Sulivan Gwed,
22h00.
On dirait une déclaration d'amour. Joue pas au con Gwed t'as une copine. Je suis pas un putain de récidiviste.
- J-J-Je... J'ai refais ma vie, dit-elle hésitante.
Pourquoi mon cœur vient de se briser ? Montre rien Sulivan. De toute façon toi aussi.
- Moi aussi, répondis-je simplement comme ci cela ne m'atteignait pas.
Un blanc s'installe. Super. J'ai soudainement l'envie d'aller casser la gueule à celui avec qui elle sort.
- Ton mec, dis-je en brisant le silence. Je le connais ?
Elle hoche la tête. En plus ?!
- C'est qui ? demandai-je.
- Tom.
Ne sers pas les poings. Ne sers pas les poings. Ne sers pas les poings. Ne sers pas les poings. Putain. Et c'est de ma faute encore ! Avant ma "soi-disant" mort, c'est moi qui l'ai jeté dans ses bras ! Sulivan t'es con ! ARGH !
- Ah OK, hochai-je simplement la tête.
- Et toi ? Qui est-ce ?
- Rowan.
- C'est la soeur d'Aaron non ?
- Ouais, elle ne lui parle plus.
- Ah OK.
Super ambiance. Nous sommes censés nous enlacer, nous disputer, mais non, nous restons planté comme des cons l'un devant l'autre. Trouve vite un sujet de discussion Sulivan.
- Et sinon, pour ton patron. Je peux te donner de l'argent.
- Non s'il te plaît... Je suis adulte maintenant... Je veux plus me sentir dépendante de toi. Et puis on est plus ensemble maintenant.
- Et alors ? Aubrey je vais pas supporter le fait que la mère de ma fille se fait harceler sexuellement à son boulot.
- J'ai besoin de ce job.
- T'as pas besoin de ce job, mais d'argent. Et puis vu qu'on est plus ensemble, je te dois des pensions alimentaires non ?
Elle se mord la joue. Et toc. Sulivan Gwed a toujours le dernier mot.
- Je te la verserai demain en main propre. Et je voudrais voir Angel aussi, exigeai-je.
- Très bien. Je te donne rendez-vous à Créteil au bar...
- Où ça ? la coupai-je en fronçant les sourcils.
- À Créteil, dans le Val-de-Marne.
- C'est où ?
- Banlieue Parisienne, répond-t-elle simplement.
- C'est pas là où un lycéen a braqué sa professeure ? dis-je alors que mon cœur rate un battement. Oh putain me dis pas que t'habites dans une cité.
Mon bébé et sa mère vivent dans une cité alors que je suis blindé de thune. Hors de question que je laisse passer ça.
- Non, mais à côté, répond-t-elle.
- Quoi ?! Ma fille vit dans une cité alors que je suis richissime ?!
- On habite pas dans une cité Sulivan, puis tu verras demain, on passera devant notre appart. Et puis qu'est-ce que tu fais à Paris toi déjà ?
- Je viens d'emménager ici.
- Dans le 16ème ?
- Ouais.
- Ça m'étonne pas. T'as toujours tes voitures tape à l'œil ?
- Tu sais que j'adore ça, dis-je le sourire aux lèvres.
Elle sourit avant de rougir. Ça aussi ça m'avait manqué.
- J'arrive pas à croire que je suis en train de te parler, dit-elle avant d'entremêler ses doigts.
- Pourtant je suis là.
J'ai envie de la prendre dans mes bras et ne plus jamais la lâcher. Je sais que j'ai une copine mais Aubrey, elle, je la considérais autrefois comme ma femme.
Je m'avance vers la mère de ma fille et la pris dans mes bras, elle me répond en me serrant fort contre elle. Je suis fou de ça. Ses cheveux sont un peu plus longs qu'avant, plus soyeux. Et son corps... Mon Dieu son corps, bizarrement Stéphane est au garde à vous sans problème là.
