Cléomène regarda Sparte qui s'étendait sous ses yeux. Sa ville, depuis le début de la bataille, se faisait bombarder et réduire en cendres.
"Mon roi, nous devons bouger. Les artilleurs romains risquent de nous prendre pour cible si nous restons immobile, annonça un soldat
- Nous pouvons aider la ligne de front si vous le demandez. Nous pouvons peut-être empêcher les légions de nous contourner : ça ruinerait leur stratégie de diversion, proposa un autre combattant
-Ruiner leur stratégie me semble une bonne idée. Sans les stratèges et leurs tactiques, les romains ne valent pas grand chose, déclara le roi Cléomène, souverain de Sparte"
Le vieux guerrier enfila son casque et se dirigea vers le flanc droit ; les troupes qu'il avait missionné pour s'occuper des catapultes devaient arriver par le flanc gauche. Tandis qu'ils s'approchaient de la rue à défendre, les spartiates repérèrent un grand groupe composé d'une centaine de recrues. A la simple vue des guerriers de Sparte, les bleus prirent leurs jambes à leur cou : un garde royal n'était pas n'importe quel spartiate, un garde royal était l'un des plus puissant guerrier du monde connus, capable de s'occuper de n'importe quel adversaire, même en grand nombre. Leur armure en or brillant impressionnait toutes les personnes qui les voyait et pouvait même les terrifier.
Cléomène laissa dix de ses troupes en retrait, son sens tactique ayant repéré un piège. Le roi et ses gardes chargèrent le bouclier en premier. Cette attaque déstabilisa les recrues qui chutaient tour à tour sans mourir. Le roi continua de pousser les romains qui étaient incapable d'arrêter ces machines.
Soudain, un grondement se fit ressentir dans le dos des dix spartiates. Une troupe de cavaliers légers sortit au tournant d'une rue et fonça en direction du roi. Les cavaliers ne remarquèrent que trop tard que leurs camarades au sol étaient encore vivant, les chevaux les écrasèrent donc et certains chutèrent entre les défunts, emportant avec eux leur maître. De plus, ceux encore debout furent ralentis et les gardes restés en retrait chargèrent à leur tour, en neutralisant la plupart.
Cléomène parra la lance d'un cavalier ennemi avant d'assommer avec son bouclier un des bleus derrière lui. Il trancha ensuite la jambe d'un autre avant d'en égorger un troisième. Le sang ruisselait autour de lui et sa vision en était obstrué. Il ne frappait jamais dans le vide malgré tout ; les recrues romaines restaient toujours en supériorité numérique. Le roi et ses gardes commençaient à ressentir de la fatigue, mais aucun ne baissait sa garde. Les bleus, malgré leur grand nombre, étaient exténués et leur moral faiblissait rapidement. Très vite, ils fuirent le combat qu'ils savaient maintenant perdu. Cléomène choisit de ne pas les poursuivres et laissa ses soldats récupérer leur souffle.
Le roi repéra la ligne de front : avec leur assaut, ils étaient maintenant au milieu des lignes ennemies, qui ne se doutaient de rien. Il réorganisa ses hommes, qui s'étaient reposés, et lança une charge surprise. Les légionnaires, obnubilés par la bataille qui faisait rage, ne réalisèrent pas que leur flanc avait été percé ; ils ne tentèrent donc pas de bloquer les lames qui s'apprêtaient à séparer leur front en deux parties, ni d'endiguer la mort qui avait pénétré leurs rangs.
Les romains avaient du mal du mal à manoeuvrer dans la cohue que formait leurs troupes et au milieu, les vingts spartiates qui tranchaient leur chemin dans les ennemis privés de leurs mouvements. Après avoir fauché un bon nombre d'ennemis, le souverain de Sparte se retrouva face à une rue déserte. Il comprit donc qu'il avait enfin séparé les troupes romaines. Il donna l'ordre à ses guerriers de bloquer les renforts romains. Les gardes royaux étaient particulièrement doués pour cette tâche, grâce notamment à leur force bestiale, mais aussi leur bouclier : celui ci était plus grand et large que ceux des autres spartiates et comportait en son centre une pointe pour empaler les adversaires et les maintenir en place. Cette technique se révélait très efficace puisque les gardes furent très vite rejoint par leurs camarades.
"Merci beaucoup, dit Agis, chef d'escouade, subalterne directe de Cléomène ainsi que son bras droit. Sans votre aide, on se serait probablement fait repoussés plus loin.
- C'est normal de s'aider entre spartiates, surtout si...
- Attention ! s'exclama Agis tout en tirant vers lui son roi"
Un rocher s'écrasa tout près d'eux. Il s'agissait d'un des tirs de catapultes. Cléomène remercia son sauveur. Il regarda le trou laissé par le boulet qui a roulé plus loin ; il repéra derrière les débris Léonidas : il avait besoin d'aide !
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Les Élus De Rahtep Tome 1 : Léonidas le Spartiate
ActionEn 200 avant JC, Sparte est dos au mur : Rome et ses armées essaient de conquérir cette cité-état. Léonidas est un spartiate. Il doit défendre sa ville mais tout ne va pas se passer comme il l'avait prévu.