Souvenirs

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Anna

Le lendemain de ma rencontre percutante avec Julien devant l'ascenceur, je m'épuise à me préparer devant ma glace.

Je réalise que tous mes efforts seront réduits à néant, lorsque j'enfilerai mon magnifique uniforme hospitalier ... blanc. Malgré tout, je préfère prévenir que guérir, si je devais le croiser à nouveau... en dehors du boulot ?!

La journée me parait déjà avancer au ralenti. Je démarre dans une demi-heure et me plante devant la machine à café vers l'accueil, au cas où mon beau mâle pointerait le bout de son nez. Je délire complètement. Qui a dit que j'allais le voir ?

Surtout que depuis notre fameux plan à trois, je n'ai plus de nouvelles d'aucun des deux. Cette soirée me hante. J'en rougis encore, même lorsque je suis seule. Leur attitude envers moi a été plutôt respectueuse, malgré l'idée que l'on peut s'en faire de prime abord ! J'aurais pu refuser leurs avances.

Nico m'a désinhibée, aidé par des mojitos et la musique chaude de la boîte. Il m'a présenté à Julien, plutôt genre scotché au bar qu'à la piste. Sûr de lui, il m'a déshabillée du regard sans aucune gêne, avant de hocher la tête vers Nico.

Ce soir-là, je pensais naïvement qu'il le saluait. Aujourd'hui, j'ai compris qu'il lui donnait son assentiment.

Je me souviens très bien. Tranquille, il a engagé la conversation par un « Salut Brunette ! », qui a eu raison de ma timidité.

Euh.. Brunette ? Pourquoi pas... J'avais du mal à soutenir son attention. Mes yeux ont opté pour son torse, son jean. Oh non ! Beaucoup trop perturbant pour moi, même dans la pénombre de la salle !

Il a poursuivi son petit jeu de séduction dominatrice pour m'achever de sa voix calme et si sexy à quelques millimètres de mon oreille. « Je t'intimide tant que ça ? »

Quelle assurance ? Que répondre à cette question ?

Par chance un mec bourré m'a poussée dans ses bras avant de s'effondrer quelques pas plus loin. « Ca va ? » m'a-t-il demandé.

J'ai confirmé par un hochement de tête. « Oui. C'est bon ! » Qu'est-ce que je n'avais pas dit là !

Ses mains ont glissé sur mes reins et nous ont pressés l'un contre l'autre.

« Redis-moi ça, Brunette ! En me regardant ! »

Je l'interrogeai, incrédule. « De... quoi ? Je ne comprends pas... »

Son sourire machiavélique s'est élargi et ses iris clairs m'ont ensorcellée.

« Ta réponse... en me regardant »

Le brasier qui me consummait à ce moment m'a empêché d'inspirer correctement, avant de répondre avec un semblant de témérité.

« Oui ; C'est. Bon. »

Il a mordu sa lèvre avant d'asséner le coup fatal. « Ces mots sur tes lèvres, c'est trop... beaucoup trop sexy, Brunette »

Des flammes ont dû apparaître sur mes joues, alors que l'intensité de sa présence contre moi a grillé tous mes sens.

Une fois son numéro réussi, et il le savait. Il s'est éloigné comme ... comment dit-on déjà ? Et oui, comme un connard ! Sans un mot, il s'est avancé vers deux oies, qui l'attendaient au bout du bar avec Nico.

Leur manège est bien rôdé depuis longtemps. Un peu de séduction, d'alcool, pour laisser le temps à l'envie de s'installer confortablement. Tremblante, je ne savais plus trop comment me tenir, jusqu'à ce que les bras réconfortant de Nico m'apportent mon breuvage, puis m'entraine sur la piste.

Pour la première fois, danser a été une épreuve. Pourquoi étais-je encore dans cet endroit ?

Séduite et humiliée par son éloignement soudain, confiante et apeurée.

Je crois que je pressentais la suite, parce que Julien me regardait sans cesse, parce que Nico ne me lâchait plus, parce que tout s'est embrouillé en flirtant avec les deux.

Puis, tout s'est accéléré, le sang gorgé d'alcool et ma tête engourdie de stress. Mon cœur tambourinait, mais je pouvais leur faire confiance. Jusque-là, Nico ne m'avait jamais brusquée, pourquoi en aurait-il été autrement ? Et Julien me rendait dingue. Un besoin impérieux de cisailler cette bride me dévastait. Je n'y tenais plus.

Arrivés chez Nico, j'ai filé dans la salle de bain pour retirer mon maquillage dégoulinant et rétablir un peu d'ordre dans ma tête.

Je devais le faire ! Surtout que Nico m'avait posé la question si Julien me plaisait et si j'acceptais de les raccompagner. J'avais évidemment tout accepté de ce contrat, dès la sortie de la boîte.

Penchée au-dessus du lavabo, de l'eau plein le visage, je l'ai senti derrière moi.

Julien m'attrapé une hanche et donné une serviette de l'autre. Ses mains ont ensuite parcouru mes côtes, avant de se rejoindre sous mon t-shirt, sur mon ventre. Electrocution assurée !

Je nous ai matés dans la glace, avec le recul d'une spectatrice. Il a soulevé mon haut pour le retirer et poser des baisers dans ma nuque.

Je visualise encore ses doigts fins et habiles, qui subtilisaient mon soutien-gorge et ses yeux fébriles rivés sur ma poitrine.

Cette femme à moitié nue, c'était bien moi ! Le regard assombri, docilement dévoilée par un homme.

Par contre, je n'ai pu exploiter aucune initiative. Je ne me sentais pas à la hauteur de ses attentes. Mais quel bonheur d'être désirée comme une femme et non comme une future génitrice !

D'un ton doux mais ferme, il m'exigeait « Touche-toi Brunette ! »

J'ai bafouillé. Mon corps ne suivait pas.

Je devais agir au plus vite. Hors de question de rester l'empotée de service comme avant !

Il me le fallait. Et je lui plaisais ! C'est à ce moment que mon courage a réapparu.

« Peut-être que tu pourrais me guider un peu, je suis novice... » osai-je

D'abord surpris par ma requête, il m'a souri avant de m'embrasser l'épaule et de murmurer.

« Tout ce que tu veux... »

Tout en enlaçant nos doigts, il a collé son torse chaud contre mon dos nu.

Mes mains étaient guidées par les siennes, menées délicatement là où il le souhaitait. Sur mon ventre, puis sous l'élastique de ma jupe, l'autre remontant jusqu'à mon sein.

Ma main-marionnette s'est refermée sur mon téton, ce qui m'a avlu mon premier gémissement de pur plaisir de toute ma vie ! Personne ne m'avait fait bouillir de cette façon avec si peu de moyens !

Ce n'était qu'un début § La soirée qui allait suivre me libèrerait à tout jamais de la jeune femme sage que j'avais pu être !


Tant que je pourrai t'aimer (en cours)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant