Cela fait maintenant trois semaines que je suis installée et aucun signe de l’Hydra. Je vérifie encore une fois qu’aucun dispositif de surveillance n’a été introduit pendant mon absence depuis ce matin 11h. Il est 1h30 du matin et je me suis changée. J’ai enlevé ma jupe et mon tee-shirt de service. Je mets à la place un pull noir et un pantalon de sport de la même couleur. Je troque mes chaussures à talons rouges contre des baskets et j’attrape la capuche de mon pull pour la mettre sur ma tête. Je prends mes lunettes à verres teintés. On dirait des lunettes de soleil mais elles n’ont pas cette fonction. Elles sont larges et teintées pour me permettre de ne pas être reconnue le soir dans la rue. Je les enfile, prends mes deux poignards que je glisse dans leurs fourreaux accrochés dans mon dos. J'éteins la lumière et sors par la fenêtre dans la nuit. Je m'accroche au rebord de la fenêtre du dessus et à l’aide d’un saut maîtrisé je me retrouve sur le toit de l’immeuble. Je m’assoie en tailleur, et observe la ville, le faux calme commence à résonner.
Toutes ces petites lumières sont signe de protection. Elles protègent les passagers du malheur, de la peur et de la mort. Lorsqu'elles s’éteignent aux quelques endroits bien connus des malfaiteurs, et qu'elles ne veillent plus sur les passagers, ces voleurs règnent et s’approprient les lieux. Avant de découvrir ces lieux inondés par l’ombre, je n'accordais que peu d’importance à la lumière. Mais j'ai vite compris que la vie s’éteint avec les lumières. La seule différence, c'est que la vie ne se rallumera jamais alors que les lumières reviendront le lendemain matin. Je regarde ces zones de lumière s’assombrirent. Il est 2h, c'est l'heure du faux calme.
Je me concentre sur les petits bruits que je pourrais entendre mais surtout sur les émotions. Je ferme les yeux et parcours les émotions des gens, je les trie, les filtre, de manière à n’entendre que les cris de douleur, de peur, d’abandon et de mort. J’en repère un à l’ouest de la ville. Je me lève, me place quelques pas plus loin du bord, je cours, pied gauche, pied droit, pied gauche, pied droit et je me lance. J'atterris sur l’immeuble d’en face sans problème. Je me rappelle la première fois que je l'ai fait, trois semaines auparavant, j'avais failli ne pas rattraper le toit du mur d’en face. Je prends mon élan et saute encore plusieurs immeubles avant de retrouver le goudron. Je cours sur deux rues, me guidant avec les émotions de la personne (une jeune femme, je suppose) et vois une ombre. Je me rapproche. Un homme, une femme. Il est heureux, elle veut mourir. Il aimerait que cela dure encore longtemps, elle espère qu'il a bientôt fini. Il a une main entre ses jambes et l’autre sur sa bouche pour l’empêcher de crier. Cet horrible spectacle se déroule exactement pareil toutes les nuits. Le même schéma qui se répète. Et comme chaque soir, j’attrape la main du mec avant qu'il ne passe à l'étape suivante et je la tire. Il paraît surpris et ne s’attend pas à voir quelqu'un oser l'interrompre. Je retire sa main, le prends au cou et le jette violemment sur le mur d’en face. Il se relève et me lance sur un ton de défi:
-Arrête tout de suite ! T’es qui pour faire ça ?
Ma seul réponse est un coup de poing dans sa tronche qui lui fait saigner le nez.
-Pourquoi tu ne m’écoutes pas ? Il crie la peur au ventre se demandant sûrement s’il va sortir vivant de ce combat vu la peur qu’il dégage.
- Je ne crois pas que tu l’aies écouté lorsqu'elle t'a demandé d’arrêter lui dis-je en lui mettant un coup de pied. Il s’écroule par terre, me suppliant d'arrêter.
-Si tu veux que j’arrête, excuse toi, j’ordonne.
-Jamais !
Je décide donc de lui remettre quelques coups de pieds dans le ventre. En position foetal, il ne peut plus rien faire, à part tenter de parer mes coups, ce qu'il réussit avec médiocrité. Je le relève le prenant par le cou, lui mets un coup de pied entre les jambes, et quelques poings dans le nez.
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Prisonnière
FanfictionAliénor est poursuivie par Hydra depuis qu'elle est toute petite. Entrainée, torturée, manipulée par eux, elle parcourt le monde afin de les éviter. Mais ils n'ont jamais été aussi prêts de la retrouver. La traque s'annonce difficile à subir. A moin...
