Jour J

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Ces derniers jours de solitude ont été salvateurs. Ils m'ont permis de me recentrer sur moi-même.

J'ai revu le Dr lombard. Non pas que j'ai eu une subite envie de combat contre un cancer. Mais J'avais juste besoin de mettre un nom précis, sur ce qui été en train de me tuer.

Mes douleurs n'étaient finalement pas dues à ma moelle épinière, mais à un Glioblastome multiforme (grade 4), qui exerce une pression sur l'arrière de mon lobe frontal. Le malade à seulement 14% de chance de survie alors autant dire que c'est perdu d'avance.

Le Dr Cohen, qui est le cancérologue en charge de mon dossier, estime qu'il me reste environ huit mois.

Je le revois encore, l'air grave, cherchant désespérément une manière rassurante de me dévoiler la triste réalité.

-Mademoiselle Jansen, je n'ai malheureusement pas d'excellentes nouvelles à vous annoncer... Les résultats des analyses ont dévoilés une tumeur très agressive. Cependant, tout n'est pas perdu, et avec un traitement adapté, que l'on commencerais dès demain, nous pouvons espérer un délai de deux ans, ce qui n'est pas négligeable.

Après quelques instants de réflexion. Je lui avais simplement répondu, que huit mois ou deux ans ne changerais pas grand chose. Hormis, que dans le cas numéro deux, ma vie serra régie par des allés retours au centre de cancérologie et le reste du temps, au-dessus de la cuvette de toilette, subissant un des effets indésirables de la chimiothérapie.

-C'est une décision qui n'appartient qu'à vous. Ceci dit, ne prenait pas de décisions trop hâtives, prenez le temps de la réflexion. Donnez vous au moins jusqu'à demain.

Je n'avais pas besoin de plus de temps, dès le départ, et avant même de connaître tout les détails de la maladie, j'avais décidé que je ne tenterai rien, car la mort me fait bien moins peur que cette vie.

-ma décision est prise, je refuse de survivre grâce à une machine m'injectant un produit, qui me clouera à un fauteuil pendant des heures, me rendra malade comme un chien et me ferra perdre mes cheveux, tout ça pour gagner quelques mois de surcis...Je suis navré, mais.... le jeu n'en vaut pas la chandelle. Je préfère vivre huit mois libres que deux ans esclave de quelque chose, qui auras ma peau quoi qu'il en soit .

-Permettez moi de vous dire que vous êtes jeune. Nous pouvons nous permettre d'espérer que vous arriverez à faire parti des quatorze pourcent de personnes en rémission.

-vous oubliez aussi que ce cancer provoque aussi cent pour cent de cas de récidive...

J'ai vu son visage s'apaiser, lorsque je lui ai dit, que j'accepterai la maladie et que j'accepterai aussi, ce que cela signifiait.

J'étais prête. Rien ici ne me retenait et jamais rien ne m'avais retenu, alors c'est l'esprit serein que j'ai quitté l'hôpital, avec comme seule ordonnance celle pour des antidouleurs.

Peut-être, aurais-je prise une autre décision, si j'avais su ce qui m'attendais un peu plus tard dans la journée...

June Où les histoires vivent. Découvrez maintenant