Chapitre 17

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C’est à ce moment que je réalisai à quel point son passé m’était jusqu’alors inconnu. Oui, il se fait surnommer le «mauvais garçon de Bradford», mais je ne savais pas que c’était aussi sérieux! Zayn a des problèmes avec cette bande de mafieux et a déjà eu affaire avec eux…

Je cliquai sur la prochaine photo afin de ne pas m’attarder. Ça aurait pu attirer des soupçons! Mais Trevor guida ma main pour que je revienne sur  cette image, et ce, de son plein gré.

- Celui-là, c’était le meilleur, soupira-t-il avec mélancolie.

- Comment ça?

- On s’est connu au coin des fumeurs quand on avait 14 ou 15 ans. On a commencé à traîner ensemble tous les jours. Je lui ai offert son premier joint aussi. Je l’ai initié à la vente. C’est moi qui lui ai tout appris, j’étais comme son mentor quoi. Je le voyais comme mon petit frère. On a rigolé, on s’est drogués, saoulés aussi. Après 2 ans d’amitié et de conneries, je lui ai offert une place privilégiée dans mon organisation.

- Qu’est-il arrivé?, interrogeais-je, intriguée.

- Ses notes ont chuté, ses parents ont commencé à l’engueuler, à le surveiller et à lui reprocher chaque erreur de comportement ou d’écart de conduite. Il s’est donc réfugié dans les cours de musique. Il est simplement venu me voir et m’a dit qu’il ne voulait plus faire partie de ce monde, qu’il en sortait, comme ça, tout simplement. Je l’ai perdu de vu à ce moment, et je ne l’ai jamais revu. Je n’ai jamais pu lui faire payer.

- J’ai entendu dire qu’il va souvent dans une boite de nuit, le Movida il me semble, dis-je en haussant les épaules.

- D’où tu sors cette information?, questionna-t-il avec suspicion.

- Un mec du lycée est venu passer un an ici il y a peut-être deux ans. C’était un fumeur donc, forcément, il a entendu les ragots du coin, répondis-je naturellement.

- Je devrais t’engager, tu semble presque en savoir plus que moi, murmura-t-il en  caressant mon cou de son nez.

- M’engager, moi?, répétais-je avec incertitude.

- Mais oui! C’est fou ce qu’une fille jolie et intelligente peut faire, rétorqua-t-il en mordillant mon lobe d’oreille. Tu pourrais le séduire, le ramener ici et…on s’occuperait du reste.

- Et qu’est-ce ça me rapporterait de draguer un mec alors que j’en ai déjà un à qui je tiens?, demandais-je en me mordant la lèvre.

- Tout ce que tu veux, Mavy, sussura-t-il au creux de mon oreille.

- Je veux que tu me parles de tes parents.

- T’es sérieuse là?, questionna-t-il, son corps se raidissant sous le mien.

- Tu ne m’en as jamais parlés après tout, et je suis ta petite-amie, murmurais-je d’une toute  petite voix.

- Mavy…, marmonna-t-il.

- S’il te plaît Trevy, pour moi?, suppliais-je en promenant mes doigts dans ses cheveux. Je séduirai ce Jay, je coucherai avec s’il le faut, mais je t’en pris, dis-moi!

- Ma mère n’était pas prête à avoir un enfant lorsqu’elle est tombée enceinte de moi. Mon père et elle avaient l’argent, il avait la maturité aussi, mais elle ne l’avait pas. Elle passait ses soirées en boites avec ses copines. Mon père est président d’une entreprise prospère, donc elle n’avait pas besoin de travailler. Tout ce qu’elle faisait, c’était s’amuser, sortir et boire. Quant elle est tombée enceinte, elle a dû renoncer à tous ses loisirs. Lorsqu’elle eut accouché, elle s’est remise à boire, mais à la maison. Mon père s’est chargé de moi durant son congé parental, mais ce n’est pas éternel. Ma grand-mère est donc venue prendre la relève. Évidemment, il y avait des jours où ma génitrice se sentait coupable de ses négligences, donc elle se reprenait en main. Sauf que ce n’était jamais permanent. Voilà pourquoi je n’ai pas voulu t’en parler, voilà pourquoi je ne t’ai jamais présenté à ma mère et voilà pourquoi ma grand-mère est si importante pour moi.

My Dreams Are Broken. (Tome 1)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant