Chapitre n°12- Resserrer les rangs.

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Comme prévu, à peine j'eus mon petit frère dans mon champs de vision, que la réalité me revenait dans la gueule. Il était entrain de phaser face à une fenêtre, l'air complètement absent. Je croisai le regard de Raphaël. Il serrait la main de Ken.

- Merci d'avoir pris soin d'elle.

- C'est mon boulot ça.

Une scène irréaliste se déroulait sous mes yeux, mes deux ex se trouvaient dans la même pièce et ne se jetaient pas l'un sur l'autre. Ken avait parlé sans défi, il essayait pas de faire passer un message à Raph. Je m'attardai pas plus que ça sur ça et allait m'agenouiller en face de Louis. Son visage était livide, ses yeux vitreux.

- Mon chat ?

Ses prunelles rencontrèrent les miennes.

- T'étais où ?

Surprise par sa question, je ne répondit pas de suite.

- T'étais où quand j'avais besoin de toi ? Hein ?

Je me ressaisit vite.

- Je ne sais pas ce que tu as pu vivre cette nuit, je ne saurais probablement jamais ce que tu as vécu, mais il y a un temps pour tout. Tu auras tout le temps de m'en vouloir plus tard, mais pour l'instant, laisse moi être là.

Il parut analyser ce que je lui disait avant de prendre une grande inspiration et de finalement enfoncer sa tête dans le creux de mon épaule.

- Elle est partie Julietta, dit-il dans un sanglot.

- Mais qui est partie Louis ?

- Victoria... je ne la verrais plus jamais...

Il releva la tête et moi je fronçais les sourcils, je ne savais même pas qu'il était encore en couple avec elle. Il reprit.

- Je... je devais la rejoindre dans cette brasserie, j'étais en retard... je ... si seulement j'avais été là ...

- Non Louis, le coupais-je, il est hors de question que tu te dise ça. Ça n'aurais rien changé si tu avais été à l'heure, tu serais mort avec elle c'est tout. C'est très dur je sais, mais ne culpabilise pas pour ton retard, c'est pas à toi qu'il faut en vouloir, c'est à ses monstres complètement dépourvus d'humanité.

Louis n'arrêtait pas de sangloter et j'avais vraiment du mal à le raisonner. En même temps, comment être capable de relativiser dans une situation pareille ?

Il n'avait pas dormi de la nuit alors je décidai que c'était temps de rentrer chez moi. Je laissai Louis un instant avant d'aller retrouver les garçons. En arrivant dans l'entrée où je les avait laissé je constatai qu'il n'y avait plus que Raphaël.

- Ken est parti ?

- Oui, il avait des gens à aller voir d'après ce que j'ai compris.

- D'accord... hum je vais ramener Louis chez moi, il est temps.

- Il t'a parlé ?

- Pas trop, c'est très confus, j'ai l'impression qu'il est toujours sous le choc. Qu'est-ce qui s'est passé exactement ?

Il souffla un coup avant de s'adosser contre le mur et de croiser ses bras sur son torse.

- Il voulait venir à Paris pour rejoindre sa copine, il m'a dit que ses parents étaient d'accord alors j'ai accepté quand il m'a demandé s'il pouvait venir ici. J'avais mes trucs à faire alors je les ait laissé s'occuper de leur côté... et ... il est arrivé à peine quelques minutes après la fusillade, il a tout vu Julietta. Tout. Quand je suis allé le récupérer, il avait victoria inanimée dans les bras, il refusait de la laisser, ça n'a pas été facile.

J'avais porté une main à ma bouche au fil de son discours. J'étais loin d'imaginée l'horreur dont à été témoin mon petit frère, et en même temps j'étais sans mots. Comment poser des mots sur ça ? Sur une cruauté pareille ? Je me rendais bien compte que c'était réel, mais d'un autre côté, j'arrivais pas à réaliser.

- Écoute, je pense que tu devrais le ramener à Bordeaux. C'est pas bon ici, l'ambiance qui règne est mauvaise pour lui, et pour tout le monde d'ailleurs.

- Merci... merci Raphaël d'avoir pris soin de lui, vraiment, j'imagine même pas s'il avait été complètement seul...

Probablement mal à l'aise avec les larmes qui roulaient sur mes joues, il tenta une accolade. Il était maladroit, mais je ne lui en tenait pas rigueur, on ne s'était pas reparlé et encore moins revu depuis que je l'avais quitté pour rejoindre Ken. On sait tout les deux où ça nous a mené...

On parti en silence de chez Raph, et le trajet se fit en silence également. La ville était au ralenti, les rues étaient très silencieuses mais également bruyantes, c'était très étrange. On arriva vite chez moi, j'habitait pas loin de chez Raphaël. À peine nous étions arrivés dans l'appartement que Louis prit congé pour aller se coucher. Je m'inquiétait beaucoup pour lui, et j'avais pas idée ce qu'allait nous couter son processus de guérison. J'appelai finalement ma mère.

- Allô ?

- Oui maman, j'ai Louis avec moi.

- Oh mon Dieu, passe le moi s'il te plaît.

- Il dort, je lui demanderai de te rappeler quand il se réveillera.

- Ah... d'accord.

- Il va pas bien maman, je suis très inquiète. Je pense que le laisser rester avec moi à Paris n'est pas une bonne idée, il faut qu'il prenne l'air.

- Je suis d'accord et c'est déjà tout prévu, il va partir à Londres chez son père pendant quelques semaines.

- Bien. Je pense que c'est une bonne idée. Quand ?

- Dès que possible, à vrai dire j'espérais qu'il serait déjà dans l'avion.

- Après la nuit qu'il a passé, je préfère le laisser dormir. J'affrète un jet dès qu'il se réveille et je le conduirais à l'aéroport moi-même.

- Merci Julietta, et tu remerciera Raphaël aussi s'il te plaît.

- C'est déjà fait, soufflais-je.

- Tiens-moi au courant, bisous ma chérie.

- Bisous maman.

Je raccrochai et me laissai tomber sur le canapé. J'envoyai quand même un texto à Ken, je n'avais pas pu lui dire au revoir.

« Merci pour avoir été présent quand j'en ai eu besoin, merci de toujours être là pour moi malgré tout. Et merci également d'avoir gardé ton calme devant Raphaël, j'imagine que ça n'a pas été facile. Donne-moi de tes nouvelles dans les jours à venir. »

J'envoyai le message et allai directement dans la salle de bain en semant mes vêtements, un bain chaud me paraissait comme la seule chose réconfortante que j'avais à ma disposition. À peine sortie du bain, j'allai m'assoir devant la télé en mettant la chaine des infos. Je restai là, à attendre que l'analyse des évènements de la veille tombe. Aussi patiemment que possible.

Incompatibles - TOME 2Des histoires addictives. Découvrez maintenant