Chapitre 19 : Retour au bercail

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Nate

Dans la voiture, personne ne parle. Les regards sont figés sur la route. Aucun de nous ne bougent et cela me va bien, après la journée affreuse qu'on vient d'endurer.

Charlie a arrêté de parler après une bonne heure de route. Elle a sans doute abandonné tout espoir de faire parler la fille.

Quand nous arrivons devant le portail, la pression qui m'habite depuis les dernières heures n'est toujours pas partie. Quelque chose me remue l'estomac et cette sensation désagréable ne semble pas prête de disparaître.

Je descends de la voiture sans attendre les autres et me dirige directement vers les escaliers.

La maison est vide et je fonce directement à mon bureau. Je monte les marches trois par trois. J'ai besoin de boire un verre de toute urgence. Derrière moi j'entends les autres entrer dans la maison. Je ne me retourne pas et continue ma route.

Ce qu'on vient de faire va nous couter cher, il faut que je me prépare. Pourtant, là tout de suite ce n'est pas vraiment ce qui me préoccupe. L'image de cette chambre et d'elle en dessous de cette ordure ne fait que tourner dans ma tête.

J'arrive dans mon bureau et me sers un verre de whisky. Mes mouvements sont saccadés et je le bois cul sec. Je m'en ressers un dans la foulée et m'assoie le regard posé sur la porte fermée face à moi.

Ma tête part dans tous les sens. Trop d'idées et de pensées se bousculent en moi et je n'arrive pas à les organiser. Je dois procéder par étape. Mes hommes, je dois vérifier les pertes et les briefer sur la marche à suivre pour la suite.

Je finis rapidement mon verre et descends dans le salon. Cole est assis sur le canapé, il semble en parfaite forme. Il me jette un œil et se lève par instinct pour me suivre.

Cole sait lire en moi quand je laisse faire bien sûr. Pas besoin de mots entre nous. Je ne compte même plus le nombre de fois où cela nous permis de nous sortir de situations bien merdiques comme celle d'aujourd'hui.

Nous descendons dans le jardin pour aller trouver mes hommes. Au même moment je reçois un coup de téléphone de Marco. Je décroche mais ne dit rien, Marco enchaine tout de suite.

- Le ménage a été fait jefe, dit-il d'une voix neutre.

- Bien. Rentrez aussi vite que possible, il faut qu'on s'organise pour la suite.

- D'accord jefe, on sera là ce soir.

- Bien.

Je raccroche et continue de marcher jusqu'au bâtiment où sont regroupés mes hommes. Une fois arrivée, un silence morbide règne. Nous avons subi des pertes, reste à savoir de quelle ampleur sont-elles.

- Bon ... on s'est foutu dans une sacrée merde. Cole, l'interpellais-je.

- 7 morts et 18 hommes blessés.

J'acquiesce d'un signe de tête et poursuis.

- Nous allons avoir des nouvelles de cet enfoiré. Même mort, il va se venger. Ses alliés ne resteront pas sans rien faire donc on doit se tenir prêt. Suis-je clair ?

- SI JEFE ! répondent les hommes en face de moi.


...

Arie

Je suis morte ... de l'intérieur.

Je respire encore mais je suis morte. Je ne ressens rien, je ne vois rien. Les choses autour de moi bougent et je me sens figée comme si le temps s'était arrêté pour moi mais que la vie continuait autour.

L'INFANTEDes histoires addictives. Découvrez maintenant