« In time we hate that which we often fear. »
***
Le lendemain, à l'aube, un énorme fracas brisa le calme et fût suivi de plusieurs cris, qui me réveillèrent immédiatement. Je n'eus pas de peine à reconnaître les appels aiguës de mes demis-frères, mélangés à des voix masculines dont l'une appartenait à mon père. Sans même réfléchir, ni même me soucier de mon apparence, je sortis à toute vitesse de ma chambre courant presque au salon.
J'aperçus immédiatement mon père, rouge de colère, qui faisait face à un homme à la peau ébène. Ce dernier était entouré par trois autres hommes aussi imposants et effrayants par leur regard. Soamiary se tenait à quelques pas derrière mon père, serrant Judd et Jery contre elle, tandis que Gabin restait aussi auprès d'elle. Je ne comprenais pas ce qu'il se tramait dans cette maison mais ça ne présageait rien de bon, rien du tout.
Je m'avançai vers eux alors que l'homme à la chemise bleue, devant mon père, posa des yeux méfiants sur moi. Il lui posa une question tout en me désignant du doigt, mon père parût s'affoler tout de suite. Il secouait les mains devant lui et parla pendant un petit moment. Quand il eut fini, son ennemi échangea de longs regards avec ses partenaires et leur adressa un seul signe, qui les fit avancer vers nous. Mon père essaya de s'interposer mais ils le poussèrent sur le côté sans réelle difficulté.
Le plus grand d'entre eux se pointa en face de Soa et lui saisit le bras, d'une manière assez violente. Mon père semblait être en train de négocier toujours avec le même homme, apparemment le chef et Gabin, lui, restait immobile. Qu'étais-je censée faire alors ? Qu'est-ce qu'il se passait avec la femme de mon père ? Judd essaya de s'en prendre à l'homme mais tomba très vite au sol, sous un coup. A ce moment, Gabin devint fou de rage comme si l'on venait de toucher son enfant à lui. Il voulut riposter mais Soa, l'air dévasté, l'en empêcha. Elle poussa Jery, qui était resté accroché à elle, vers Gabin et suivit l'inconnu. Elle ne pleurait pas pourtant je pouvais lire sur son visage tout le désespoir qu'il puisse exister.
Mon père hurla de plus belle lorsqu'il les vit entraîner sa femme en dehors de la maison, mais étrangement n'essaya pas d'aller chercher. Les hommes devaient avoir un sacré pouvoir pour avoir autant d'influence... Le chef nous lança à tous un regard méprisant et sortit de la maison d'un pas presque militaire. Mon géniteur poussa un cri de rage, claqua la porte d'un grand coup de pieds et comme si ça ne suffisait pas, donna un autre coup dessus.
- C'était quoi ce bordel ? Soufflai-je.
Il vint s'asseoir sur le canapé et ses garçons en profitèrent pour rejoindre ses bras. Il gardait la bouche pincée et ses yeux dans le vide, essayant sans doute de se calmer. Ma famille était étrange et remplie de problèmes mais la sienne l'était encore plus. Était-ce ça le moment difficile qu'il traversait avec Soa ? Et pourquoi ces inconnus l'avaient-ils emmené ?
- Peut-être que si j'en parle à ma maman... Commença Gabin d'une voix douce.
- Non, le coupa l'homme de la maison. Ça ne changera rien... Rentre chez toi Gabin, on ne travaillera pas aujourd'hui.
Gabin baissa les yeux et se mit à frotter son bras, mal à l'aise.
- Ou je peux revenir plus tard ?
Un petit moment passa pendant lequel, nous attendions la permission de mon père. Il finit par hocher la tête d'un air grave et le regarda partir par le jardin. Je compris que parler n'était pas la meilleure chose à faire à ce moment alors je me contentai de prendre place face à eux, sur la table basse.
- Elle va revenir quand ? demanda Judd d'une maigre voix.
- Je ne sais pas, mais très vite.
- Papi va lui faire du mal ?
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Let it burn
Misterio / Suspenso« La première fois qu'il a essayé de me tuer, il avait six ans et j'en avais trois. » Joyce, maintenant âgée de 17 ans, subit depuis son plus jeune âge les perversions étranges de son grand frère, Nathanael. À travers sa pyromanie, celui-ci dévelo...
