On discute tous ensemble en famille, on rigole mais ma toux ne passe pas et ça continue à petit feu. Je ne me plains pas , je dis rien à Papa par peur de l'inquiéter .
Il commence à faire tard et mon oncle nous propose de nous raccompagner en voiture.
En rentrant à la maison, je vais me coucher comme à mon habitude mais la toux me dérange, j'ai un peu de mal à respirer . Je vais chercher un verre d'eau , je me répète sans cesse que ça va passer, je ne veux pas dire à papa parce que je connais la suite et j'ai vraiment pas envie .
La nuit est très très longue, je n'arrive pas a dormir. Je tousse énormément et j'entends les pas de Papa, il vient vers moi :
Papa : Kaina qu'est ce qui va pas ? je t'entends toussé depuis tout à l'heure
Moi : Non t'inquiéte Papa ! J'ai juste attraper froid ( je mentais , je voulais tellement pas qu'il m'emméne à l'hopital )
Il commence à toucher mon front et la il est tout chaud
Papa : Non ce n'est pas le froid. C'est la drépano , ça recommence . Tu as le corps tout chaud ma chérie. On va à l'hôpital .
Moi je commence à pleurer parce que je tousse vachement et je n'ai pas envie de devoir retourner encore aux urgences .
Il court, se prépare , appelle les pompiers et vous connaissez la suite ils arrivent, m'emmènent à toute vitesse .
Arrivées aux urgences, on me prend tout de suite en charge .
En effet, un enfant drépanocytaire est prioritaire, dès lors de son arrivée et en vue de l'importance de cette maladie . Nous sommes tout de suite pris en charge, la douleur est aléatoire , elle peut commencer très doucement et s'intensifier par la suite .
Nous avons une chance sur deux de mourir lors de nos crises.
Je suis tout de suite conduis dans une chambre , le rituel de chaque crise c'est de me mettre le méopa, les perfusions , les électrodes et de me soulager au mieux . Cette nuit-là ne ressemblait pas à toutes les autres, celle-ci était différente .
C'était tout flou pour moi, un trou noir à vrai dire . Je me réveille quelques heures plus tard allonger dans un box en sous-vêtements , oui vous l'aviez bien compris je me suis endormie . Je vois la sonnette, j'appuie dessus et je commence à me mettre hurler, crier , à ne pas en finir.
Je ne pleurais pas de douleur mais plutôt de haine , de dégout . Je ne comprenais pas pourquoi je passe d'un rire a des pleurs ? d'une visite de mon entourage à un lit d'hôpital ? J'étais fatiguée, désemparée .
L'infirmière arrive et tente de me calmer mais impossible . Mon état était juste inconsolable, mon cœur en miette .
Infirmière : calme-toi ma puce !
Moi : Qu'est ce qui m'arrive ? en hurlant
Infirmière : Calme-toi, viens t'allonger et je vais t'expliquer .
Elle m'aide à m'allonger sur mon lit , parce qu'effectivement je m'étais avachie au sol . Mes larmes coulaient comme si ça allait sortir de mon corps .
Infirmière : Je vais d'abord t'apporter tes médicaments pour que tu puisses te calmer Kaina .
Elle m'apporte tous les traitements dont j'avais besoin, elle me soulage du mieux qu'elle peut . Je réclame mon papa et il vient me voir , me prend dans ses bras et je finis par m'endormir .
L'infirmière a préféré oublier ma question, par peur de ne plus pouvoir réussir a me calmer et surtout que la douleur ne revienne pas à la surface .
Le lendemain on me change encore de chambre, on m'emmène dans un service, mon papa est toujours assis à mes côtés.
Concernant les frères et sœurs, il l'avait demandé à une de nos voisines de s'en occuper le temps de rester près de moi .
On me propose un petit déjeuner que je refuse catégoriquement, papa lui essaie de me convaincre de manger quelque chose mais je n'ai vraiment pas la force et l'appétit de manger . J'ai encore très très mal au niveau de la poitrine et un peu de mal a respirer .
J'essaie de me rendormir, oui cela devient mon passetemps avec tout ce qui est injecter dans mon corps .
Je me réveille , je vois mon papa assis à côté de moi . Très pensif , le regard fixe et la je l'admire . C'est un vrai papa poule qui s'est battue coûte que coûte pour mettre sa famille a l'abri, qui nous a donné tout l'amour dont nous avions besoin . Un papa avec lequel je suis très complice, nous avions nos moments de fous rires , de discussions très pertinentes. Un homme bon, pieux et toujours présent pour les uns et les autres . Et là je le regarde et je me dis j'espère plus tard avoir un mari qui lui ressemble .
Il voit que je le regarde et il me sourit . Son sourire vaut de l'or ,
Il me demande : Comment tu te sens ?
Je réponds : ça va un peu mieux
Lui : Ça va aller ma fille ne t'inquiète pas .
Il me caresse le front . On n'a pas le temps de profiter de notre petit moment père et fille , vient le moment où les médecins font leurs tournées .
Docteur : bonjour ! Comment ça va aujourd'hui ?
Moi : Un peu mieux Docteur .
Docteur : Nous allons continuer les traitements sous perfusions pour te soulager au mieux .
Moi : Très bien docteur .
Papa le regarde très inquiet , il se sent tellement impuissant face à la situation. J'ignorais encore ce qui m'était arrivé et la Papa c'est comme s'il lisait dans mes pensées , il pose une question aux médecins .
Papa : Docteur ! Mais que s'est-il passé ?
Docteur : C'est une très bonne question Monsieur .
Lors de votre arrivée aux urgences. Elle a tout de suite été prise en charge, sa douleur était trop intense , nous avions essayé de calmer la douleur , elle a fini par s'endormir.
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Kaina - La femme silencieuse
Kurgu OlmayanHello tout le monde ! Moi c'est Kaina , une fille simple et chiante a mes heures perdues mdrrr . Je vous laisse découvrir mon histoire ..