Sept jours s'étaient écoulés depuis la soirée de Betty, sept jours où Maé ne fit que penser aux bras de Kieran autour d'elle. Lorsqu'elle le voyait, elle devait freiner son envie de questionner Kieran, de lui parler. Il affichait un air grave et pensif lorsqu'il était seul, mais un air nonchalant et dépassé lorsqu'il était entouré de ses amis et de filles lui tournant autour.
Elle n'avait parlé de ce qui s'était passé à personne, même pas à Diane, qui, comme à son habitude avait remarqué un changement chez son amie beaucoup plus souvent perdue dans ses pensées que d'habitude, un regard triste souvent tourné à l'intention du garçon. Elle ne posa pas de questions à Maé, si cette dernière n'en parlait pas, était sûrement pour une raison valable.
Nous étions un vendredi, l'heure de mathématiques semblait interminable pour Maé, c'était de loin, la matière où elle avait le plus de lacunes. Elle sentit un regard fixe et lourd dans son dos, elle tourna les yeux à sa gauche et vit Kieran, les yeux droits sur elle, le visage fermé et rien ne put faire faillir son regard.
Qu'es-ce qu'il me veut ? Si il pouvait arrêter de me regarder ça m'arrangerais. Je n'arrive pas à me concentrer avec un garçon qui me fixe comme si il allait me tuer.
Elle le regarda et fit un geste du doigt pour lui dire d'arrêter de la fixer. Mais il continua, et lorsqu'elle le regarda droit dans les yeux durant quelques secondes, ses joues rougirent et Kieran eue un sourire en coin.
Raah ! Il se paie encore ma tête celui là, quelle idiote je fais à rentrer dans son jeu aussi. Ressaisis-toi.
Le cours se termina et les élèves apprirent que le professeur d'arts serait absent aujourd'hui, la joie se fit ressentir de terminer les cours à onze heures, les mathématiques étant le dernier cours de la matinée.
Les filles allèrent à la cantine, au menu, de la salade avec des œufs durs, du poisson et du riz ainsi qu'un yaourt aux fruits. Cela n'était pas le meilleur repas qu'elles avaient mangées jusqu'ici, mais c'était déjà mieux que les betteraves du jour précédent.
« - Maé ! »
Elle se retourna et vit, Stephen, le sourire au lèvre accompagné de sa bande d'amis dont Kieran.
Maé fit comme si elle ne l'avait pas entendue et sortit du self, le repas déjà finit, les filles débarrassant leurs plateaux chacune leur tour.
Stephen attrapa le bras de Maé, elle sentit tous ses membres se contracter, les mains en poings, à l'affût d'un nouveau contact physique prête à bondir.« - Qu'es ce que tu me veux ?
- Et bien... Ça te dis qu'on aille parler seul quelques minutes dehors ? » Dit il visiblement mal à l'aise.
Elle regarda en direction de ses copines qui s'interrogeaient sur qui était le garçon populaire aux airs niais. Diane fit un geste de la main et les filles prirent de l'avance afin de rejoindre l'extérieur du bâtiment. Maé accepta alors, et ils allèrent se poser sur les bancs à l'intérieur de l'établissement , juste devant les portes de l'entrée.
« - Alors, de quoi voulais-tu me parler ? Demanda Maé d'un ton emplit d'hostilité.
- Tu te rappelle de la soirée chez Betty ? Et bien, Kieran et moi sommes rentrés juste après que tu sois partie avec tes amies, mais j'avais l'impression que quelque chose clochait. Il n'a pas dit un seul mot durant deux jours et déjà avant la soirée il était perdu dans ses pensées. Puis lorsqu'il t'avait attrapé par Le Bras et que vous vous êtes retrouvés seuls, que c'est-il passé pour que je le retrouve dans cet état ?
- C'est ton ami non ? Tu n'as qu'à lui demandé, il te le dira, et il ne s'est rien passé de spécial.
