Chapitre 35 : Incroyable.

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Les gens s’affairaient autour de moi, je les entendais brancher des fils, des câbles ou je ne sais quoi. Puis plus rien, le silence complet. J'entendais seulement les «bip» des machines qui doivent m'entourer, pour je ne sais quelle raison.

Plus tard, j'entendis la porte s'ouvrir et des pas de quelques personnes s'approcher de moi.

- (Le premier) Je suis désolé Madame, nous n'avons pas réussi à la réveiller.

C'était le Dr. Aldinski, je reconnaissais sa voix.

- (deuxième voix) Mais … elle va bien le faire d'elle-même, non? C'est possible, pas vrai?

Ma mère venait d'éclater en sanglots. Je voulais la serrer dans mes bras et la rassurer, même si moi-même je ne comprenais pas la situation, mais mes membres étaient immobiles. Je demandais de toutes mes forces à mes muscles de bouger, mais ils ne voulaient pas. Une troisième voix fit son entrée, que je reconnus tout de suite, ainsi que la quatrième.

- Il y a sûrement un moyen, peut-être des médicaments qui permette un réveil plus rapide!, cherchait … Daniel.

- Connaissez vous les raisons de son coma?, demanda Aurélien.

Mon coma? Comment ça, «mon coma»? Je ne suis pas dans le coma, je dors juste! Vite Alysée réveilles toi, réveilles toi!

- (Aldinski) Non, et c'est assez délicat, pendant son sommeil on ne peut pas passer les examens nécessaires.

- Alors on est censés rester là sans rien faire?!, s'écria ma mère.

- Je suis désolé mais il n'y a pas d'autre solution, répondit calmement Aldinski.

Comment arrivait-il à garder son calme?! Moi-même je n'y arrivais plus et me sentais emprisonnée dans une sorte de boite de laquelle je ne peux pas sortir. Après de multiples tentatives ayant le même résultat les unes que les autres, je commençais à me sentir fatiguée. Je commençais à apercevoir un endroit où des gens qui m'étaient inconnus m'appelaient. Je cédais et les suivais.

La sensation de chaleur qui m'envahit fut tellement agréable que je me demandais si tout cela n'était pas un rêve. Le paysage ne m'aidait pas sur mon doute. Il était splendide, encore plus que le parc. Mes pieds nus foulaient l'herbe fraîche, et j'inclinais mon visage afin de bénéficier au maximum des rayons du soleil. Ce soleil si … irréel. En effet, je n'en avait jamais vu de tel: il était orange, et on voyait les rayons, d'habitude invisibles. Une pie vint se poser sur mon épaule, et ça me surprit au point que je sursautais, et le regrettais immédiatement en la voyant s'envoler. Après l'avoir suivis du regard, j'arpente, toujours pieds nus, la plaine et m'allonge. Je ferme les yeux de bien-être. Mais je sentis quelque chose de mouillé tomber sur moi. J'ouvrais les yeux et clignais plusieurs fois les paupières en me rendant compte qu'il neigeait! Mais la neige était parfois bleue, parfois blanche, et parfois un flocon seulement ressemblait à un arc-en-ciel. Ce n'était même pas froid, juste agréable. Quand je prenais une boule de la neige qui tapissait maintenant l'endroit vert encore peu de temps auparavant, celle-ci fondait sur le coup. J'essayais une nouvelle fois, et ça donnait la même chose. Au bout d'un moment, ce blanc/bleu/arc-en-ciel redevint vert en l'espace de quelques secondes. Tout cela était juste, incroyable. 

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