Artificiel

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Je commence à paniquer, personne ne doit me voir dans cet état. Je cache immédiatement la seringue et le flacon, et sors rapidement de la salle en essayant de paraître normal. Bien évidemment, ma psy est revenue.

– Michaël, je t'attends depuis plus d'une heure, qu'est-ce que tu fais ?

Vite, trouve une excuse !

– J'ai traîné à la cafétéria.

– Ne commence pas à me mentir, les vidéos de surveillance indiquent que tu es resté dans la salle de bain pendant tout ce temps. Mais, comme je suis sympa, je te laisse une dernière chance pour me dire la vérité, qu'est-ce que tu faisais ?

– Et si je n'ai pas envie de répondre, vous allez faire quoi ? Prévenir Joanne peut-être, ou m'obliger à passer une nuit de plus ici. Mais ne vous gênez pas surtout, je n'attends que ça.

– Comme tu n'es pas toi-même, je vais faire comme si tu n'avais rien dit. Mais sache que si je n'entends pas de ta bouche ce qu'il s'est passé cette dernière heure, je demanderais des analyses d'urines et des infirmières fouilleront ta chambre, et cette fois-ci, j'ai comme le sentiment que l'on trouvera ce que l'on cherche.

Elle a visiblement tout compris, alors pourquoi me force-t-elle à le dire ?

– Je me suis drogué, mais je ne vous apprends rien, alors pourquoi faire tout ça ?

– Parce que tu ne peux pas continuer à mentir toute ta vie, tu dois apprendre à assumer tes erreurs. Maintenant, puisque tu ne sembles pas être en état de discuter, je vais te permettre de rester ici jusqu'à ce que les effets se dissipent. Mais je veux te voir dans mon bureau dès que tu t'en sens capable, et n'essaye même pas d'y échapper, je connais la durée d'action de l'héroïne.

Ce n'est pas si mal finalement comme situation, je vais pouvoir profiter de mon trip toute la journée.

– Ne vous inquiétez pas, je n'en avais pas l'intention. Avant que vous ne partiez, vous allez en parler à Joanne ?

Je n'ai pas vraiment envie qu'elle soit au courant pour le moment.

– Nous allons faire un marché, d'accord ? J'accepte d'oublier de la tenir au courant, mais en échange, tu dois me promettre de ne plus toucher à la drogue et, même si ça ne va pas te plaire, te laisser tester avant toutes nos séances pendant les deux mois qui arrivent, afin de m'assurer que ce que tu me dises soit vrai. J'ai ta parole ?

– Je... je ne peux pas arrêter, s'il vous plaît, ne m'y obligez pas.

Si j'accepte, je n'aurais plus aucune solution pour oublier, et ça me terrifie.

– Oui, pour le moment tu le peux encore. Tu viens à peine de commencer, tu n'auras pas de véritables symptômes de sevrage, ou du moins, physiquement. Et en ce qui concerne la partie psychologique, tu n'as pas à t'inquiéter, je serai là pour t'accompagner pendant tout le processus.

– Je peux y réfléchir ?

– Bien sûr, mais je veux ta réponse, et les flacons je l'espère, cet après-midi.

– D'accord, vous avez fini ?

– Oui, et fais-moi confiance, si tu fais le bon choix, tu ne le regretteras pas.

Elle quitte finalement ma chambre. Je devrais peut-être essayer de prendre ma décision maintenant, mais je ne veux plus réfléchir, j'en ai tellement marre de toutes ces pensées qui ne cessent de fuser dans mon cerveau. Alors je m'allonge sur le lit, ferme les yeux, et laisse les effets m'envahirent de nouveau. C'est si agréable, je ne sais vraiment pas comment je vais faire pour arrêter, c'est impossible ! Mais je ne dois pas y penser pour le moment, si c'est ma dernière fois, je dois en profiter au maximum. Au bout d'un moment, je tombe finalement dans ce sommeil étrange, entre rêves et réalité, propre à la drogue. Le seul dans lequel je ne souffre pas.

Broken [En Réécriture]Des histoires addictives. Découvrez maintenant