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Séol enfila lentement ses gants noirs suivis , par ses lunettes assorties ,pour camoufler son visage bouffi et ravagé par la peine , avant de sortir de sa chambre pour rejoindre les membres de sa famille, qui l'attendaient dans le grand salon.
Harin sortit au même moment de la chambre de son défunt père , ayant comme sa nièce décidé de camoufler son visage derrière des lunettes.

La tante glissa doucement sa main dans celle de sa nièce, après qu'un regard lourd de silence et de chagrin eut scellé leur complicité. Puis, sans un mot, elles descendirent les escaliers. Le bruit sourd de leurs talons sur le parquet brisa un instant le silence pesant du salon, faisant lever les yeux des hommes déjà rassemblés.
De brèves salutations, presque murmurées, furent échangées, avant qu'ils ne quittent la maison pour rejoindre la voiture qui les mènerait au lieu de la cérémonie.
Jungkook prit le volant. Harin s'assit à ses côtés, le visage tourné vers la vitre, tandis que les trois petits enfants montèrent à l'arrière. Aucun mot ne fut prononcé. Seul le silence, lourd , occupait l'habitacle

Après une trentaine de minutes de route silencieuse, la voiture se gara lentement dans un coin du parking.

Personne ne parla.

C'était le moment.

SÉOL

À peine entrée dans la salle, mon corps se figea.
Mes mains se mirent à trembler.
C'était donc vrai.
Ce n'était pas un mauvais rêve.
Mon papi était mort.
Il avait rejoint Papa, Maman et Mamie.
Une fois de plus , je me retrouvais à dire adieu à un être que j'aurais voulu garder près de moi pour toujours.

Ça faisait déjà une semaine, mais mon esprit refusait d'y croire .

Papi...Mon papi

Tu ne m'avais pas prévenue que ce serait la dernière fois, que je poserai les yeux sur toi .
On était censé se revoir , tu n'avais pas le droit de partir,pas comme ça.
Tu n'assistera donc plus à rien ? Et le costume blanc que tu devais porté, si un jour je me mariais ?
Et toutes nos promesses ?
Je ne pourrai donc plus jamais t'appeler au téléphone ? Je ne déjeunerai donc plus jamais avec toi ?

Papi...Tu m'as vraiment laissé comme ça ?

Reviens un soir, et dis-moi que c'était le corps de quelqu'un d'autre. Que les médecins se sont trompés . Tu ne me surprotégera donc plus comme si j'avais cinq ans ? A qui vais-je me plaindre à présent quand quelqu'un m'embêtera ?

C'est donc vraiment terminé ?

S'il te plaît...dis moi que j'aurai toujours un Papi sur qui compter .
Dis moi que tu seras là à mes remises de diplômes.
Dis moi que tu me regarderas grandir .

La douleur que je ressens est indescriptible.
J'ai comme l'impression, que tu es parti avec une partie de moi.

J'ai l'impression de mourir à petit feu...

Je ne veux pas croire, que tu es parti pour toujours.
Je t'en supplie... reviens .
Je serai meilleure, je te le promets
Laisse moi te demander pardon .

Je ne veux du soutien, et de la pitié de personne.
J'ai seulement besoin de te voir. Une seule fois . Juste une dernière fois .
Reviens moi, je ne veux pas continuer sans toi .

Je sors de la salle rapidement, et à peine ai-je franchi le seuil que mes jambes cèdent , et j'éclate en sanglot .

« Non ! Ce n'est pas vrai ...Papi reviens s'il te plaît ! Ce n'est pas possible, tu n'as pas le droit de faire ça ! »

Mon corps tremblait, tandis que mon cœur souffrait atrocement . Je voulais juste ouvrir les yeux, et réaliser que toute ma vie n'était qu'un cauchemar, ou une putain de mauvaise blague.

MY BODYGUARDOù les histoires vivent. Découvrez maintenant