12. Deuxième round.

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YANGËN

Je n'ai jamais eu beaucoup de sympathie pour les mages. En particulier humains. Après tout si les dragons sont aujourd'hui sur le point de s'éteindre et piégés sous leur forme hybride c'est suite à leur fourberie et leurs manigances. Et puis leur manie de faire des grands gestes théâtrals pendant leurs enchantement est tout bonnement exaspérante*.

Mais Maùta n'est pas de ce genre la. Le gobelin foule cette terre depuis des temps immémoriaux et, si puissant soit-il, il ne fait que très rarement montre de sa magie. Ce qui, je ne vous le cache pas m'inspire un certain respect mélé à de l'agacement... C'est sans doute noble, mais je trouve cette réserve et cette fausse modestie d'un ennui...
Mais je ne le déteste pas ce magicien. Loin de la. Il m'a recueilli alors que je sortais à peine de l'oeuf après la destruction de mon clan. C'est beau, certes.
Mais cela ne m'empêche pas d'émettre des réserves quant à ce dernier.
À commencer par ses goûts vestimentaires... non mais franchement. Cette robe et ce chapeau étoilés quoi. Je ne vais même pas m'attarder la dessus.
Et puis son intérêt pour Isis qui repose inconsciente tel un sac à patate sur mes épaules m'intrigue au plus haut point. Et je compte bien satisfaire ma curiosité au plus vite. Ainsi je lance l'air de rien, en sifflant innocemment cette question qui me brûle les lèvres depuis la veille.

- Que lui veux-tu à cette humaine ?
- Fuh fuh. Patience Yangën. Patience.
Rétorque le vieux goblin en plissant avec amusement ses yeux verts pâles. Eh. Ce vieux crouton s'amuse de me laisser languir. Je déteste cela. Je déteste ce rire. Et par dessus tout je déteste ce chapeau ridicule**!

Le dragon boudeur que je suis donne un violent coup de pied dans un caillou se trouvant sur son chemin. Le petit minéral se retrouve propulsé à grande vitesse jusqu'à heurter un arbre, aussitôt le vieux agite son bâton courbé d'un air desaprobateur, accompagnant ce geste d'un ton de reproche particulièrement agaçant.

- Yangën. Les arbres...
- Oh la barbe avec tes arbres !

Je marmonne avec une mauvaise humeur non dissimulée ce qui fait sourire le vieux. Dire que j'avais oublié pourquoi je restais à distance de ce mage ! Poc. Et voilà qu'il abat son sceptre de bois sur mon crâne. Eh. La s'en est trop. Je m'arrête, et prenant ma posture la plus théâtralement colérique, c'est à dire le menton relevé, ma main droite posé sur mes hanches et la gauche relevée serrée en un poing vengeur je m'exclame d'un voix puissante.

- Par les dieux ! N'abuse point de ma patience, mage !
- Fuh fuh... Je voit que tu as travaillé tes postures...
- Ah ! Je suis ravi que tu le constate ! Car oui, en effet. Tout est dans le mouvement de poignet, vois tu ?
- Je vois, Yangën. Je vois... Répond le mage en arborant un sourire bienveillant. Je soupire d'un air bien faussement exaspéré et recommence à marcher. Que voulez-vous. En vérité je suis bien incapable d'être furieux contre ce vieux gobelin. Mais tout de même. Ce chapeau...

- Je suppose que tu n'est pas disposé à me révéler la raison de ton intérêt pour cette humaine ? Je tente, essayant sans grand succès de paraître détaché et désintéressé. Pour toute réponse le mage se contente de pouffer de son rire malicieux et de poirsuivre sa route. Je pousse un soupire exagérément las et lui emboîte le pas tandis que le sac inerte posé sur mes épaules commence à remuer.

"Ah. Et notre chère humaine se réveille. Super. Au meilleur moment. Toujours au meilleur moment."

Je commente d'un ton grinçant ce qui fait stopper net le gobelin. Faisant tournoyer son terrible bâton courbé entre ses doigts, il se rapproche en fixant la fille de ses yeux verts pâles.

Chroniques Forestières - Le Sceptre De Moringa.Des histoires addictives. Découvrez maintenant