Plusieurs mois sont passés depuis le début de toute cette histoire, mais aujourd'hui elle se termine enfin, aujourd'hui mon père va enfin être déclaré coupable, ou du moins, je l'espère. Le procès a été très long, et tout autant difficile mais, grâce à mes amis, j'ai pu surmonter cette épreuve. Ils m'ont tout deux était d'une grande aide quand ça n'allait vraiment pas, ils m'ont soutenu, ils m'ont conseillé, mais surtout, ils m'ont redonné du courage et la force de continuer, et je ne pourrai jamais assez les remercier pour tout cela.
– Michaël, tu es prêt ? C'est l'heure.
J'entends ma mère m'appeler, et je me dépêche de sortir de la salle de bain. Je la rejoins et enfile une veste car, après l'incroyable été que l'on a eu, le froid semble malheureusement revenir assez brusquement. Mais ce n'est pas grave, car cela annonce aussi l'arrivée imminente de Noël. Qu'est-ce que j'ai hâte ! Ça sera la première fois que je le passerai entouré de personnes que j'aime réellement.
– Allez, ne t'inquiète pas, nous connaissons déjà tous les deux l'issue de ce procès, ton père n'a aucune chance.
Ma mère me ramène à la réalité. Je sais, au plus profond de moi, qu'elle a sûrement raison, mais je ne peux m'empêcher de douter. Les jurés pourraient encore, pour je ne sais quel motif, décider de l'innocenter. Cela serait tellement atroce ! À tel point, que je doute réellement que je pourrai m'en remettre. Mais ça ne se produira pas de toute façon, mon père va être condamné pour tout ce qu'il a fait, je le sais.
– Je l'espère, maman.
Elle ne dit rien, elle aussi sait que tout n'est pas encore joué.
À la place, nous rejoignons tous les deux la voiture, avant de partir en direction du tribunal.
Ça va bien se passer.
Le trajet se passe dans le silence le plus complet, alors je répète silencieusement cette phrase en boucle jusqu'à notre arrivée.
Ça va bien se passer.
Ça va bien se passer.
En arrivant, je découvre que mes amis sont déjà là. Je leur avais dit qu'ils n'avaient pas besoin de venir, mais ils ont tant insisté. Nous marchons rapidement vers eux, et j'embrasse John quand j'arrive à sa hauteur. Je n'arrive pas à croire que cela est toujours aussi incroyable, c'est comme si chaque baiser redevenait le premier. Je l'aime tellement.
– C'est bon les gars, vous aurez tout le temps de profiter quand tout cela sera terminé.
Nous nous séparons et nous excusons auprès de Jennie. Elle est aussi en couple depuis cet été, mais son petit-ami est actuellement en voyage scolaire pendant toute la semaine et, entre le manque et la jalousie, elle est vraiment de mauvaise humeur. Mon compagnon et moi essayons donc d'éviter le plus possible tout acte propre aux amoureux, mais ce n'est pas toujours facile. Vivement dimanche !
– Allez Jennie, plus que quatre jours, je crois en toi.
– Cinq, si on compte aujourd'hui, mais merci pour ton soutien Michaël.
Sa voix me fait comprendre que ses remerciements ne sont pas sincères, et John et moi nous regardons, un sourire moqueur au coin des lèvres. Puis nous marchons tous vers cette salle, que nous connaissons si bien maintenant, dans laquelle va se dérouler la fin du procès.
Ça va bien se passer.
Je suis très stressé et, même si je suis assis, tout mon corps ne peut s'empêcher de trembler.
Ça va bien se passer.
– Mon cœur, essaye de te calmer, tu commences à m'inquiéter.
Ma mère me caresse le dos tout en prononçant ces paroles, ce qui m'aide un peu. John, qui est juste à côté de moi, me prend, quant à lui, la main pour me montrer son soutien. Et, grâce à tout cela, j'arrive à me détendre suffisamment pour que les tremblements se calment.
