Chapitre 7

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Les secousses s'intensifiaient bien dans le pays. En moins de quelques semaines les drames avaient repris. Une fois de plus un autre attentat avait été déclenché, dans un des quartiers les plus reculés de la ville. On ne comptait ni en blessés ni en disparus, uniquement en morts. Ce qui semblait être une bombe dissimulée dans une centrale électrique avait embrasé tout sur son passage en explosant. Le message était clair, ils avaient déclaré la guerre à l'équipe Yezo tout particulièrement. La ville était en alerte, un couvre-feu était installé et des soldats postés à chaque coin de rue. Le pire était de ne ni voir, ni connaitre l'ennemi. Il pouvait s'agir de n'importe qui. Ils pourraient être à l'intérieur du pays comme autre part. Ils pouvaient être infiltrés parmi les populations. Ils pouvaient être dissimulés dans une planque quelque part. Les attaquants étaient méticuleux, silencieux et du genre à faire les choses en grand et laisser beaucoup de traces. Mais jusqu'ici aucun n'avait été attrapé, les morts étaient toujours retrouvés longtemps après l'heure du décès, aucun rescapé non plus, aucun témoin, aucune piste. Ces inconnus n'avaient émis aucune revendication, ils ne semblaient pas en vouloir au pouvoir, ni attendre une rançon. C'était comme s'ils prenaient tout simplement du plaisir à semer le trouble.

Au milieu de toute cette agitation, une jeune fille n'avait pas vu le soleil depuis plus d'une semaine. Sakura retombait progressivement dans le puits sans fond qui l'avait déjà engloutie une fois auparavant. Elle vivait avec horreur cette situation, son aversion pour la violence étant issu d'un traumatisme similaire. Elle se sentait constamment en danger, son père encore plus absent n'arrangeait rien à l'histoire. Ca encore, elle le comprenait et l'acceptait, il avait des responsabilités, l'heure était grave. L'avancement du procès n'arrangeait rien à l'histoire, elle devra indéniablement témoigner et nul ne pouvait imaginer comment ça la rendait malade d'y penser.

Dans ces moments là, elle échangeait avec son psychologue devenu son ami pendant un bon moment. Il savait la détresse derrière ses appels, mais il savait surtout comment lui faire oublier un temps soit peu. Naruto, avait en tête à son tour un projet que Sakura avait vite remarqué. La pousser dans les bras de l'arrogant Uchiwa. Et elle feignait simplement de ne pas s'en rendre compte par peur de s'avouer à elle-même que l'idée n'était pas pour lui déplaire. Le soldat, une fois sa maladie passée, était bien gêné au début face à une Sakura qui ne perdait aucune occasion de lui rappeler comme la maladie l'avait rendu bête.

Sakura était désormais attachée à ces deux types malgré elle, et pas de la même manière. C'était entre autre les seules personnes qui comprenaient son recul face à son agression. Elle s'était inconsciemment éloignée de ses amies qui lui laissaient son espace en étant tout de même présentes.

Sasuke l'attendait, elle le savait bien mais n'avait quand même pas bougé depuis ce matin. Il finirait par en avoir mal et laisserait tomber surement.

Seulement ce que Sakura n'avait pas prévu c'était que le brun, fatigué d'attendre et de tomber sur son répondeur, s'était rendu chez elle plutôt que d'abandonner comme elle l'imaginait. Il sonnait comme un demeuré chez la jeune fille, tapotant du pied d'impatience. Agacée par le bruit incessant, Sakura finit par ouvrir non sans trainer le pas.

« - On était censé se retrouver il y'a une heure. Le procès est dans moins d'une demie heure et tu as encore ton pyjama ? >> pesta Sasuke.

Sakura se contentait seulement de le fixer, ses grands verts étaient ternes et son doux visage arborait des cernes. Des cheveux rangés n'importe comment, on aurait dit une adolescente après sa première déception amoureuse. Comme une évidence, l'idée de se loger dans les bras de son visiteur lui vint immédiatement ce qu'elle fit sans hésiter. Sasuke, d'abord surpris de l'état de la rose l'était encore plus devant sa détresse. Sa petite tête couverte de cheveux roses reposait sur le milieu de son torse et ses bras fins l'entourait comme ils pouvaient. Tendrement, il posa doucement sa main sur le haut de la tête de Sakura savourant silencieusement la douce sensation qui se logeait dans son cœur.

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