Je veux penser à tout sauf à ça, je ne peux rien te dire Stephen, je cherche déjà à oublier.
- Il ne me dira rien. Il souffla. Il est assez renfermé sur lui même, et ne compte pas spécialement sur les autres. Je ne l'ai jamais vraiment vu s'ouvrir. Il ne porte d'intérêt que pour peu de chose, et ça m'a surpris, que vous vous teniez autant tête. Il n'est pas du genre taquin envers les filles, où plutôt, comme il le fait avec toi.
Ne me fait pas croire que je suis différente, il se paie ma tête, c'est tout.
- Je ne peux pas t'avancer, toi tu le connais depuis quelques années, moi seulement depuis un mois. Je ne peux pas t'aider, je ne le connais pas. C'est juste un garçon difficile à cerné qui aime jouer avec les autres.
- Il a reprit les cauchemars qu'il faisait quand on était petits... Il se gratta l'arrière de la tête et se pencha en avant. C'est très difficile de le gérer. Et ce, depuis la soirée, et je pense qu'il y a un lien avec ce qui s'est passé entre vous ce soir là.
La curiosité de Maé fut piquée, pour la première fois depuis le début de la conversation, les paroles de Stephen l'intéressait.
- Des cauchemars ?
Il hocha la tête en guise de réponse, il allait parler, mais Kieran arrivait, d'un pas décidé et Stephen se ravisa d'en rajouter.
- C'est bien trop personnel pour que j'en parle à qui que ce soit, en tout cas, soit en certaine car je le suis, ce qui s'est passé entre toi et Kieran, l'a bouleversé. »
Il se leva sur ces mots et rejoignit Kieran, qui adressa un regard noir à Maé, comme à son habitude, avant de tourner les talons et de sortir de l'établissement.
Il n'a pas l'air si boulversé que ça. Elle se leva, prit son sac et souffla. Si je pouvais au moins le cerner un peu mieux, je ne serais pas contre. Et puis d'où chope t'il cette manie de me regarder de la sorte ou de se payer ma tête ? Décidément, je ne le comprend pas.
Elle rejoignit ses amies, elles firent le trajet jusqu'au tramway ensembles, chacune se séparèrent pour prendre le bus, ou une ligne de tramway différentes.
En entrant dans le tramway, Maé sentit un regard derrière elle qui lui devenait familier. Elle se retourna et vit Kieran, assit derrière elle, les écouteurs dans les oreilles et le regard en sa direction.Qu'est ce qu'il me veut encore ?
Elle s'approcha de lui, lui enleva un écouteur et dit :
« - Bon c'est quoi ton problème encore ? Arrête de me jauger du regard j'ai l'impression d'être observée et je déteste ça ! Tu aimes tant que ça de te foutre de moi et de me fixer ? Mais sérieusement lâche moi. Va faire ça avec les filles qui te suivent toute la journée !- Que t'a dis Stephen ?
Il ne m'écoute vraiment pas, il a du culot.
- Tu ne me répond pas, je ne te répondrais pas.
- Très bien. »
Il haussa les épaules, remit ses écouteurs et fit comme si de rien ne s'était passé, laissant Maé hébétée.
C'est vraiment le mec le plus irrespectueux du monde.
« - Tu me manque de respect, fais comme si je n'existait pas, mais me provoque et me fixe. Arrête de me faire sentir importante. Je n'arrive déjà pas à oublier cette soirée. Je te déteste, Kieran. »
Et, elle sortit du tram pour rentrée chez elle. Ne sachant pas que Kieran lui, n'avait jamais redémarré sa musique, il resta stoïque, mais son esprit était en feu.
Putain, Kieran, calme toi, calme toi...
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Au chant de nos cœurs
Fiksi UmumDeux âmes, incomprises et grandissantes au fur et à mesure que le temps passe. Deux apprentis de l'amour pour qui « aimer » est un mot jamais ressenti. Les rires, les larmes, la joie, la tristesse ? La vie ? Connaissent-ils, connaissez vous, le sens...