TITRE VI

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Après la visite de mes copines, je passe désormais mes journées à la maison. Parfois on sort toutes les quatre pour manger ou juste se balader, ou je vais en weekend chez mes tantes et je rentre. Marc-Antoine m'appelle tous les soirs quand il rentre du boulot et on arrive à converser comme deux amis malgré sa distance que je n'explique toujours pas. Mes parents m'ont fait comprendre que c'était juste une proposition et qu'ils seraient heureux que je puisse avoir plus de chance et d'opportunités parce qu'il n'y a rien ici. Je les comprends parfaitement.

Plusieurs semaines sont passées depuis mon examen. Mes soeurs ont aussi fait les leurs et maintenant, on attend plus que les résultats. Au fond de moi, je ne suis plus sûre de vouloir qu'ils sortent en fait... car après je partirais et ce sera dur à supporter les premières fois. Nous sommes en fin Juillet et les rumeurs courent que les résultats du Bac sont sortis. Mais bon.... vous connaissez les élèves, toujours à dire n'importe quoi lorsqu'ils sont stressés. Mais néanmoins , à chaque fois que je recevais un message du genre, je paniquais. Puis, enfin il semble que la rumeur soit vraie et que les résultats soient bel et bien sortis.
Je suis assise à la véranda en train de lire un livre hyper intéressant , quand Aicha m'envoie un message.

Aicha : les résultats sont sortis. J'ai eu et toi?

J'ai failli jeter mon portable au sol. Ça y est, je manque d'air. Diara et Fatima m'en envoient aussi et elles ont réussi. Hum! Il ne reste plus que moi. Vous connaissez la théorie qui dit que dans un groupe d'amies, lors des résultats des examens il y en a toujours une qui reste derrière? Eh bien, peut être ce sera moi hein? La dernière a toujours la poisse. J'envoie un message à Aicha.

Moi : attend je t'envoie mon matricule, tu regardes pardon. Moi j'ai trop peur.

Aicha : Mdrrrr chochotte

Je sourit. Je lui envoie mon matricule et j'attends. Je reprend mon livre pour continuer ma lecture mais rien à faire, je ne vois que des feuilles vierges. Je le referme et je commence à marcher partout comme une folle. 30 minutes sont passées. Mais pourquoi ça prend autant de temps? Je m'arrête net. J'ai échoué, c'est sûr! Et l'autre ,elle ne veut pas me le dire. Puis mon téléphone émet un petit bip. C'est un message de Aicha. Hum! Je vais aller chercher un matelas, faut pas que je tombe évanouie sur le sable. Je prend mon téléphone au ralenti et j'ouvre le message. Je ferme directement les yeux après. Bon, courage. Un, deux, trois. J'ouvre les yeux et j'ai. ... j'ai.... j'ai eu. Oh putains! L'effet que ça fait. Je reçois un autre message.

Aicha : tu as eu peur hein?

Je ris comme une débile seule à la véranda. Ma mère sort et se tient devant moi.

Elle
Ça t'arrive souvent?

Moi
Laisse seulement maa. Je viens d'apprendre que j'ai eu le Bac.

Elle me sort les yeux puis se jette sur moi. Ma mère est tellement frêle que quand on est toutes les deux, on croit que je suis sa grande soeur. Elle me serre dans ses bras à m'étouffer.

Elle
Wèèèèèèè ma fille! Mes félicitations! Je suis tellement fière de toi. Tu vas à l'université.

Moi
Oui mais si tu continues à me serrer comme ça, je n'aurais plus rien à emmener là bas.

Elle me lâche et va dans la maison puis, comme toute bonne femme duala, elle répand immédiatement la nouvelle.
Je suis très contente aussi, je vais enfin enlever la tenue. Finis les six nattes sur la tête, finis les surveillants soûlant et les professeurs barbant. Je rend grâce à Dieu pour mon examen , c'est pas donné à tout le monde.
Je reçois alors un appel d'Ibrahim.

CONTRASTE Où les histoires vivent. Découvrez maintenant