J'entends encore ses cris... Ses yeux terrifiés quand ma soeur et moi l'avons torturés de mille et une manières. Son dernier soupir lorsque la vie l'a quitté. Un élan de culpabilité m'étouffe. Mais c'était le prix à payer après ce qu'il nous avait fait, merde ! Devant mes yeux défile le crime qui m'a fait atterir dans ce trou. Je repense à ce que j'ai ressenti lorsque Aelie a prononcé son nom. Je ne sais pas comment elle a su ! Et j'ai pas pu m'empêcher de lui sauter dessus pour la faire taire ! Quelle idiote ! J'ignore comment Deïna a pu rester aussi calme...
Je sors de ma transe et observe autour de moi : trois murs nus et une porte blindée. L'isolement. Des pleurs et des insultes résonnent dans le couloir. Je repère la voix d'Aelie à quelques cellules de la mienne : elle marmonne des phrases incompréhensibles. Je soupire et m'assois sur le parquet froid de la cellule, dos contre le mur et je m'endors...Le grincement de la lourde porte me réveille en sursaut :
- À la douche ! T'as de la chance que les services d'hygiène passe aujourd'hui, m'ordonne la voix usée par la cigarette de la gardienne.
Je me relève, le dos en compote, en me frottant les fesses. La grosse femme qui est venu me chercher m'attrape par le bras pour m'entraîner avec elle vers les douches : je manque de trébucher plusieurs fois à cause de l'eau et de la crasse accumulée.- T'as 5 min !
La surveillante referme la grille en la claquant. Je me déshabille, attrape la vieille serviette et du savon. J'allume la douche. Lorsque j'étais mannequin, j'adorais en prendre. Elles me détendent, elles me permettent de vider mon esprit. J'adore sentir l'eau couler le long de mon corps, ça m'apaise. Mais je me remets à penser au fait que ma soeur me détestait, que j'avais tué un homme, je n'avais plus de famille, plus rien. La bouteille de savon en verre m'échappe et s'explose sur le sol : des milliers de petits éclats se dispersent sur le sol de la douche crasseuse. Un plus gros morceau se détache du reste et effleure mon mollet. Une goutte de sang germe de ma blessure en même temps que l'idée dans mon esprit : cette idée désespérée de dernier recours, celle qui germe quand il n'y a plus aucune solution. Il faudra que je sois rapide. Je me saisis du morceau glissant et prends ma décision.
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Passé et regrets
Ficção GeralDans une prison pour femmes de haute sécurité, un évènement inattendu va bouleverser la routine morne de cette petite prison. Les crimes qui sont la cause de la présence des détenues resurgissent. Certaines les regrettes, d'autre non. Mais qui sont...