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Le lendemain, après une nuit courte, Alice se leva lentement. La motivation s'était offerte des vacances, et la jeune femme marcha péniblement jusqu'à sa cuisine. Les yeux rouges, des valises sous les yeux, les cheveux en bataille et de la bave au coin de la bouche, elle faisait peur à voir. Malgré ça, elle tenta d'appeler Alexandre sur Skype, mais, celui-ci ne répondit évidemment pas. Elle regarda tristement la misérable rose, qui semblait attendre de mourir en paix. Un pétale était tombé.

Après une toilette rapide, Alice était redevenue éclatante, comme toujours. Ses cheveux châtains tombaient en cascade sur ses épaules et ses lunettes agrandissaient ses yeux noisette. On pouvait apercevoir un sourire provocateur qui attendait de s'étirer. Et comme tous les jours, Alice rejoignit l'hôpital avant d'exercer son job de caissière. Ce métier la répugnait, et elle s'ennuyait énormément - quoique certains clients étaient drôles - mais elle se disait, qu'elle aurait toujours pu finir serveuse dans un fast-food, à se brûler les mains avec les frites.

Elle rejoignit donc l'hôpital et trouva son frère et sa sœur, discutant devant la porte.

- Tiens, salut Alice !

- Salut les morpions.

- Alors, le célibat, toujours là ?

Juliette passait son temps à la charrier sur Alexandre. Elle et son frère étaient tous deux mariés, ils n'attendaient donc qu'une chose : que leur petite sœur, trouve sa moitié.

- Je ne suis pas célibataire !

- Cet imbécile ne t'a pas prévenue qu'il te larguait, c'est tout.

- Je t'ai parlé Steph' ? Retourne voir ta vieille chouette !

Les histoires d'amour avaient longtemps été un sujet de dispute au sein de la fratrie, si bien que cela était maintenant devenu sujet de rigolade.

- Alice...Le docteur Tomate, je crois, est venu nous parler.

- D'accord.

- Il a dit que tu ne voulais rien entendre...

- C'est faux !

- Alice, on te connait par cœur.

- Non, je vous jure !

Stéphane haussa les sourcils et souffla.

- Papi va mourir Alice. Il perd la tête un peu plus chaque jour.

Alice regarda durement son frère et sa soeur.

- Il ne mourra pas. Et allez-y, dites qu'il est fou pendant qu'on y est !

- Il est fou ! Il est persuadé que Marie est encore là ! Il m'a appelée Judite !

En entendant ces mots, la jeune femme fronça les sourcils. Elle ne pouvait pas rester là, à ne rien dire. Alors elle fit demi-tour et passa les nombreuses portes de l'hôpital, sortit et prit une bouffée d'air en dehors du lieu sordide. Elle marcha quelques minutes et décida de s'asseoir sur un banc, de sortir son téléphone portable et d'appeler sa mère.

Personne ne répondit. Pas étonnant.

- Salut Judite. Je suis à l'hôpital et je m'occupe de ton père. Il veut te voir. Ciao.

Lorsque Judite avait quitté Jérome en apprenant qu'il l'avait trompée trois mois avant leur mariage, elle avait emmené les enfants, et était devenue alcoolique. Ses enfants ne lui avaient jamais pardonné de leur avoir imposé une séparation avec leur père, et même si maintenant elle s'en voulait et qu'elle avait surmonté l'alcoolisme, ils ne voulaient rien entendre.

Quand Alice vit son frère et sa sœur sortir du bâtiment, ceux-ci ne l'avaient pas vue. Elle attendit quelques minutes, puis entra à nouveau dans l'hôpital. Elle monta au troisième étage et s'arrêta devant la chambre 302. Elle poussa la porte doucement, et entra. Son Papi dormait, alors elle s'approcha, et s'assit sur la chaise à côté du lit. La respiration de Camille se faisait lente et forte. Alice prit dans ses mains celle de son grand père et en caressa le dos avec les pouces. On aurait presque dit un désert, ses mains. Avec des dunes, et du sable qui s'envolait. Mais dans ces dunes, il y avait du sang, bleu, et à travers les tissus des veines, Alice pouvait le voir circuler. Son regard se porta sur la tête ridée du vieil homme. Des cernes bleus - également - tombaient sous ses yeux, et des rides ornaient chaque coin de son visage : Les rides du sourire, une grosse entre les sourcils, dans les coins du nez et de la bouche. Camille avait les joues creuses, et des peaux mortes un peu de partout. Et, à vrai dire, il n'était plus un bel homme, bien au contraire... Ses paupières ne portaient plus de cils , ses lèvres étaient fines, pincées, et gercées, et des taches de vieillesse assombrissaient ses joues et son front.

Il était presque onze heures, et Alice devait être au travail pour onze heure et quart. Elle embrassa son grand-père sur le front et mit fin à ce moment d'observation. Elle partit tristement de l'hôpital. Peut être que son grand père allait mourir pendant qu'elle se dirigeait vers son travail. Et puis, voulait-il se faire enterrer ou incinérer? Et qui allait s'occuper des funérailles? Sûrement pas sa mère... Enfin si elle faisait l'effort de le voir avant qu'il parte, ça serait déjà miraculeux.

Mais à quoi pensait-elle? Bien-sûr qu'il ne mourrait pas maintenant! Il ne pouvait la laisser elle et ses frères et sœurs!

Bon voilà pour ce chapitre. J'ai bien avancé dans les nouvelles, il ne me reste que les deux derniers chapitres et l'épilogue de la dernière nouvelle de ce recueil à écrire, et à publier, puis ce livre sera terminé. J'ai hâte, parce que j'ai déjà des idées d'histoires futures à écrire, mais je veux pas trop en écrire en même temps, A l'autre bout du monde (mon autre livre)demande déjà énormément de temps pour l'écriture, les recherches etc... 

Enfin bon, blabla terminé, je vais poster le dernier chapitre de cette nouvelle juste après parce que comme vous savez, lundi c'est la rentrée, et je suis pas sûre d'avoir le temps de le mettre en ligne pendant cette semaine.

 Du coup, bonne rentrée à ceux qui rentrent, et bon courage!

chapitre corrigé.

DéchéanceOù les histoires vivent. Découvrez maintenant