Sulivan Gwed,
11h17.
- Papa !
Je fus réveillé par ma fille, qui vient de me sauter dessus dans mon lit bien aimé. Je me demande pourquoi j'ai à peine eu mal au ventre. Mais c'est une bonne nouvelle.
- Ma fille, dis-je.
Elle me fait un câlin avant de s'asseoir à côté de mon torse. Elle porte une jolie robe rose et ses cheveux sont lisses et détachés. Elle est magnifique. Non, vraiment, je le répéterai jamais assez. Il faut que toute la Terre soit au courant de sa beauté.
- C'est maman qui a acheté cette robe ?
- Oui. Elle est jolie non ?
- C'est toi qui la rend jolie. Fais bisou, dis-je en lui tendant mes lèvres.
Elle dépose plusieurs petits baisers sur mes lèvres. Et je viens entourer son petit corps de mes bras pour lui faire un câlin. Ma princesse. Je mitraille sa petite bouche de bisous et elle rit de plus belle. Mon bébé. À moi.
- Je t'aime papa, dit ma fille en posant ses mains sur mes joues.
- Moi aussi je t'aime Angel.
Ma fille, ma fierté. Je meurs pour elle, rien que pour son sourire. Et mon Dieu ses yeux... Les mêmes qui m'ont fait tomber pour madame Cooper. Jamais j'aurai cru dépendre d'un être humain à ce point, vraiment. L'amour qu'on porte à son enfant est putain d'inexplicable. Aubrey appelle Angel dans l'appartement et elle fit la moue. Je ris.
- Viens, dis-je à Angel.
Je lui fais une place à côté de moi pour qu'elle vienne s'allonger et se caler contre moi. Je rabats la couverture sur nous deux avant de l'entourer de mon bras. Elle rit de la situation quand elle entend sa mère venir dans la chambre.
- Chut, chuchotai-je le sourire aux lèvres.
J'entends Aubrey s'arrêter net à l'encadrement de la porte. Moi et ma fille faisons semblant de dormir. Et je sais pertinemment à cet instant que maman Cooper est en train de sourire. Je dois avouer qu'on doit être plutôt mignons en effet. Elle s'approche de nous et je viens déposer un baiser dans le cou d'Angel, ce qui la fait rire. Grillés.
- Je savais que vous dormiez pas vous deux, dit Aubrey.
Je me retourne dos au lit et Angel vient poser sa petite tête contre mes pectoraux. J'ai bien fait gaffe à ne pas lui montrer l'état de mon ventre. J'ai pas envie de la traumatiser. Pauvre bébé. Aubrey vient s'asseoir à mes pieds avec une photo dans les mains.
- Qu'est-ce que c'est ? demandai-je.
- C'est une photo que je viens de retrouver.
Je lui fais signe de venir s'allonger à côté de moi pour avoir les deux femmes de ma vie à mes côtés. Elle me tend la photo et je suis pris d'une émotivité assez remarquable. J'y peux rien, j'ai six planètes en cancer. Vous savez ce que ça fait ? Non. Donc, pas de commentaire sur ma sensibilité.
- Angel, t'avais quelques jours sur cette photo, dit Aubrey.
Elle était en train de dormir sur mon torse, ma main sur son dos. On était tout les deux en train de dormir en fait. L'époque où il me manquait une case. Un vrai détraqué mental. Ça me fait mal de voir cette photo, beaucoup trop de souvenir à éradiquer de nos mémoires. À moi et à la femme de ma vie. J'étais loin d'être un père idéal. Même si j'étais complètement fou d'Angel et que j'avais ce besoin constant d'être avec elle. J'étais pas bien du tout.
- Tu t'en souviens ? demandai-je à Angel en lui tendant la photo.
- Non, répond-t-elle en prenant la photo.
Heureusement. Imaginez une seule seconde si elle gardait le moindre souvenir de ce que j'étais avant. Elle oserait pas m'appeler papa, me regarder dans les yeux, ni même me voir je pense. Ça me briserai le cœur.
