La nuit était tombée sur la ville, avalant les contours familiers dans une obscurité morne et pesante. Le vent sifflait entre les immeubles, comme un avertissement murmuré par les fantômes du passé. Mais dans l'appartement plongé dans une pénombre choisie, Sasuke Uchiwa ne dormait pas. Il n'y pensait même pas.
Autour de lui, les écrans diffusaient des images de caméras de surveillance, des plans, des visages floutés et des fichiers cryptés. La pièce n'était plus qu'un théâtre de guerre. Son repaire, son repaire à lui seul. Il n'avait rien dit à personne. Pas même à Naruto. Il avait réactivé des contacts que même le service n'utilisait plus, exhumé des dossiers classés confidentiels, payé en silence pour des informations que nul n'oserait chercher.
Cette fois, ce n'était plus une mission. C'était une vengeance . Et elle serait méthodique.
Sasuke n'était pas n'importe qui. Il pensait en arborescence, et dans son esprit chaque détail trouvait sa place. Il avait redessiné la carte mentale de l'organisation sur son mur blanc. Des fils rouges reliaient les noms, des notes griffonnées s'ajoutaient en marge. L'organisation qu'ils traquaient ne tuait pas au hasard. Elle effaçait les preuves. Elle effaçait les témoins. Elle avait voulu effacer Sakura.
Et elle avait échoué.
Il posa son index sur un nom écrit à l'encre noire : Tayeki.
« - Tu as voulu jouer au plus fort... » murmura-t-il.
Il avait identifié deux anciens collaborateurs de Tayeki, des scientifiques ayant participé au projet initial qui liait l'organisation à la mère de Sakura. L'un vivait apparemment encore dans les environs, l'autre était un peu dispersé. Sasuke n'avait pas encore tranché s'il devait remonter chaque fil tout de suite ou frapper le cœur en premier.
Une autre cible, plus proche cette fois, un certain Kurosaki Nao, agitateur politique discret, chef d'une ONG servant en réalité de couverture pour des transferts d'armes et d'expérimentations humaines. Tayeki avait été son pion. Mais qui jouait derrière Tayeki ? Derrière Nao ? Il fallait creuser.
Sasuke griffonna quelques lignes sur un carnet, encercla des noms, relia des dates.
Tout concordait.
La vengeance prenait forme.
Et pourtant, malgré le feu glacial qui brûlait en lui, quelque chose le ramenait toujours à elle. Sakura. Son visage amaigri, ses yeux sans éclat, son silence trop plein.
Elle n'était pas seulement une victime. Elle était le centre. Le nœud de toute cette histoire.
Et il l'avait laissée. Parce qu'il ne pouvait pas faire les deux à la fois : la veiller, et venger. Pas comme il le fallait.
Mais chaque heure sans elle le rongeait.
À l'hôpital, Sakura était restée des heures sans bouger. Les infirmiers passaient parfois sans un mot. Elle ne mangeait presque pas. Le jour et la nuit n'avaient plus de sens. Elle rêvait éveillée. Ou bien elle cauchemardait les yeux ouverts.
Sasuke lui manquait. C'était un fait brutal, sans fioriture. Il lui manquait comme l'air, comme un ancrage. Elle ne comprenait pas ce qu'il représentait vraiment pour elle, mais son absence lui faisait plus mal que les cicatrices encore fraîches sur ses bras. Elle n'avait pas dormi de la nuit. Elle n'avait plus faim. Elle n'avait plus la force de se plaindre non plus. Depuis que Sasuke était passé, elle se sentait à nu. Il l'avait vue dans sa plus grande faiblesse. Et il était parti sans un mot tendre. Juste cette menace froide : "Tu as intérêt à aller mieux, ou tu ne me reverras même plus en rêve."
Elle savait qu'il l'aimait, à sa manière. Elle savait aussi qu'elle lui avait fait mal. Mais ce vide, cette absence de lui, c'était presque plus insupportable que les douleurs physiques.
Elle voulait le voir. Lui parler. Le supplier de rester. Lui dire qu'elle s'accrochait, qu'elle ferait des efforts. Mais l'orgueil, la honte, la fatigue... tout se mélangeait.
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Pansements
Fiksi Penggemar1980, les rivalités entres les 5 grandes nations génèrent de plus en plus de tumultes entre les villages. Konoha, village caché du pays du feu n'en est pas en marge. Kakashi Hatake, actuel hokage et tous les autres chefs des villages concernés prir...
