des choses dont tu n'as jamais entendu parler.
Au diable Tina ! Tini Stoessel voulait se venger, elle avait quelque chose à prouver. Elle posa sa main sur la braguette de Jorge. Sous son treillis, elle sentit une érection de la taille... du Mexique. Elle prit la chair ferme au creux de sa main, et, comme elle s'y attendait, il écarquilla les yeux.
Toutefois, il repoussa sa main en soupirant.
- Garde cette idée en tête. Mais, pour l'instant, allons nous asseoir sur le canapé pour parler un peu.
Il lui tendit la main. Elle hésita.
- Viens, chérie.
Sa gentillesse eut raison d'elle. Au bord des larmes, elle saisit sa main et le laissa la guider dans la grande pièce. Ils s'assirent côte à côte sur le canapé. Tirant sur les pans de son chemisier, elle blottit ses genoux contre sa poitrine.
- Désolée d'avoir tout gâché.
Elle soupira, tremblante. Elle avait froid soudain et se sentait vide.
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Opération Cinderella
Roman d'amourC'est l'histoire d'une mission qui va vite se transformer en amour
