TITRE XIII

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Je suis devant la télé mais je la regarde sans la voir. La situation avec Marie me rend vraiment triste. Alors c'est ça la douleur d'une mère? Le pauvre.... le seul enfant qu'il n'a jamais eu dans sa vie s'en va sans avoir rien accompli et avec une vie de  maladie. Peut-être que c'était mieux ainsi pour eux qu'il s'en aille.
Je suis assise les pieds repliés sur ma poitrine. J'ai prié toute la journée pour eux et je ne comprend toujours pas pourquoi ça m'affecte autant alors que je ne les connais même pas. Mais imaginer ce petit garçon partir comme ça d'un coup alors qu'il s'est tellement battu , et ses parents avec lui, ça ne doit pas être évident. Et la pauvre Marie.... avec son âge avancé, son coeur pourrait lâcher à tout moment.

Pffffffffff! Je vais me rendre malade. Je dois arrêter de penser à ça. J'espère juste qu'elle ira là bas saine et sauve.
Dans la journée, j'ai appelé mes parents et mes copines. Mais je n'ai parlé qu'à mes copines de cette histoire. Et pour le fait qu'entre Marc-Antoine et moi c'est un peu compliqué... je leur en parlerais certainement plus tard. J'ai essayé d'appeler Ibrahim aussi mais il n'a pas répondu. Il doit être super occupé. Pour l'instant, il est 20h30 quand j'entend une voiture dans l'allée. Sûrement c'est lui qui rentre. La porte d'entrée s'ouvre juste après mais il semble surpris de me voir, comme s'il a oublié que je suis là. Super.....

                                    Lui
Ah.... tu es toujours là.

                                     Moi
Je suis censée comprendre quoi au travers de cette phrase?

                                    Lui
Ce que tu veux.

Il monte les escaliers pour se changer. Je commence à être habituée à sa froideur et son hostilité ne m'affecte pas plus que la piqûre d'un moustique. Seulement, je veux comprendre la raison de toute cette colère vis-à-vis de moi et je crois que Ibrahim en est l'une d'elle mais toutefois, pas la seule.
Il descend quelques minutes plus tard avec un short et un polo. Je suis toujours assise dans la même position. Il prend juste la télécommande près de moi puis va s'asseoir sur le divan de l'autre côté. Je ne me démonte pas. Je dois lui parler.

                                    Moi
Tu as faim? Tu veux que je te serve quelque chose à manger?

Il me regarde, de marbre.

                                   Lui
Quoi! Ton plan de m'empoisonner ce matin n'a pas marché et tu veux réessayer une nouvelle fois?

                                   Moi
C'est de ta faute. Si tu agissais moins comme un dictateur, j'aurais plus envie de faire tout ce que tu me demandes avec amour. Excuse-moi mais tu l'as bien mérité.

                                    Lui
Tu oses me rejeter la faute alors que c'est toi qui a essayé de me tuer?

                                   Moi
Ah didon! C'est pour un peu de poussière de fées et de l'eau de mer que tu te mets dans cet état?

                                    Lui
Ah d'accord. Si ce n'est que ça, cela signifie que tu l'as terminée cette omelette. N'est-ce-pas?

Ihiiii! Parle encore. Réponds maintenant. Au lieu de rester tranquille et fermer ta bouche, tu veux argumenter. C'est bon.
Je suis restée silencieuse. Il a compris.

                                   Lui
Ah.... je me disais bien aussi.

Il y a un grand silence qui s'installe, seulement interrompu de temps en temps par les bruits de la télé. Je dois m'excuser.

CONTRASTE Où les histoires vivent. Découvrez maintenant