J'ouvre les yeux... et les referme tout de suite.
-NON! PAS MERCURE!!!
C'est moi qui vient de hurler? Je ne reconnais plus ma voix... Elle est rauque, étrange... Je suis où là en fait?
-Mademoiselle, calmez vous.
-Hein?
J'ouvre les yeux. C'est qui lui? Il est habillé en bleu foncé.
-J'aime bien le bleu. Dis-je d'une voix somnolente. Vous venez de mercure monsieur?
Une minute... C'est pas un monsieur c'est une dame. Et elle est habillée en agent de police. Je m'affole d'un coup. Que fait un agent de police devant moi?!
Je me lève et regarde partout autour de moi. J'entends à peine la voix de la policière qui me dit de me calmer, je ne veux plus l'écouter, je ne veux plus qu'elle soit là. Une omniprésence.
Mes parents. Le conducteur de tracteur. Où sont-ils?-Mademoiselle...
C'est quoi cet endroit? C'est quoi les délires que j'ai eu avec Mercure? Et le carnet de mon grand père? Pire, la mort qui est sur moi! Je ne peux parler de ça à personne, ils vont me prendre pour une folle... Calme toi, réfléchis...
-Madame?
-Oui?
Je la regarde attentivement. Elle a de grand yeux bleus et des cheveux roux coupés jusqu'aux épaules. Elle a des joues roses et rebondies, un nez et une tête ronde. Un air calme et rassurant.
-Je... Qu'est ce que je fais là?
Elle fronce les sourcils.
-Vous ne vous souvenez pas?
Encore? J'en ai marre! C'est pas de ma faute toutes ces amnésies! Il faut que j'aille voir un psy, un médecin, avant que ça empire. Je n'étais pas du tout dans mon état habituel avec le tracteur et les champs de maïs!
Puis je me souviens qu'il faut que je réponde à la dame.-Je ne me souviens pas comment je suis arrivée au milieu de la route alors comment voulez vous que je me souvienne de comment je suis arrivée... Ici? Dis je sèchement.
Pourquoi est ce qu'elle a un air si contrarié? J'ai fait quoi? Pourquoi est ce que j'ai l'impression que pleins de gens m'observent?
La policière se racle la gorge avant de parler.
-Mademoiselle... Vous avez agressé un homme dans son tracteur.
Mon souffle. Je ne respire plus. Respire. Respire. Je respire.
-Mademoiselle, j'ai besoin que vous m'expliquiez exactement ce qu'il s'est passé.
Quoi? Non, je suis juste folle.
À quoi bon essayer de comprendre une folle?-Non. Vous ne pouvez pas. C'est trop insensé! Laissez moi voir un médecin, c'est pas à un agent de police que j'ai besoin de parler!
-Vous n'êtes pas là pour parler de vos problèmes! Vous avez agressé un homme!
Ça en est trop. Comment vais-je sortir de là si personne ne se soucie de moi?
-Et alors?! Crie-je, plus en colère que je ne l'ai jamais été. Vous pensez que les méchants sont méchants parce qu'ils sont méchants?! Je ne suis pas une psychopathe, je souffre, je n'en peux plus et je ne comprend rien!!! Laissez moi espèce de sale égoïste, j'ai la mort sur moi et j'ai pas envie qu'elle me tue comme mon grand père... Et... Et... Je me suis retrouvée sur une route... Le maïs... Mercure...
-Asseyez vous et respirez!
Respirer? Je ne fais que ça. Beaucoup trop fort d'ailleurs. Il m'arrive quoi? Je deviens folle?!
-Je... Ne sens plus mon corps...
Elle essaie de me sourire.
-C'est normal. Asseyez vous. Ça s'appelle une déréalisation, c'est parce que vous faites une crise d'angoisse. Calmez vous. Respirez, c'est la clé.
-Vous... Vous y connaissez en... Psychologie?
-Non, mais je suis une grande stressée. Me dit-elle avec un clin d'œil.
Puis, comme si elle se rappelait qu'il ne faut pas papoter avec des soit-disant agresseurs de conducteurs de tracteur, elle se redresse et affiche un visage sévère.
Au bout de plusieurs minutes, après avoir beaucoup pleuré et m'être dit que ce truc allait m'achever, je me calme enfin.
J'ai une question à lui poser.
Même deux.-Comment vous appelez vous?
-Je suis l'agent Reyz. Et vous?
-Pourquoi me vouvoyez vous?
-Parce que je n'aime pas tutoyer quand je ne connais pas, même les enfants.
-D'accord... Je m'appelle Léa.
-Très bien Léa, je vais être plus douce avec toi.
Je hoche la tête.
-Tu veux que je t'explique ce qui s'est passé? Me demande-t-elle.
Enfin! On se soucie enfin des amnésiques!
Elle commence à raconter. C'est le récit du conducteur, elle dit qu'il n'a qu'une jambe de cassée et saigne du nez. Moi je trouve ça énorme! Comment ai-je pu faire ça? Puis elle me dit que je serais montée dans le tracteur, le conducteur m'aurait demandé mon adresse et comme réponse je me serais mise à le frapper violemment. Puis une voiture de police qui passait par là par pur hasard m'a arrêtée et je ne me serais plus mise à parler avant que je hurle "NON! PAS MERCURE!!!".
-C'est impossible. Dis-je. Je me suis évanouie.
-Pourquoi dis-tu ça?
-Je ne me souviens plus de rien, sauf du sol se rapprochant de moi quand je suis montée dans le tracteur.
-Étrange...
Et j'ai vraiment frappé quelqu'un? J'ai du mal à y croire...
-Madame heu...Reyz! Madame Reyz, est ce que je peux voir le conducteur? J'ai du mal à réaliser et je voudrais m'excuser.
Elle semble gênée. Comme si elle me cachait quelque chose.
-N... Non désolée. Il ne désire voir personne.
-Ah... Et je peux voir mes parents alors?
-Oui. Tout de suite mais je dois juste t'avertir...
-De quoi?
-Ne rentre pas chez ton grand père après. Tu vas à l'hôpital psychiatrique.

VOUS LISEZ
Histoires De Minuit
HorrorDans la maison qui appartenait à son grand père mort quelques jours plus tôt, Léa est venue ici pour deux jours. Mais le séjour risque de se prolonger. Léa va t-elle résister à la folie? Va t-elle trouver la fin de l'énigme? Mais surtout, comment di...