Je balaie la salle du regard, le visage impassible. Je concentre surtout mon attention sur les tables rivales de Dyvia et Vitalie. Je garde également dans mon champ de vision Eowyn et sn amie à la peau tanné Syara.
Eowyn fait de grands mouvements frénétiques avec ses bras afin de mimer ses propos sous l'oeil amusé de Syara. Son anecdote doit être ennuyante à mourir comme souvent mais la manière dont elle la raconte la rendrai presque excitante. Un éclat de voix provenant du fond du réfectoire met mes sens en alerte :
- Ne t'avise plus jamais de prononcer ce nom !!!
- Sinon quoi ?! Tu vas faire quoi, Selinda ?!
- Je vais te démolir, je vais faire de ta vie un enfer, espèce de...
Je me jette sur Selinda en couvrant sa bouche de ma main, l'empêchant de finir sa phrase. Elle va regretter de s'être disputé avec Aelie, j'empêche qu'elle s'enfonce encore plus. Le Sergent Hower attrape l'autre détenue par les épaules et l'attache, puis en se tournant vers moi :
- Emmène ces demoiselles en isolement, elles y resteront 3 jours pour non respect des règles de cette prison, fit-elle en me tendant Aelie que j'attrapais par le bras.
- Bien, sergent, fis-je d'une voix neutre.
- Tu m'emmènes là-bas, je te démonte ! me fit comprendre Aelie d'une voix doucereuse, en se débattant entre mes bras.Je suis surpris de son audace : d'habitude, à ce stade-là, les détenues commencent à pleurer et à supplier.
- Tu n'as rien à dire, figure toi ! Tu es seulement une détenue alors parle moi sur un autre ton, lui chuchotai-je à l'oreille.
J'attachais les mains dans le dos de Selinda puis je fendis l'attroupement qui s'était formé autour de nous, une prisonnière à chaque bras. Je nous dirigais vers la sortie, Aelie se débattant et Selinda le regard dans le vide, sûrement plongée dans ses pensées. Leur comportement me rendait vraiment perplexe, aucune réaction désespérée... Nous nous dirigeâmes vers le quartier des cellules d'isolements. Le lieu au monde qui se rapproche le plus de l'Enfer.Nous franchissâmes l'entrée, je saluai la gardienne et récupèrai les clefs des cellules. Nous pénètrâmes dans un couloir froid et humide. Des femmes pleuraient, criaient, chantaient, parlaient fort... J'enfermais d'abord Selinda puis Aelie qui opposa plus de résistance. Je ressentis de la pitié et de la culpabilité envers les 2 jeunes femmes mais fis de mon mieux pour le dissimuler.
J'arrive à la laverie où je suis d'inspection. 3 prisonnières s'y trouve déjà : Syara, Eowyn et Vitalie. Eowyn raconte des blagues auquelles ris bruyamment Vitalie. A chaque éclat de rire, elle fouette ses cheveux noirs en arrière et ses yeux charbons se mettent à briller :
- donc cet enfoiré a tenté de me choper les fesses ! Je lui ai dit qu'il allait avoir besoin d'une nouvelle secrétaire et ma baffe est partie. Il l'a considéré comme ma lettre de démission, ce pervers !- t'as tellement bien fait ! T'as rapidement retrouvé du boulot après ?
- Non pas vraiment... Mais c'est mieux que d'avoir un gros pervers qui mate ton cul au bureau !
Encore une discussion sans grand intérêt mais je suis surpris que la vie "d'avant" d'Eowyn m'intéresse tant que ça. Cette dernière m'aperçoit du coin de l'il, me lance un regard noir et continue son histoire dans un chuchotement en me tournant le dos.
Elle m'énerve !
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Passé et regrets
General FictionDans une prison pour femmes de haute sécurité, un évènement inattendu va bouleverser la routine morne de cette petite prison. Les crimes qui sont la cause de la présence des détenues resurgissent. Certaines les regrettes, d'autre non. Mais qui sont...