Chapitre n°32- Parlons.

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Point de vue de Julietta

En sortant de mon immeuble ce matin, j'avais croisé Sasha qui était parti courir. Son comportement était bizarre, il me cache quelque chose, c'est sûr. J'aurais voulu l'harceler un peu pour qu'il finisse par cracher le morceau mais je devais rejoindre Louis pour le petit déjeuner, au Meurice.

Il n'était pas rentré avec Ken et moi après la soirée. Comment l'ai-je laissé faire me direz-vous ? Ken m'a convaincu. Ouais il m'a convaincu pour ensuite ne même pas rester avec moi.

 Ouais il m'a convaincu pour ensuite ne même pas rester avec moi

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Comme à mon habitude, j'étais en retard. J'espérais alors que Louis était dans son bon jour, sinon j'allais en prendre pour mon grade. En même temps Julietta, une demie heure de retard ça fou les boules. Je poussais les porte, me dirigeais vers la salle, un serveur m'amena à ma table. J'aurais pu dire que Louis était de dos, mais ce n'était pas lui. Je reconnaitrais ces cheveux à milles lieux, même sous une casquette.

- Ken ? Qu'est-ce que tu fais là ?

- Je suis désolée pour hier soir, j'ai été con, dit-il en se levant.

Arrivé à ma hauteur, il me prit dans ses bras. Et moi je n'y comprenais plus rien.

- Tu as eu une illumination dans la nuit ou quoi, lui demandais-je en m'asseyant.

Il se racla la gorge.

- Ouais, on peut dire ça.

- Bon.

J'étais froide et distante malgré moi, je n'avais pas encore digéré la dispute de la veille. Ou alors c'était la vision de mon mec entouré d'une tonne de nana. J'arrive pas à me décider.

- Je pense qu'il est temps qu'on parle toi et moi.

- Tu as toute mon attention.

Il allait dire quelque chose mais nous fûmes interrompu par le serveur. Je commençais tout un tas de chose à manger, je connaissais parfaitement cet endroit et même si j'en voulais à Ken, je voulais qu'il goute aux meilleures choses.

- De quoi tu veux qu'on parle, repris-je.

- J'ai toute une liste de sujets.

- Fais-moi le sommaire alors.

- On pourrait peut-être commencé par la vie que tu as mené loin de moi, toujours dans le même sujet on va pouvoir aborder celui de ton ex-mari et on pourrait finir par tes problèmes alimentaires. Je suis ouvert à toute recommandation, on peut même parler de mon infidélité si tu le souhaite.

Ah effectivement, il ne plaisantait pas quand il disait qu'on devait parler. T'es dans la merde Jules.

- C'est mon procès aujourd'hui? Moi qui pensais que tu tenais plutôt à t'excuser, dis-je d'un ton relativement insolent.

- Non ce n'est pas ton procès mais il est temps qu'on aborde ce genre de chose princesse, toi et moi on est très fort pour éviter les sujets sensibles, mais c'est pas en les évitants qu'on va s'en sortir.

Je déglutis. Il a raison. Il était temps d'agir comme des adultes, mais je n'étais pas prête à lui montrer certains aspects de ma vie, surtout les points aussi douloureux. Laisser quelqu'un rentrer dans sa douleur, c'est le laisser rentrer en nous, ne plus avoir d'intimité. Je me tus le temps que le serveur finisse de nous amener le véritable festin que j'avais commandé... même si bizarrement je n'avais plus de tout faim.

- Et bien alors je t'ai déjà dis que j'avais profité de mon absence pour faire de l'humanitaire mais il est vrai que j'ai pas mal voyagé, je ne restais quasiment jamais plus de deux semaines au même endroit. Sauf pour Bali, j'y suis allé quasiment 1 mois. D'ailleurs j'y ai acheté une maison. Magnifique, je t'y amènerais.

- Hum, fit-il pour me démontrais qu'il était attentif.

- Ensuite pour Dimitri, je vois pas ce qu'il y a à dire, j'ai divorcé et avec les papiers que je lui avait dérobé, les autorités Russes l'ont enfermés. Pour mes problèmes alimentaires c'est vrai qu'à L-A j'avais un peu maigrit mais regarde depuis que je suis rentrée je ne cesse de prendre du poids !

- Ok, t'as finis ?

- Oui. Tu n'as pas l'air satisfait.

- Je savais pas que j'étais amoureux d'une menteuse.

- Je ne mens pas.

- Alors petit « a », tu ne me feras pas croire que c'est ton gout du voyage qui t'as poussé à déménager toutes les deux semaines pendant quasiment 6 mois. Petit « b », je sais de source sûre que non, Dimitri n'est pas derrière les barreaux. Et pour fini, petit « c », tu vas me montrer les photos que je sais que tu as de la période où on était séparé.

Je sentais mes yeux s'humidifier. Ça y est, c'est la fin des haricots.

- Comment... mais comment...

Je bredouillais comme une adolescente que ses parents venaient de surprendre à faire le mur.

- Certe j'aurais préféré que cela vienne de toi, mais oui, je sais tout.

Je fondit en larme. Il commença à se lever, probablement pour essayer de venir me réconforter, je l'arrêta.

- Non, j'ai juste besoin d'aller me rafraichir aux toilettes des dames. Je te conseille de gouter le sauté de Homard en attendant, il est excellent.

C'est la tête haute que je rejoignais les toilettes avant de m'y effondrer. Tous ces sujets sont typiquement les côtés que je ne voulais jamais que Ken voit de moi. Ces sont des choses détestables.

Vous me direz que c'est ridicule, mais oui, j'avais peur qu'il cesse de m'aimer à la seconde où il apprendrait tout. Qui veut d'une meuf qui se traine autant de boulets derrière elle ? Je vais vous épargner la prise de tête : absolument per-sonne.

Mais là, il n'y avait aucun échappatoire possible.

Je rassemblais mes idées. Bon, en relativisant, au moins si ça doit être la fin, j'aurais profité de cet homme un petit moment, j'aurais eu la chance de le connaitre.

Je rejoignis le lavabo, pour me rafraichir un peu, je tapotais mes joues avec de l'eau fraîche. Je tirais sur mes cheveux pour les mettre en place. Parfois mes cheveux longs me manquent... mais j'aime les avoir court, c'est des cheveux, ça repousse.

Je soufflai un bon coup, et je passai le pas de la porte. Je marchais lentement, je l'observais. Il me fixait aussi. La profondeur des yeux de Ken, voilà la première chose qui m'a fait ressentir des papillons dans le ventre. Arrivée à sa hauteur je me penchais pour l'embrasser, je passais rapidement mes mains sur son visage les yeux clos, comme j'ai l'habitude de faire.

- Ok, je suis prête.

Incompatibles - TOME 2Où les histoires vivent. Découvrez maintenant