Harry prenait mon visage entre ses mains et m'embrassait. J'étais surprise de son geste et aussi de l'audace qu'il avait. Il avait le culot de m'embrasser! Cela m'avait pris quelques secondes avant de réagir. Je le repoussais assez brusquement, mais je ne m'excusais pas. Il n'avait pas le droit de m'embrasser comme cela. C'était inacceptable.
-Comment oses-tu! criais-je presque. Il me regardait. Ses yeux n'étaient plus aussi froids.
Ils étaient plutôt devenus doux, comme le printemps. Comme si ses yeux avaient subis un changement de température météorologique.
Un sourire commençait à apparaître sur ses lèvres. Il passait la langue sur celles-ci, et se mettait à rire.
Il riait fort, vraiment fort. Il n'en pouvait plus. Il se tenait les côtes, et il était plié en deux.
Je lançais un regard à mon frère, et lui aussi, semblait autant confus que moi.
-Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle, Harry.
Je pinçais mes lèvres, frustrée et humiliée. Harry riait de plus en plus, et cela m'insultait. Qu'est-ce qu'il avait à rire comme ça! Riait-il de moi?
Je prenais la poignée, et dans un élan, je claquais la porte d'entrée au nez d'Harry. Je verrouillais la porte, ne voulant pas qu'il entre dans ma maison. Je n'avais aucune envie de le revoir, ou qu'il m'embrasse encore une fois. Peut-être qu'il me ferait encore pire. Je grimaçais à l'idée, puis frissonnait. Harry avait-il consommé quelque chose? Il n'était pas du tout dans son état normal.
Je pouvais encore l'entendre rire derrière la porte d'entrée. Je n'aimais pas cela, et j'avais juste envie qu'il parte. Mais en même temps, je ne voulais pas ouvrir la porte et lui dire de partir. J'avais peur de ce qu'il pourrait faire.
Puis, je ne l'entendais plus rire.
Je fronçais des sourcils, mon dos appuyé contre la porte.
Sa voix craquait, et il commençait à pleurer.
J'écarquillais les yeux, et mon cœur avait un peu mal pour lui. Pourquoi pleurait-il? Quel était son problème? Il avait dû consommer de l'alcool ou des substances illégales. Harry ne pouvait pas être un malade mental.
Il pleurait de plus en plus fort. C'était insupportable. J'avais qu'une envie; ouvrir la porte et lui dire de partir de mon terrain.
Brandon non plus, ne semblait pas savoir quoi faire. Il jouait distraitement avec ses mains, et me lançait quelques fois des petits regards.
-Marie, on ferait mieux de monter à l'étage. Ne t'inquiètes pas pour lui, il va finir par partir. Sinon, je peux appeler papa. Il va venir régler son compte, disait-il, en posant une main sur mon épaule frêle.
Brandon voulait absolument me rassurer. J'avais beau être la plus vieille de nous deux mais en réalité, il s'occupait mieux de moi que je m'occupais de lui.
Je passais doucement ma main sur sa joue, faisant des ronds avec mon pouce. Il avait tellement vécu des choses difficiles. Avec la mort de Sarah, le départ de maman...
Me rappeler de maman me donnait des frissons. Où était-elle, présentement? Comment allait-elle? Qu'est-ce qu'elle faisait?
Tellement de questions se posaient dans mon esprit.
Le son des pleurs de Harry me déconcentrait.
-Mariiiiiiiiie, pleurnichait-il, sans arrêt.
J'avais envie de crier, et j'enviais Harry, qui pouvait pleurer autant qu'il le voulait. J'ai toujours essayé de rester forte pour Brandon. Je savais que s'il me voyait craquer, ça serait encore pire pour lui. Voir sa grande sœur pleurer... c'est comme si je voyais mon père pleurer; cela me rendrait encore plus inquiète.
Je revenais à mes esprits, et croisait les yeux sombres de mon petit frère, désormais beaucoup plus grand que moi. On dirait que l'époque où nous avions que 10 ans et qu'il était plus petit que moi me semble si lointaine.
L'époque où notre famille était heureuse. Où maman était encore là, avec papa. Où papa souriait encore. Où que mon frère et moi étions aimés, remplis d'amour par nos parents.
-Mariiiiie, entendais-je pour la cinquième fois.
Je frappais la porte, et criais.
-Ferme-la Harry, ferme la! criais-je, à bout. Mon frère était un peu surpris, moi qui était si calme.
-Marie, tu ne préfères pas qu'on appelle papa?
J'évitais son regard, ayant l'envie de pleurer.
-Brandon, monte dans ta chambre.
Je mordais l'intérieur de ma joue, alors que j'entendais encore Harry pleurer. Je me sentais perdue, déstabilisée.
-Mais Marie, il faut fai-
-Brandon, tu montes dans ta chambre tout de suite! j'haussais le ton, et je le voyais acquiescer du coin de l'œil.
Mon frère n'a jamais aimé se faire dire quoi faire, mais là je sentais qu'il ne voulait pas me provoquer. Il savait que de toute façon, ça ne servait à rien de se débattre.
Il montait silencieusement à sa chambre, et je me laissais glisser le long de la porte. Les pleurs d'Harry devenait silencieux, mais je savais qu'il était toujours là.
-Marie, disait-il, la voix maintenant plus normale.
Je fermais les yeux, espérant qu'il se la ferme et qu'il s'en aille. Je ne voulais pas appeler mon père. Harry était en quelques sortes.. un bon ami. Mais c'était certain qu'il y allait avoir un froid entre nous. Je ne voulais pas que mon père l'emmène au poste ou qu'il m'empêche de le voir.
-Marie, tu es si belle...
Sa voix était si près de moi, comme s'il murmurait des choses dans mon oreille. Je pouvais l'imaginer, sa main appuyé contre la porte, les yeux toujours humides par ses pleurs.
-Tu as des yeux si gris, si beau... des belles mains délicates... je pourrais tellement te faire des choses ma belle Marianne..., susurrait-il.
Je frissonnais. Je ne savais pas s'il faisait allusion à des choses sexuelles.
-Ô ma belle Marianne, comme tu es magnifique, comme tu es exceptionnelle, j'ai l'impression que tu sors d'un conte féerique...
-J'aimerais sentir ta peau chaude et douce sous le toucher de mes doigts...
Je n'en pouvais plus. Je me levais brusquement, si vite que j'eue rapidement un mal de tête.
Je ne voulais plus entendre Harry faire des allusions pareilles. Il était 20h, il allait sûrement rentrer chez lui bientôt, et sinon, papa serait à la maison dans quelques heures.
Tout ce que j'espérais, c'est que Harry soit seulement soûl ou drogué.
Mais ce n'était pas le cas.
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Obsessed | mature
FanfictionIl était accro à elle. Ce n'était qu'une fille normale. Elle n'a jamais été populaire à l'école, mais elle a toujours sue bien s'entourée. C'était leur dernière année de secondaire. Sa dernière année avec elle. Il voulait l'avoir. Il était fou d'...
