Je me réveillai, suffoquant à cause de la chaleur. Je mis un instant avant de me rappeler pourquoi je me sentais aussi étouffée. Les bras de Ken enroulaient fermement ma taille, il se tenait derrière moi et je sentais son souffle dans ma nuque. Ju, qu'est-ce que tu as encore fait ?
Je me figeai un instant, tentant de déterminer si je devais me sauver comme une sauvage ou alors si je devais profiter de ce moment de calme et de tendresse. J'hésitai un moment avant d'opter pour la seconde option.
Je voulus me retourner, mais craignant de le réveiller, je m'abstins. Privée de son visage, je me contentais de son odeur. La nuit d'hier n'avait pas été de tout repos, après le bref moment de la salle de bain, Ken et moi nous étions disputés fortement, toujours à propos du même sujet. Puis dans un excès de colère je me rappelle lui avoir donné une gifle. C'était la deuxième fois que j'avais un tel geste envers lui, et cela m'horrifiait. Je ne suis tellement pas quelqu'un de violent que pour le coup, je comprends pas ce qu'il m'a pris. Toute cette dispute est devenue floue durant la nuit, mais le geste était parti pour une phrase tellement déplacée, que même à 80 ans je pense que je m'en rappèlerais.
« Si c'était à refaire, je le referais »
Voilà ce qui m'avait piqué à vif. Malgré le fait que cela faisait une demie heure que nous nous lancions des atrocités en pleine face, c'est cette phrase qui m'a faite vriller. Après ça, tout y est passé. Les critiques sur le physique, sur le rap, sur nos égos respectifs, sur la bande de potes. Seule la famille n'y était pas passée, comme quoi il nous restait tout de même un peu de respect.
Pourquoi suis-je restée, me direz-vous. Eh bien, parce que je l'aime cet abruti fini.
Après les « tu me dégoûtes », « je te hais à en crever » et les « tu es la pire chose qui me sois arrivé dans la vie », il y a eu les mots qu'autrefois nous nous interdisions de prononcer.
« Je t'aime ».
Je crois bien que c'est lui qui a osé le dire en premier. Enfin, dans la soirée, car moi j'avais déjà avoué l'inavouable il y a quelques mois de ça, au téléphone quand j'étais à Bali.
Sur ces petits mots, on s'est tous deux effondré en larmes. Comment avions-nous pu gâcher une telle chose ?
C'est ainsi, que pour la première fois depuis des mois, nous nous étions parlé, pour de vrai.
Flashback.
Je me grattais discrètement l'avant-bras, les épaules recroquevillées après cette joute verbale poussée à l'extrême que nous venions d'avoir lui et moi. L'aveu de son amour pour moi raisonnait dans ma tête. La signification du fait qu'il avait prononcé ces mots à voix haute, elle aussi raisonnait dans ma tête.
- Réponds-moi quelque chose.
- Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Tu sais déjà tout.
- Non, Julietta, je te comprends pas. Jte comprends plus.
- Fallait y penser avant de tout foutre en l'air.
- On se répète là, change de registre.
Il s'approcha de moi pour interrompre mon geste, je me grattais si fort que le sang était remonté à la surface de ma peau.
- Depuis quand tu as des tocs ?
Autrefois, je lui aurait caché la vérité pour ne pas lui faire de la peine, mais ça c'était avant. Et puis niveau peine, je crois qu'on avait déjà dépassé les bornes lui et moi.
- J'en ai pas, enfaite c'est un geste que j'avais commencé à faire quand j'étais encore mariée avec Dimitri. À chaque fois que je sentais que j'allais prendre cher, je ne pouvais pas m'en empêcher, j'évacuais comme ça.
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Incompatibles - TOME 2
FanfictionDes mois sont passés depuis la séparation de Ken et Julietta. Chacun vit sa vie et ne regarde pas en arrière. Enfin, c'est ce qu'ils essaient de faire croire ... Lui pense qu'elle l'a oublié, qu'elle ne reviendra jamais. Elle, croit savoir qu'il es...