– C'est bien mon amour, je suis fière de toi.
Je fais un sourire à mon ami, mais à la tête qu'il fait, je devine qu'il ne doit pas être aussi rassurant que ce que je pensais.
– Allonge-toi sur moi et met tes écouteurs.
– John, je ne pense pas que...
– S'il te plaît.
Je fais ce qu'il me dit pour lui faire plaisir, même si je sais que ça ne va sûrement servir à rien. Il me prend ensuite mon téléphone, avant de lancer une playlist pour se relaxer composée uniquement de guitares. Il me connaît si bien, s'il y a bien quelque chose qui peut m'aider dans des moments pareils, c'est bien cela. Mais comme si ça n'était pas suffisant, il commence ensuite à me caresser les cheveux. Qu'est-ce que je me sens bien !
– Merci.
Je ne murmure rien d'autre, juste ce simple mot, mais rempli de tant d'amour. Et je m'endors presque, juste avant que quelqu'un nous appelle pour entrer dans la salle.
Ça va bien se passer.
*
Nous retournons dans le couloir seulement quelques dizaines de minutes après l'avoir quitté, les jurés étant prêt à délibérer. Mais j'ai très peur de leur décision, surtout qu'après les plaidoiries des avocats, et en particulier celui de mon père qui a su être très convaincant, je ne suis plus aussi sûr de l'issu de ce procès.
Ça va bien se passer.
Je regarde ma mère. Elle est penchée en avant, sa tête vers le sol. Elle aussi a sûrement dû arriver à la même conclusion que moi. Elle aussi perd espoir, et ça ne me rassure vraiment pas.
Ça va bien se passer.
John s'approche de moi, lui aussi inquiet. Il y a quelque temps, dans un moment difficile, nous avons eu une longue conversation, dans laquelle j'ai pu partager avec lui toutes mes craintes concernant mon père. Il sait donc que si ce procès ne se termine pas comme prévu, je pourrais tomber tellement bas que je ne sais pas si j'arriverai à me relever, et personne ne pourra rien faire pour m'aider.
Ça va bien se passer.
Jennie s'assoit elle aussi à côté de moi, et me prend la main. Sa mère n'a pas pu venir aujourd'hui, mais elle, ainsi que sa fille, ont été très présentes pour moi ces derniers mois, et pas seulement à cause du procès. Je ne l'ai jamais avoué à John, mais j'ai eu beaucoup plus de mal que ce qu'il pense à assumer mon homosexualité. Et pas seulement à cause du regard des gens. Même si je pensais avoir résolu ce problème il y a très longtemps, j'ai encore beaucoup de mal à croire que mon père n'est pas totalement responsable de mon orientation sexuelle, si différente de celle de la majorité. Cela peut paraître absurde, d'autant plus que si on en croit certaine étude, ce n'est pas quelque chose d'acquis, ce qui signifie que l'on naît avec. Mais c'est aussi pourquoi il doit être condamné, de cette façon, peu importe si j'ai des doutes ou pas, je sais qu'il sera en train de souffrir en prison, et ça ne pourra que m'aider à me sentir mieux.
Ça va bien se passer.
Les minutes passent, et au bout de ce qu'il semble être une éternité, nous voyons les jurés revenir, avant d'être nous aussi invités à entrer dans la salle. Mon père va finalement être condamné, enfin, peut-être.
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Salut tout le monde, je voulais juste vous prévenir que ceci est l'avant-dernier chapitre de cette histoire. J'espère donc qu'il vous a plu, et on se retrouve dans quelques jours pour la fin de ce livre.
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Broken [En Réécriture]
Ficção AdolescenteJamais heureux, solitaire depuis toujours, mais des parents aveugles qui n'ont jamais pu voir à quel point il souffrait, le jour de son anniversaire il décide de changer sa vie à jamais. Aujourd'hui, il arrête de faire semblant. Mais à quel prix ? E...
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