S'envoyer en l'air

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Anna

A sa demande, je passe un pull et des baskets. En tenue de sport, la soirée risque d'être intense ! Il refuse de m'indiquer la destination. Après son coup de fil, j'ai juste compris qu'on avait beaucoup de chance de pouvoir y aller si vite.

Il m'ouvre la portière de sa voiture étincelante. C'est plus fort que moi ! Je m'esclaffe.

« Une Audi TT ! Quel branleur ! Tu en avais besoin pour rameuter les poufs ? »

Il s'assoit sur son siège. Son coude appuyé sur le volant, il m'observe, piqué par mon énervement inapproprié. Son ton est froid, maîtrisé.

« C'est quoi qui te fais le plus flipper ? L'attention que je porte à ma caisse ou les moyens mis en œuvre pour ramasser les pétasses ? »

Son analyse condensée me percute. Il lit dans mes pensées ?

La honte me métamorphose en carpe.

« Heu... »

Après cette journée, mes nerfs lâchent. Je tourne la tête pour masquer mes yeux humides.

Il a raison. Qui suis-je pour le juger ? Parce qu'on a couché ensemble et qu'il est venu quand je l'ai appelé, je me suis octroyée une place de choix. Il ne me la jamais offerte. Mais j'aime tellement sa présence ! Dans l'euphorie de l'avoir à mes côtés, j'ai occulté mon côté possessif. Après Rodolphe, je me suis assermentée toute seule : lâcher la bride et plus d'attachement pour l'instant !

Mon visage fermé lui prouve, que j'ai cerné les limites. Ses doigts enlacent les miens et les attirent contre ses lèvres chaudes. Quand je lui fais à nouveau face, son regard bienveillant m'assure que tout est pardonné.

« Tu n'as aucun soucis à te faire. Ce soir, tu es mon exclusivité, Brunette ! »

Je reconnais que le trajet est un réel plaisir. Je veux bien adopter sa bagnole...

Nous découvrons nos goûts musicaux à travers les chansons, qui tournent sur les radios. Nous finissons même par un blind test, nous retrouvant hilares devant l'absurdité de certaines de nos réponses. Ce mec est un vrai bonheur !

Il est près de vingt-deux heures. Nous arrivons sur le parking d'un bâtiment. Du karting ? Il m'a pris pour son pote ?

Il considère ma mine déconfite. Lui est tout à fait réjoui et m'embarque vers l'entrée.

Usée et un peu contrainte, je me laisse guider.

Il semble bien connaître les lieux. Il règle et nous nous installons sur les fauteuils du hall. Le centre ferme à minuit. Le temps va me paraitre long !

Mes yeux déambulent sur l'écran devant nous. Simulateur de chute libre. Rien à voir avec le karting. Et mon vertige ! Plus ma journée de merde ! Je repense à mon message : « besoin urgent de m'envoyer en l'air ! » Oh non ! J'aurais dû écrire câliner, baiser, forniquer ! Pourquoi les hommes sont-ils si terre à terre ?

Un moniteur vient chercher le groupe et nous gravissons les marches de l'escalier. Nous nous séparons dans les vestiaires. J'enfile une combinaison avant de le retrouver dans la salle de briefing.

Stressée, je lui glisse à l'oreille, que je le déteste.

Moqueur, il me répond, que je l'ai saoulé tout à l'heure, et qu'on est quitte.

Il m'embrasse plein de fougue au milieu du groupe. Je reste pantelante. Fin de la discussion.

Quel gamin ! Il a perdu dix ans en cinq minutes. Sa joie me contamine malgré mon anxiété. Je lui rends son sourire. Avec sa tenue de vol entrouverte, il me fait fondre. S'il pouvait la ramener avec lui pour après...

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⏰ Dernière mise à jour : Aug 13, 2016 ⏰

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